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July 02 1877 2 juillet Hermann Hesse Est un romancier, poète, peintre et essayiste allemand puis suisse Né le 2 juillet 1877 à Calw, Allemagne Décédé le 9 août 1962 à Montagnola, Suisse Il a obtenu le prix Goethe et le Prix Nobel de littérature en 1946 Hermann Hesse- Siddhartha [Roman] Un jour vient où l'enseignement traditionnel donné aux brahmanes ne suffit plus au jeune Siddhartha. Quand des ascètes samanas passent dans la ville, il les suit, se familiarise avec toutes leurs pratiques mais n'arrive pas à trouver la paix de l'âme recherchée. Puis c'est la rencontre avec Gotama,le Bouddha. Tout en reconnaissant sa doctrine sublime, il ne peut l'accepter et commence une autre vie auprès de la belle Kamala et du marchand Kamaswani. Les richesses qu'il acquiert en font un homme neuf, matérialiste, dont le personnage finit par lui déplaire. Il s'en va à travers la forêt, au bord du fleuve. C'est là que s'accomplit l'ultime phase du cycle de son évolution. Dans le cadre d'une Inde recréée à merveille, écrit dans un style d'une rare maîtrise, Siddhartha, roman d'une initiation, est un des plus grands de Hermann Hesse, Prix Nobel de littérature. Avis Un trésor de réflexions sur la vie en général Telle une promenade le long d'un cours d'eau, Siddhartha vous propose un voyage, celui d'une vie vouée à la recherche de la sérénité. Poésie, réflexion philosophique.un trésor à découvrir. Absolument!
Ouvrage trés enrichissant, comme la plupart des oeuvres de hesse Liberté ou sécurité, que choisir? Hesse opte à n'en pas douter pour la première. Le libre arbitre est le plus beau cadeau de notre condition d'humains. Sachons en user.
Une philosophie de la vie La sagesse ne s'apprend pas dans les livres mais dans ses propres expériences. Tel est le message de ce roman initiatique.
La biographie d'Hermann Hesse
Hermann Hesse est issu d'une famille de missionnaires chrétiens. Ses parents furent tous deux engagés pour la Mission protestante de Bâle en Inde, où sa mère, Marie Gundert, était née en 1842. Son père, Johannes Hesse, né en 1847 dans la famille d'un médecin, était d'origine germano-balte où la famille vécut à Weissenstein (aujourd'hui Paide en Estonie). Dans la petite ville de Calw, en Forêt-Noire, la famille tint à partir de 1873 une maison d'édition missionnaire sous la direction du grand-père maternel de Hesse, Hermann Gundert. Il eut cinq frères et sœurs, dont deux moururent prématurément. Le monde dans lequel Hermann Hesse vécut ses premières années était totalement imprégné de l'esprit du piétisme souabe. En 1881, la famille s'installa à Bâle pour cinq années, mais revint ensuite à Calw. Après avoir achevé ses études latines avec succès à Göppingen, Hesse rejoignit en 1891 le séminaire évangélique de Maulbronn (dont il fera le cadre de son roman L'Ornière). Là se révéla en mars 1892 son caractère rebelle : Hesse s'échappa du séminaire et ne fut rattrapé que le lendemain, en pleine nature. Dès lors commença, sur fond de violents conflits avec ses parents, une odyssée à travers divers établissements et écoles. Hermann Hesse était dans une phase dépressive de son trouble bipolaire, et il exprima dans une lettre du 20 mars 1892 des pensées suicidaires («je voudrais partir comme le coucher de soleil»). En mai 1892, dans l'établissement de Bad Boll dirigé par le théologien et directeur de conscience Christoph Friedrich Blumhardt, il fit une tentative de suicide. À la suite de cela, Hermann fut placé dans la maison de santé de Stetten im Remstal, et plus tard dans un établissement pour enfants à Bâle. Fin 1892 il entra au lycée de Bad Cannstatt, à Stuttgart. En 1893, il y obtint son diplôme probatoire de première année, mais interrompit ses études. Il commença un apprentissage de libraire à Esslingen am Neckar, qu'il abandonna après trois jours, puis devint au début de l'été 1894 apprenti mécanicien pour 14 mois, dans la fabrique d'horloges Perrot à Calw. Le travail monotone de soudage et de limage renforça en Hermann Hesse le désir de se tourner à nouveau vers une activité spirituelle. En octobre 1895, il se sentit prêt à entamer un nouvel apprentissage de libraire, à Tübingen, et à s'y consacrer sérieusement. Plus tard, il relata ces péripéties de son enfance dans son roman L'Ornière (« Unterm Rad »).
La naissance d'un écrivain Hesse travailla à partir du 17 octobre 1895 dans la librairie Heckenhauer à Tübingen. L'essentiel du fond traitait de théologie, de philologie et de droit. La tâche de l'apprenti Hesse consistait à collationner, emballer, classer et archiver les livres. Après sa journée de travail de douze heures, il continuait à enrichir sa culture en solitaire, et les livres compensaient encore son absence de contacts sociaux pendant les longs dimanches fériés. Hesse lut des écrits théologiques, puis l'œuvre de Goethe, et plus tard Lessing, Schiller et des textes de la Mythologie grecque. En 1896, son poème Madonna fut publié dans une revue viennoise. En 1898, Hesse devint assistant libraire et disposa d'un revenu respectable, lui assurant une indépendance financière vis-à-vis de ses parents. À cette époque, il lisait surtout les œuvres des romantiques allemands, et tout particulièrement de Clemens Brentano, Joseph von Eichendorff et Novalis. Dans une lettre à ses parents, il exprima sa conviction que «la morale est chez les artistes remplacée par l'esthétique». Alors qu'il était toujours libraire, Hesse publia à l'automne 1898 son premier petit recueil de poèmes, Romantische Lieder (Chants romantiques), et à l'été 1899 le recueil en prose Eine Stunde hinter Mitternacht (Une heure après minuit). Les deux ouvrages furent des échecs commerciaux. En l'espace de deux ans, seuls 54 des 600 exemplaires de Romantische Lieder furent vendus. Eine Stunde hinter Mitternacht fut également tiré à seulement 600 exemplaires et ne se vendit que très lentement. L'éditeur leipzigois Eugen Diederichs était cependant convaincu de la valeur littéraire de l'œuvre, et voyait ces publications dès le départ comme des encouragements pour le jeune auteur, plutôt que comme une entreprise rentable. À partir de l'automne 1899, Hesse travailla dans une librairie d'occasion à Bâle. Ses parents ayant d'étroits contacts avec les familles bâloises érudites, un royaume spirituel et artistique des plus stimulants s'ouvrit à lui. En même temps, le promeneur solitaire qu'était Hesse trouva à Bâle l'occasion de retraites grâce aux nombreuses possibilités de voyages et promenades, ce qui servit sa quête artistique personnelle, en développant en lui l'aptitude à transcrire littérairement une observation sensorielle, aptitude sans cesse confrontée à une aventure nouvelle. En 1900, Hesse fut libéré du service militaire en raison de sa faible vue. Ses difficultés de vision durèrent toute sa vie, de même que sa névralgie et ses maux de tête. En 1901, Hesse put réaliser l'un de ses grands rêves en voyageant pour la première fois en Italie. La même année, Hesse entra chez un nouvel employeur, le libraire Wattenwyl, à Bâle. À la même époque, les occasions de publier des poèmes et de petits textes littéraires dans des revues se multiplièrent. Désormais, les salaires de ces publications contribuaient à ses revenus. Très vite, l'éditeur Samuel Fischer s'intéressa à Hesse, et le roman Peter Camenzind, pré-publié en 1903 et publié officiellement en 1904 chez Fischer, marqua la rupture : Hesse pouvait maintenant vivre de sa plume.
Entre le lac de Constance et l'Inde La consécration littéraire permit à Hesse d'épouser en 1904 Maria Bernoulli, de s'installer avec elle à Gaienhofen au bord du lac de Constance, et d'y fonder une famille comptant trois fils, Bruno, Heiner et Martin. Il y écrivit son deuxième roman L'Ornière, paru en 1906. Par la suite, il rédigea surtout des nouvelles et des poèmes. Son roman suivant, Gertrude (1910), évoque la crise de créativité de Hesse. Il acheva péniblement cette œuvre, et la considéra plus tard comme ratée. Les désaccords se multipliaient aussi dans son ménage, et pour prendre de la distance, Hesse fit en 1911, avec Hans Sturzenegger, un long voyage à Ceylan et en Indonésie. Il n'y trouva pas l'inspiration spirituelle et religieuse espérée, cependant ce voyage imprégna fortement ses œuvres ultérieures, à commencer par Carnets indiens (1913). Après le retour de Hesse, la famille déménagea en 1912 à Berne, mais ce déplacement ne résolut pas les problèmes du couple, comme le dépeignit Hesse en 1914 dans son roman Roßhalde.
La Première Guerre mondiale À la déclaration de la Première Guerre mondiale en 1914, Hesse se présenta comme volontaire à l'ambassade d'Allemagne, car il ne pouvait supporter de rester inactif, pendant que d'autres jeunes écrivains mouraient au front. Il fut néanmoins déclaré inapte au combat et affecté à Berne à l'assistance aux prisonniers de guerre, auprès de l'ambassade d'Allemagne. Dans sa nouvelle fonction, Hesse fut dès lors occupé à rassembler et expédier des livres pour les prisonniers de guerre allemands. À cette époque, il était coéditeur de la Deutsche Interniertenzeitung (Journal des internés allemands, 1916-1917), éditeur du Sonntagsbote für die deutschen Kriegsgefangenen (Courrier dominical des prisonniers de guerre allemands, 1916-1919), et responsable de la «Librairie des prisonniers de guerre allemands». Le 3 novembre 1914, il publia dans la Neue Zürcher Zeitung l'article «O Freunde, nicht diese Töne» («Mes frères, cessons nos plaintes !», premier vers de l'Ode à la joie), dans lequel il appelait les intellectuels allemands à ne pas tomber dans les polémiques nationalistes. Il en résulte ce que Hesse qualifia plus tard de grand tournant de sa vie : pour la première fois, il se retrouva au milieu d'une violente querelle politique, la presse allemande l'attaqua, il reçut des lettres de menace et de vieux amis se désolidarisèrent de lui. Il fut soutenu par son ami Theodor Heuss, mais aussi par l'écrivain français Romain Rolland, à qui Hesse rendit visite en août 1915. Ces conflits avec le public allemand n'étaient pas encore apaisés, que Hesse subit une suite de coups du sort qui le plongèrent dans une crise existentielle plus profonde encore : la mort de son père le 8 mars 1916, la grave maladie de son fils Martin et la crise de schizophrénie de sa femme. Il dut interrompre son travail d'assistance aux prisonniers et commencer un traitement psychothérapeutique. L'intense travail de psychanalyse qui s'ensuivit, au cours duquel Hesse fit la connaissance de Carl Gustav Jung, déboucha finalement sur un nouveau point culminant de sa créativité : en septembre-octobre 1917, Hesse rédigea en trois semaines de travail frénétique son roman Demian. Le livre fut publié après la guerre, en 1919, sous le pseudonyme d'Emil Sinclair.
La Casa Camuzzi Lorsque Hesse put reprendre sa vie civile, son couple était désuni. Une grave psychose s'était entre-temps déclarée chez sa femme et, même après sa guérison, Hesse ne put envisager aucun avenir commun avec Maria. La maison de Berne fut revendue, et Hesse emménagea mi-avril dans le Tessin, où il habita tout d'abord une petite maison paysanne à l'entrée de Minusio près de Locarno. Puis il vécut du 25 avril au 11 mai à Sorengo. Le 11 mai, il s'installa dans le village de Montagnola comme locataire de quatre petites pièces dans un bâtiment ressemblant à un château, la «Casa Camuzzi». Là, il ne reprit pas seulement son activité d'écriture, mais commença aussi à peindre, ce qui apparaît clairement en 1920 dans son grand récit suivant, Le dernier été de Klingsor. En 1922 parut le roman indien Siddhartha. Dans celui-ci s'exprime son amour de la culture indienne et des sagesses orientales auxquelles il avait été familiarisé déjà dans la maison de ses parents. Hesse épousa en 1924 Ruth Wenger, fille de l'écrivaine suisse Lisa Wenger et tante de Meret Oppenheim (après le mariage avec Hesse, elle eut comme fils l'acteur Ezard Haußmann). Hesse obtint cette année-là la nationalité suisse. Les principales œuvres qui suivirent, Le Curiste en 1925 et le Voyage à Nüremberg en 1927, sont des récits autobiographiques teintés d'ironie, dans lesquels s'annonce déjà le plus célèbre roman de Hesse, Le Loup des steppes (1927). Pour son cinquantième anniversaire, qu'il fêta cette année-là, parut également sa première biographie, publiée par son ami Hugo Ball. Peu après le succès de son roman, la vie du solitaire loup des steppes Hesse prit un nouveau tour par sa relation avec Ninon Dolbin, originaire de Czernowitz en Bukovine, et qui devint plus tard sa troisième femme. Le résultat de cette conversion à la vie de couple fut le roman Narcisse et Goldmund (1930). Hesse quitta en 1931 l'appartement de la Casa Camuzzi et s'installa avec sa compagne Ninon dans une plus grande maison (la Casa Hesse, parfois aussi appelée Casa Rossa) dans les hauteurs de Montagnola, qui avait été construite selon ses souhaits et mise à sa disposition par son ami Hans C. Bodmer. Cette maison est actuellement un bien privé et ne peut être visitée.
Œuvres d'Hermann Hesse "Romans"
Lauscher (Écrits et poèmes laissés par Hermann Lauscher) (1900) Peter Camenzind (1904) L'Ornière (1906) Gertrude (1910) Rosshalde (1914) Knulp (1915) Demian (1919) (sous le pseudonyme d'Emil Sinclair) Le retour de Zarathoustra (1919) Le dernier été de Klingsor (1920) Siddhartha (1922) Le Curiste (1925) Le Loup des steppes (1927) Voyage à Nuremberg (1927) Narcisse et Goldmund (1930) Le Voyage en Orient (1932) Le Jeu des perles de verre (1943) Mon Enfance (autobiographie)
Les citations d'Hermann Hesse
«Plus le comédien est grand, plus il sait réduire notre sottise à une formule comique terrifiante et inéluctable, et plus on est contraint de rire.» [ Herman Hesse ]
«Non, être aimé ne donne pas le bonheur. Mais aimer, ça c'est le bonheur! » [ Herman Hesse ] - Klein et Wagner
«Il est bon d'avoir appris à ses dépends ce qu'on a besoin de savoir.» [ Herman Hesse ] - Siddhartha
«Vous devez apprendre à vivre, voilà ce qu'on veut. Vous devez concevoir l'humour de la vie.» [ Herman Hesse ] - Le loup des steppes
«La sagesse qu'un sage cherche à communiquer à toujours un air de folie.» [ Herman Hesse ] - Siddhartha
«Il n'y a pas d'autre dieu que celui qui est en vous.» [ Herman Hesse ]
«Chacun de nous n'est rien de plus qu'humain, rien de plus qu'un essai, une étape.» [ Herman Hesse ] - Le jeu des perles de verre
«On doit être un logicien ou un grammairien rigoureux, et être en même temps plein de fantaisie et de musique.» [ Herman Hesse ] - Le jeu des perles de verre
«Tu ne sais rien de la sagesse tant que tu n'as pas fait l'épreuve des ténèbres, qui te retranchent d'un chacun, sans recours et sans bruit.» [ Herman Hesse ]
«Tout humour un peu élevé commence par cesser de prendre au sérieux sa propre personne.» [ Herman Hesse ] - Le loup des steppes
«Obéir, c'est comme boire et manger : rien ne vaut ça quand on en manque depuis longtemps.» [ Herman Hesse ] - Le loup des steppes
«L'amour n'est pas fait pour nous rendre heureux. Je crois qu'il est fait pour nous révéler dans quelle mesure nous avons la force de souffrir et de supporter.» [ Herman Hesse ] - Peter Camenzind
«Que tu deviennes professeur, savant, ou musicien, aie le respect du “sens”, mais ne t'imagine pas qu'il s'enseigne.» [ Herman Hesse ] - Le jeu des perles de verre
«La chance n'a rien à voir avec la raison ni avec la morale. Elle est d'essence magique, l'attribut d'un niveau précoce et juvénile de l'Humanité.» [ Herman Hesse ] - Le jeu des perles de verre
«Jamais on ne se sent aussi complètement ignoré de son prochain que lorsqu'il dort !» [ Herman Hesse ] - Klein et Wagner
«Le rôle de la douleur, des déceptions et des idées noires n'est pas de nous aigrir, de nous faire perdre notre valeur et notre dignité, mais de nous mûrir et de nous purifier.» [ Herman Hesse ] - Peter Camenzind
«Le travail le plus dur, ce n'est encore rien auprès de la mort.» [ Herman Hesse ] - Peter Camenzind
«Si quelque chose de précieux et d'irremplaçable disparaît, nous avons l'impression de nous éveiller d'un rêve.» [ Herman Hesse ]
«L'agréable sentiment d'avoir quelque chose à faire, un but à poursuivre.» [ Herman Hesse ] - Fiançailles
«La tendresse est plus forte que la dureté, l'eau est plus forte que le rocher, l'amour est plus fort que la violence.» [ Herman Hesse ]
«Les enchaînés voient s'ouvrir devant eux un monde imaginaire mais souverain : l'humour.» [ Herman Hesse ] - Le loup des steppes
«Les choses se déforment facilement quand on regarde en arrière.» [ Herman Hesse ] - Biographie indienne
«L'homme se distingue avant tout du reste de la nature par une couche glissante et gélatineuse de mensonge qui l'enveloppe et le protège.» [ Herman Hesse ] - Peter Camenzind
«Le repentir seul ne sert à rien, on ne peut acheter la grâce par le repentir, on ne peut pas l'acheter du tout.» [ Herman Hesse ] - Le Voyage en orient
«La musique repose sur l'harmonie entre le Ciel et la Terre, sur la coïncidence du trouble et du clair.» [ Herman Hesse ] - Extrait de Narcisse et Goldmud
«Sur les chemins sans risques on n'envoie que les faibles.» [ Herman Hesse ] - Le Jeu des perles de verre
«Qu'est-ce que la beauté, qu'est-ce que l'harmonie pour celui qui est condamné à mort et qui court entre des murs qui s'écroulent, cherchant sa vie ?» [ Herman Hesse ] - Le Loup des steppes
«Les sens n'ont pas la moindre supériorité sur l'esprit, et l'inverse est également vrai. Ils forment un tout, ils se valent.» [ Herman Hesse ] - Le Dernier Eté de Klingsor
«Dans les écoles, on apprend des quantités de dates de batailles ridicules, des noms d'anciens rois tout aussi absurdes... mais, de l'homme, on ne sait rien !» [ Herman Hesse ] - Klein et Wagner
«Vous allez apprendre à rire. Pour atteindre l'humour supérieur, cessez d'abord de vous prendre trop au sérieux.» [ Herman Hesse ] - Le Loup des steppes
La bibliographie d'Hermann Hesse Narcisse et Goldmund d'Hermann Hesse [Roman] Résumé du livre Dans l’Allemagne du Moyen Âge, Narcisse est un jeune novice au couvent de Mariabronn, où il enseigne. Il se prend d’amitié pour son élève Goldmund et le pousse à réaliser sa destinée en lui faisant quitter le couvent. Goldmund ayant oublié sa mère, qui l’abandonna enfant, part à la recherche de la mère originelle, celle des Arts, qui unit la naissance et la mort, le bien et le mal. Les temps sont dangereux, et la vie de Goldmund le mène d’une aventure amoureuse à l’autre. Il est même condamné à mort lorsque sa liaison avec la femme du gouverneur est découverte. Narcisse, devenu grand prêtre, le sauvera. Mais Goldmund devra poursuivre sa quête, jusqu’à découvrir cette mère, l’Ève éternelle, qu’il avait souvent croisée sans jamais la reconnaître. Roman d’initiation, histoire allégorique de la lutte chez l’homme entre la spiritualité et l’animalité, ce roman est aussi un hymne à la Nature, source d’équilibre et de joie pour Hesse.
Demian d'Hermann Hesse [Roman] Résumé du livre Demian est le roman d'une adolescence, roman d'initiation, de formation, et l'un des chefs d'oeuvres du genre. Le sous-titre est : Histoire de la jeunesse d'Émile Sinclair. Demian enseigne à Émile Sinclair à ne pas suivre l'exemple de ses parents, à se révolter pour se trouver, à s'exposer à la fois au divin et au démoniaque, à traverser le chaos pour mériter l'accomplissement de sa destinée propre. Les trois romans de Hermann Hesse, Demian, chronologiquement le premier, Siddhartha et Le Loup des steppes offrent autant de variations sur le thème de l'étranger qui ne doit pas craindre de se séparer de la société, de « vivre en dehors ».
Knulp d'Hermann Hesse [Roman] Résumé du livre Ses camarades ont suivi la filière habituelle au commun des mortels. Ils ont fréquenté l'école, choisi un métier, fondé un foyer, mais lui Knulp est parti sur les toutes, bricolant ici ou là pour gagner son pain, jamais longtemps au même endroit - gai comme un pinson, le pied agile pour la marche et la danse, les mains fines, la mine ave-nante. Vagabond, voyageur plutôt, Knulp a bonne réputation et partout des amis avec qui il en use on ne peut mieux, ainsi que le démontre sa halte à Laechstetten chez le tanneur Emile Rothfuss, contée dans la première partie intitulée Printemps. Cette saison-là ne lui donne pas les mêmes idées qu'à la jolie Mme Roth-fuss. Ce qui l'attire, c'est le monde de son éternelle et changeante beauté, sans qu'il aille pourtant bien loin; ce qu'il convoite, c'est une philoso-phie qui convienne à son caractère, et il essaie et rejette celles qu'il découvre au risque de sembler inconstant et naïf. Ainsi apparaît-il au camarade de sa maturité qui raconte : je me souviens de Knulp. L'heure du bilan - La Fin - sonne dans la solitude de la forêt en-neigée : qu'a-t-il fait de cette vie dont un amour d'adolescence a dévié le cours comme une pierre détourne un ruisseau? Tel un ruisseau, il a vécu sous le regard de Dieu et Dieu ne sait-il pas reconnaître les siens ? Une quête et un espoir de justification propres à Hermann Hesse et qui donnent - comme au. reste de son œuvre - grandeur et intensité au triptyque dont se compose Knulp.
La conversion de Casanova d'Hermann Hesse [Nouvelles] Résumé du livre La conversion de Casanova s'ouvre et se clôt sur deux nouvelles de fin de vie : la retraite du jouisseur et le taedium vitae d'un homme qui a voulu, une seule fois, retrouver une seconde jeunesse. Les quatres nouvelles centrales font le portrait d'une jeunesse qui prête l'oreille et n'entend partout que la chanson du déclin, la mélodie frelatée de la vie. Tout pourrit, durcit, mais jamais ne mûrit : tout avait changé, et tout était pourtant ridiculement reconnaissable. Deux lois régissent le monde, la décomposition et la répétition. Deux lois régissent la vie de l'homme, le besoin et l'ennui. La pourriture au dehors, le vide au dedans : c'est une jeunesse spectrale que décrivent ces fragments d'une autobiographie rêvée.
Le dernier été de Klingsor d'Hermann Hesse [Roman] Résumé du livre L'angoisse, l'amour, la mort : Hermann Hesse retrouve à travers quatre nouvelles somptueuses quelques-uns des grands thèmes qui hantent son univers romanesque. Une fois encore l'écrivain se révèle un fantastique chirurgien des âmes, toujours soucieux de mettre à nu ce qu'il y a de plus absolu et de plus mystérieux dans le maelström des sentiments humains. La Scierie du marbrier explore les paradoxes de l'amour. Ame d'enfant retranscrit les terreurs étranges des univers d'enfance. Klein et Wagner montre un homme qui s'égare dans ses labyrinthes intimes. Le Dernier été de Klingsor, enfin, analyse l'agonie qui est aussi, parfois, l'ultime occasion offerte de regarder la vie en face. Quatre nouvelles, qui sont quatre récits aux sourdes pesanteurs, où toute la magie littéraire de Hernamm Hesse se tient ramassée.
Hermann Hesse

July 01
1896 1 juillet
Harriet Beecher Stowe
Est une femme de lettres américaine Harriet Beecher Stowe est plus connue aujourd'hui comme l'auteur de "Uncle Tom's Cabin" (La Case de l'Oncle Tom) qui aida à galvaniser la cause abolitionniste et contribua au début de la Guerre Civile aux Etats-Unis (Guerre de Sécession). Née le 14 juin 1811 à Litchfield Décédée le 1er juillet 1896 à Hartford Harriet Beecher Stowe- La case de l'oncle Tom [Roman ] Au XIXe siècle, dans l'État du Kentucky. M. Shelby, riche propriétaire terrien, traite ses esclaves avec bonté, tout comme son épouse. À la suite de spéculations malheureuses, il est obligé de vendre le meilleur et le plus fidèle d'entre eux, le vieux Tom et un tout jeune enfant, Henri. Tom, qui s'est résigné à quitter sa famille, rencontre la jeune et sensible Évangéline Saint-Clare qui incite son père à l'acheter. Mais cet intermède heureux dans la vie de Tom est de courte durée car il est vendu une nouvelle fois...
La biographie d'Harriet Beecher Stowe
Issue d'un milieu puritain, elle reçoit de son père, le pasteur protestant Lyman Beecher, une éducation stricte et rigoureuse. En 1832, il fonde un séminaire dans l'Ohio. C'est l'occasion pour Elizabeth de se lancer dans l'écriture avec les Scènes et types descendant des pèlerins. En 1835, elle écrit A Plea for the West sur un prétendu complot papal pour catholiciser les États-Unis. Plus tard, elle épouse un pasteur avec qui elle partage un engagement contre l'esclavagisme. Leurs opinions abolitionnistes ouvertement déclarées font qu'ils doivent quitter la ville de Cincinnati pour se réfugier dans le Maine. C'est dans cet esprit qu'elle écrit La Case de l'oncle Tom (Uncle Tom's Cabin), qui connaît un succès immense et immédiat, et qui porte un coup terrible à la cause de l'esclavage (1852). Elle avait auparavant publié quelques contes ou nouvelles. Forte de ce succès, elle tente de publier une suite en 1856, Dred, histoire du grand marais maudit. Mais le titre ne rencontre pas la même ferveur populaire que La Case de L'Oncle Tom qui restera son ouvrage incontournable, et qui connut un immense succès en Amérique et en Europe et fut traduit dans de nombreuses langues.
Décembre 1852 - Article de George Sand : à propos de l'Œuvre d'Harriet Beecher Stowe
 Ce livre est dans toutes les mains, dans tous les journaux. Il aura, il a déjà des éditions dans tous les formats. On le dévore, on le couvre de larmes. Il n'est déjà plus permis aux personnes qui savent lire de ne pas l'avoir lu, et on regrette qu'il y ait tant de gens condamnés à ne le lire jamais: ilotes par la misère, esclaves par l'ignorance, pour lesquels les lois politiques ont été impuissantes jusqu'à ce jour à résoudre le double problème du pain de l'âme et du pain du corps. Ce n'est donc pas, ce ne peut pas être une réclame officieuse que de revenir sur le livre de madame Stowe. Nous le répétons, c'est un hommage, et jamais œuvre généreuse et pure n'en mérita un plus tendre et plus spontané. Elle est loin d'ici; nous ne la connaissons pas, celle qui a fait pénétrer dans nos cœurs des émotions si tristes et pourtant si douces. Remercions-la d'autant plus! Que la voix attendrie des femmes, que la voix généreuse des hommes et celle des enfants, si adorablement glorifiés dans ce livre, et celles des opprimés de ce monde-ci, traversent les mers et aillent lui dire qu'elle est estimée, qu'elle est aimée! Si le meilleur éloge qu'on puisse faire de l'auteur, c'est de l'aimer; le plus vrai qu'on puisse faire du livre, c'est d'en aimer les défauts. Il ne faut pas les passer sous silence, il ne faut pas en éluder la discussion, et il ne faut pas vous en inquiéter, vous qu'on raille de pleurer naÏvement sur le sort des victimes au récit des événements simples et vrais. Ces défauts-là n'existent que relativement à des conventions d'art qui n'ont jamais été, qui ne seront jamais absolues. Si les juges, épris de ce que l'on appelle la facture, trouvent des longueurs, des redites, de l'inhabileté dans ce livre, regardez bien, pour vous rassurer sur votre propre jugement, si leurs yeux sont parfaitement secs quand vous leur en lirez un chapitre pris au hasard. Ils vous rappelleront bientôt ce sénateur de l'Ohio qui soutient à sa petite femme qu'il a fort bien fait de voter la loi de refus d'asile et de protection aux fugitifs, et qui, tout aussitôt, en prend deux dans sa carriole et les conduit lui-même, en pleine nuit, dans des chemins affreux où il se met plusieurs fois dans la boue jusqu'à la ceinture pour pousser à la roue et les empêcher de verser. Cet épisode charmant de l'Oncle Tom (hors-d'œuvre si vous voulez) peint, on ne peut mieux, la situation de la plupart des hommes placés entre l'usage, le préjugé et leur propre cœur, bien autrement naÏf et généreux que leurs institutions et leurs coutumes. C'est l'histoire attendrissante et plaisante à la fois du grand nombre des critiques indépendants. Que ce soit en fait de questions sociales ou de questions littéraires, ceux qui prétendent juger froidement et au point de vue de la règle pure sont bien souvent aux prises avec l'émotion intérieure, et parfois ils en sont vaincus sans vouloir l'avouer. J'ai toujours été frappé et charmé de l'anecdote de Voltaire, raillant et méprisant les fables de la Fontaine, prenant le livre et disant: «Attendez, vous allez voir! la première venue!» Il en lit une: «Celle-là est passable; mais vous allez voir comme celle-ci est stupide!» Il passe à une seconde. Il se trouve qu'elle est assez jolie. Une troisième le désarme encore. Enfin, las de chercher, il jette le volume en s'écriant avec un dépit ingénu: «Ce n'est qu'un ramassis de chefs-d'œuvre!» Les grands esprits peuvent être bilieux et vindicatifs, mais dès qu'ils réfléchissent, il leur est impossible d'être injustes et insensibles. Il faut en dire autant, proportion gardée, de tous les gens d'esprit qui font profession de juger avec l'esprit. Si leur esprit est de bon aloi, leur cœur ne résistera jamais à un sentiment vrai. Voilà pourquoi ce livre, mal fait suivant les règles du roman moderne en France, passionne tout le monde et triomphe de toutes les critiques, de toutes les discussions qu'il soulève dans les familles. Car il est essentiellement domestique et familial, ce bon livre aux longues causeries, aux portraits soigneusement étudiés. Les mères de famille, les jeunes personnes, les enfants, les serviteurs, peuvent le lire et le comprendre, et les hommes, même les hommes supérieurs, ne peuvent pas le dédaigner. Nous ne dirons pas que c'est à cause des immenses qualités qui en rachètent les défauts; nous disons que c'est aussi à cause de ses prétendus défauts. On a longtemps lutté en France contre les prolixités d'exposition de Walter Scott; on s'est récrié ensuite contre celles de Balzac, et, tout bien considéré, on s'est aperçu que, dans la peinture des mœurs et des caractères, il n'y avait jamais trop, quand chaque coup de pinceau était à sa place et concourait à l'effet général. Ce n'est pas que la sobriété et la rapidité ne soient aussi des qualités éminentes ; mais apprenons donc à aimer toutes les manières, quand elles sont bonnes et quand elles portent le cachet d'une maestria savante ou instinctive. Madame Stowe est tout instinct. C'est pour cela qu'elle paraît d'abord n'avoir pas de talent. Elle n'a pas de talent! - Qu'est-ce que le talent? - Rien, sans doute, devant le génie; mais a-t-elle du génie? Je ne sais pas si elle a du talent comme on l'entend dans le monde lettré, mais elle a du génie comme l'humanité sent le besoin d'en avoir: elle a le génie du bien. Ce n'est peut-être pas un homme de lettres ; mais savez-vous ce que c'est? C'est une sainte: pas davantage. Oui, une sainte! Trois fois sainte est l'âme qui aime, bénit et console ainsi les martyrs! Pur, pénétrant et profond est l'esprit qui sonde ainsi les replis de l'être humain! Grand, généreux et vaste est le cœur qui embrasse de sa pitié, de son amour, de son respect tout une race couchée dans le sang et la fange, sous le fouet des bourreaux, sous la malédiction des impies. Il faut bien qu'il en soit ainsi; il faut bien que nous valions mieux que nous ne le savons nous-même; il faut bien que, malgré nous, nous sentions que le génie c'est le cœur, que la puissance c'est la foi, que le talent c'est la sincérité, et que, finalement, le succès c'est la sympathie, puisque ce livre-là nous bouleverse, nous serre la gorge, nous navre l'esprit et nous laisse un étrange sentiment de tendresse et d'admiration pour la figure d'un pauvre nègre lacéré de coups, étendu dans la poussière, et râlant sous un hangar son dernier souffle exhalé vers Dieu. En fait d'art, d'ailleurs, il n'y a qu'une règle, qu'une loi, montrer et émouvoir. Où trouverons-nous des créations plus complètes, des types plus vivants, des situations plus touchantes et même plus originales que dans l'Oncle Tom? Ces douces relations de l'esclave avec l'enfant du maître signalent un état de chose inconnu chez nous; la protestation du maître lui-même contre l'esclavage durant toute la phase de sa vie où son âme appartient à Dieu seul. La société s'en empare ensuite, la loi chasse Dieu, l'intérêt dépose la conscience. En prenant l'âge d'homme, l'enfant cesse d'être homme ; il devient maître: Dieu meurt dans son sein. Quelle main expérimentée a jamais tracé un type plus saisissant et plus attachant que Saint-Clair, cette nature d'élite, aimante, noble, généreuse, mais trop douce et trop nonchalante pour être grande? N'est-ce pas l'homme en général, l'homme avec ses qualités innées, ses bons élans et ses déplorables imprévoyances, ce charmant maître qui aime, qui est aimé, qui pense, qui raisonne, et qui ne conclut et n'agit jamais? Il dépense en un jour des trésors d'indulgence, de raison, de justice et de bonté; il meurt sans avoir rien sauvé. Sa vie précieuse à tous se résume dans un mot : aspirer et regretter. Il n'a pas su vouloir. Hélas! est-ce qu'il n'y a pas un peu de cela chez les meilleurs et les plus forts des hommes! La vie et la mort d'un enfant, la vie et la mort d'un nègre, voilà tout le livre. Ce nègre et cet enfant, ce sont deux saints pour le ciel. L'amitié qui les unit, le respect de ces deux perfections l'une pour l'autre, c'est tout l'amour, toute la passion du drame. Je ne sais pas quel autre génie que celui de la sainteté même eût pu répandre sur cette affection et sur cette situation un charme si puissant et si soutenu. L'enfant lisant la Bible sur les genoux de l'esclave, rêvant à ses cantiques en jouant au milieu de sa maturité exceptionnelle, le parant de fleurs comme une poupée, puis le saluant comme une chose sacrée, et passant de la familiarité tendre à la tendre vénération; puis dépérissant d'un mal mystérieux qui n'est autre que le déchirement de la pitié dans un être trop pur et trop divin pour accepter la loi; mourant enfin dans les bras de l'esclave, en l'appelant après elle dans le sein de Dieu. Tout cela est si neuf et si beau, qu'on se demande en y pensant si le succès est à la hauteur de l'œuvre. Les enfants sont les véritables héros de madame Stowe. Son âme, la plus maternelle qui fût jamais, a conçu tous ces petits êtres dans un rayon de la grâce. Georges Shelby, le petit Harry, le cousin d'Eva, le marmot regretté de la petite femme du sénateur, et Topsy la pauvre, la diabolique et excellente Topsy, ceux qu'on voit et ceux même qu'on ne voit pas dans ce roman, mais dont il est dit seulement trois mots par leurs mères désolées, c'est un monde de petits anges blancs et noirs, où toute femme reconnaît l'objet de son amour, la source de ses joies ou de ses larmes. En prenant une forme dans l'esprit de madame Stowe, ces enfants, sans cesser d'être des enfants, prennent aussi des proportions idéales, et arrivent à nous intéresser plus que tous les personnages des romans d'amour. Les femmes y sont jugées et dessinées aussi de main de maître, non pas seulement les mères, qui y sont sublimes, mais celles qui ne sont mères ni de cœur ni de fait, et dont l'infirmité est traitée avec indulgence ou avec rigueur. A côté de la méthodique miss Ophélia, qui finit par s'apercevoir que le devoir ne sert à rien sans l'affection, Marie Saint-Clair est un portrait d'une vérité effrayante. On frissonne en songeant qu'elle existe, cette lionne américaine qui n'est qu'une lâche panthère; qu'elle est partout; que chacun de nous l'a rencontrée; qu'il la voit peut-être non loin de lui, car il n'a manqué à cette femme charmante que des esclaves à faire torturer pour qu'elle se révélât complète à travers ses vapeurs et ses maux de nerfs. Les saints ont aussi leur griffe, c'est celle du lion. Elle respecte la chair humaine, mais elle s'enfonce dans la conscience, et un peu d'ardente indignation, un peu de terrible moquerie ne messied pas à cette bonne Harriett Stowe, à cette femme si douce, si humaine, si religieuse et si pleine de l'onction évangélique. Oui, c'est une femme bien bonne, mais ce n'est ce que nous appelons dérisoirement une bonne femme: c'est un cœur fort, courageux, et qui en bénissant les malheureux, en caressant les fidèles, en attirant les faibles, secoue les irrésolus, et ne craint pas de lier au poteau les pécheurs endurcis pour montrer leur laideur au monde. Elle est dans le vrai sens de la lettre sacrée. Son christianisme fervent chante le martyre, mais il ne permet pas à l'homme d'en perpétuer le droit et la coutume. Il réprouve cette étrange interprétation de l'Evangile qui tolère l'iniquité des bourreaux pour se réjouir de les voir peupler le calendrier de victimes. Elle en appelle à Dieu même, elle menace en son nom. Elle nous montre la loi d'un côté, l'homme et Dieu de l'autre. Qu'on ne dise donc pas que, puisqu'elle exhorte à tout souffrir, elle accepte le droit de ceux qui font souffrir. Lisez cette belle page où elle vous montre Georges, l'esclave blanc, embrassant pour la première fois le rivage d'une terre libre, et pressant contre son cœur la femme et l'enfant qui sont enfin à lui! Quelle belle page que celle-là, quelle large palpitation, quelle protestation triomphante du droit éternel et inaliénable de l'homme sur terre: la liberté! Honneur et respect à vous, madame Stowe. Un jour ou l'autre, votre récompense, qui est marquée aux archives du ciel, sera aussi de ce monde.
Les citations d'Harriet Beecher Stowe
« Les larmes les plus amères que l'on verse sur les tombes viennent des mots que l'on n'a pas dits, des choses que l'on n'a pas faites .» [ Harriet Beecher Stowe ]
«L’esclave est un tyran dès qu’il le peut.» [ Harriet Beecher Stowe ] - La case de l’oncle Tom
«Traitez les gens comme des cochons et vous obtiendrez un travail de cochons. Traitez les gens comme des hommes et vous obtiendrez un travail d’hommes.» [ Harriet Beecher Stowe ]
«Un bateau est une beauté et un mystère quelque soit l’endroit où on le voit.» [ Harriet Beecher Stowe ] - The Pearl of Orr’s Island
Harriet Beecher Stowe

June 30 1974 30 juin Juli Zeh Est une femme de lettres allemande Née à Bonn le 30 juin 1974 Elle vit depuis 1995 à Leipzig. Juli Zeh - La Fille sans qualités [Littérature étrangère] Dans le microcosme d'un lycée privé, sorte de 'lycée de la dernière chance' pour jeunes gens fortunés, Juli Zeh campe l'engrenage implacable qui conduit deux adolescents, la redoutablement intelligente Ada, 14 ans, et Alev, 18 ans, manipulateur autoproclamé impuissant, à exercer un chantage mêlant sadisme et perversion sexuelle sur l'un de leurs professeurs. Le récit de cette descente aux enfers est faite par l'avocate en charge de l'affaire. Pendant les années 2002-2004, ces jeunes dont l'enfance a été bercée d'images violentes (ils étaient bébés pendant la guerre du Golfe ; enfants pendant la guerre des Balkans et au moment du 11 septembre ; adolescents au moment du massacre au lycée d'Erfurt et de l'attaque terroriste de Madrid, au début de la guerre d'Irak.. .) inventent un jeu cynique et brutal. Leur cible, c'est Smutek, le fringuant professeur de sport et de littérature allemande, ancien réfugié politique polonais qui semble venir d'un monde révolu où des notions comme le bien et le mal, le respect d'autrui et le péché, avaient encore cours. La critique Les démons fascinent bien davantage que les entités diaboliques : il fallait la maestria d’une Juli Zeh pour dédiaboliser ce constat. Qui n’a guère éprouvé une once de fascination morbide à tenter de comprendre les motivations de tueurs de masse de Columbine, Virginia Tech, ou encore Erfurt en Allemagne ? L’ancienne avocate décortique avec une attention clinique le cas d’Ada, 14 ans, dont la maturité et l’intelligence supérieure trouve son pendant chez l’énigmatique Alev. Avec lui, cette jeune fille dépassée par l’absurdité de la vie, profondément nihiliste, pourra se laisser aller à sa haine de la société. Et à sa folie diabolique. Crise d’adolescence ? Cri d’une génération sans avenir ? Juli Zeh dépasse ses clichés pour s’intéresser à l’(in)humain et tenter d’en comprendre - avec l’objectivité d’une femme de loi - les mécanismes fondamentaux. Si elle emprunte à Musil son titre (‘L’Homme sans qualités’), c’est surtout Camus que l’on lit entre les lignes : Ada se pose en juge pénitent des temps déchus, elle est le miroir tendu à la sottise humaine. L’auteur ne manque pas d’y ajouter sa vision de la théorie du chaos : chaque infime détail contribuera à l’imminence du dénouement. Allégorique ? Métaphorique ? Cynique ? Juli Zeh ne s’embarrasse pas de la représentation et de la quête de sens. Elle montre, et c’est déjà bien suffisant. La perfection existe le temps de la lecture de cette oeuvre renversante, sublime, inoubliable. Espérons qu’elle fasse des émules.
La biographie de Juli Zeh
Juli Zeh est la fille du professeur Dr. Wolfgang Zeh, le directeur, du 4 novembre 2002 au 30 avril 2006 du Bundestag et l'un des plus éminents hauts fonctionnaires allemands. Jusqu'à l'obtention de son baccalauréat, Julie Zeh a suivi les cours de la Otto-Kühne-Schule à Bonn. Ensuite, elle a étudié le droit à Passau, Cracovie, New York et Leipzig, spécialement le droit international public et en particulier la construction des nations (Nation Building). En 1998, elle réussit le premier examen d'État juridique ; puis, elle suit une formation juridique accélérée et obtient une maîtrise en droit "Intégration européenne". En 2003, après le stage de troisième cycle légal, elle obtient le deuxième examen d'État juridique. Parallèlement à ses études de droit, elle suit aussi les cours du Deutsches Literaturinstitut Leipzig de l'université de Leipzig, sanctionnés par un diplôme en 2000. Forte de sa réputation littéraire, Juli Zeh s'engage politiquement et lors des élections fédérales allemandes de 2005, elle souscrit, avec d'autres intellectuels allemands, à la demande de Günter Grass de soutenir la coalition rouge-verte. Elle a en outre été porte-parole de l'association de protection des animaux Vier Pfoten Stiftung.
Œuvres Selon ses dires, Juli Zeh écrit depuis l'âge de sept ans ; elle a publié 4 romans et le premier d'entre eux, Adler und Engel (L'Aigle et l'ange), traduit en 28 langues, se déroule dans le milieu des juristes internationaux et celui de la drogue. Le théâtre des événements de Spieltrieb (La fille sans qualités), son deuxième roman est par contre un lycée privé de Bonn, sa ville natale. Les protagonistes sont élèves et professeurs de l'école ; leurs manières d'agir, leurs points de vue servent d'illustrations symboliques au fond du problème qui anime le roman : l'existence et la définition du juste et de l'injuste. Favorablement accueilli par la critique, le roman obtient également un grand succès auprès du public. Bernhard Studlar a élaboré une adaptation théâtrale de ce roman, représentée pour la première fois le 16 mars 2006 au Deutsches Schauspielhaus de Hambourg et unanimement saluée par la critique puis, au début de l'année 2007, au Junges Theater de Brême. Le texte Die Stille ist ein Gerausch est le résultat d'un voyage en Bosnie-Herzégovine accompli par l'auteur lors de l'été 2001. Le livre, une sorte de journal de voyage, traite du profond bouleversement de la population de cette région causé par la guerre mais aussi par le manque de considération de la part de la communauté internationale et de l'invisibilité de ce pays aux yeux de l'Europe. Ein Hund läuft durch die Republik par Juli Zeh, David Finck et Oscar Ters, est par contre une anthologie de récits de jeunes écrivains bosniaques de langue allemande qui racontent la situation de leur pays. Kleines Konversationslexikon für Haushunde a été publié en 2005 avec des photographies de David Finck. Dans ce texte, organisé comme un dictionnaire encyclopédique de A à Z, Otello, le chien d'un écrivain, raconte sa vision du monde. En mars 2006 a été publié Alles auf dem Rasen, une anthologie de 30 essais. À travers ses textes, Juli Zeh affronte la thématique de l'antagonisme entre l'ordre et le chaos. Elle se demande comment il est possible de redonner du sens et de la morale lorsque les valeurs traditionnelles ont désormais perdu toute leur signification. Les motifs récurrents dans son œuvre sont le problème de la perte de validité de la loi et celle de l'existence dans une société personnelle et globalisée où il n'est plus possible de déterminer une responsabilité collective pour l'avenir de la société.
Œuvres de Juli Zeh
Romans traduits en français L'Aigle et l'ange (Adler und Engel), traduction française de Jörn Cambreleng La Fille sans qualités (Spieltrieb), traduction française de Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus 2007 - Prix Cévennes du roman européen 2008 L'Ultime question (Schilf), traduction française de Brigitte Hébert et Jean-Claude Colbus 2008
Les citations de Juli Zeh
«Dieu n’existe pas, il existe un besoin de Dieu, ce qui revient au même.» [ Juli Zeh ] - La Filles sans qualités
«L’être humain est aveugle et sourd à l’égard du monde qui l’entoure, mais il pressent une sorte de rhumatisme quand son propre destin est en jeu.» [ Juli Zeh ] - La Filles sans qualités
«Le sens de la vie, c’est ce qui reste quand on se débarrasse de tout ce qui est absurde.» [ Juli Zeh ] - La Filles sans qualités
La bibliographie de Juli Zeh L’Ultime Question de Juli Zeh [Littérature étrangère XXIe] Résumé du livre Un homme meurt, deux physiciens s'affrontent, un officier de police est amoureux. Le commissaire Schilf qui prise une théorie bien particulière des sciences physiques et ne croit pas au hasard, résout ici son ultime affaire. Les lecteurs de 'La Fille sans qualités' retrouveront les préoccupations qui hantaient déjà l'auteur dans son premier roman : les limites entre le bien et le mal, la difficultés d'émettre un jugement, fût-ce en s'appuyant sur les textes aussi sacrés que le décalogue ou le code pénal...
Les extraits de "L’Ultime Question" La première phrase Peu avant l'arrivée, à une altitude de cinq cent mètres environ en venant du sud-ouest, Fribourg ressemble à une tache claire aux bords effilochés posée dans les replis de la Forêt Noire. La phrase à retenir Il sait que les limites de sa personne s'estompent dans un vaste tourbillon de particules. Morceau choisi - Qu'est-ce que vous voulez ? Je ferai n'importe quoi ! Une main se pose sur sa bouche pour l'empêcher de parler, mais c'est la sienne. A l'autre bout de la ligne, l'excitation se prolonge, incertaine. puis une voix féminine toussote un peu. - Monsieur le professeur, on m'a demandé de vous transmettre un message. Il tient en une seule phrase. On m'a dit que vous comprendriez bien cette unique phrase. Vous êtes prêt ? L' amabilité de son [... ]
L’Aigle et l’ange de Juli Zeh [Littérature étrangère XXIe] Résumé du livre Jessie est morte. Elle s'est suicidée alors qu'elle était au téléphone avec Max. Après des années d'absence, elle avait refait surface dans sa vie et Max avait replongé dans son amour éperdu pour cette jeune femme instable et puérile. A la brutalité de cette nouvelle, Max quitte son job, reste à Leibzig, bien décidé à consommer toute la cocaïne que son corps pourra supporter. Mais alors que tout semble perdu, il rencontre Clara.
La critique ‘L'Aigle et l'ange' est à la frontière entre le thriller et l'expérience intérieure d'un mutilé de la vie, avocat de son état. Triste état d'ailleurs, que celui d'un homme confronté à la culpabilité, le meurtre, le suicide, la violence extrême. Avec ce premier roman, Juli Zeh parvient à pénétrer la profondeur de deux âmes en peines, errantes au milieu de nous. Bâtie en deux temps, zigzaguant entre les retours en arrière et les digressions temporelles cocaïnées du narrateur, l'action entretien à merveille un suspense tranquille, dénué de grands rebondissements venus d'on ne sait où. Jouant avec les mots, l'auteur creuse les personnages au maximum, laisse les mystères apparaître puis se dissiper, sans forcer. Fluide, comme le souvenir d'une douleur passée qui s'étale au long des nuits sans discontinuer, le récit prend le parti de s'intéresser aux personnages, prétextes aux événements eux-mêmes. Perdus dans des préoccupations morales, d'amour, de haine, les deux protagonistes enchaînent les épreuves de force. Jamais pénible, le roman tient la distance, et nous met finalement K.O. Porteur d'une certaine conception de la survie dans un univers où les illusions n'ont plus leur place, un univers qui ressemble au notre, le propos du livre tout entier nous ouvre les yeux sur la place des sentiments dans nos vies, lorsque les événements se précipitent et nous emportent.
Les extraits de "L’Aigle et l’ange" La première phrase Même à travers la porte, je reconnais sa voix, cette intonation éternellement froissée, comme si on venait de lui refuser l'objet de son plus cher désir. Morceau choisi Et le coup est parti. Au début, je ne l'ai même pas reconnu comme un bruit, il m'est rentré dans l'oreille gauche tel un couteau, telle une douleur aiguë et rapide, puis ça a commencé à siffler.J'ai eu la présence d'esprit de changer à toute allure l'écouteur d'oreille, juste à temps pour entendre la chute sourde d'un corps, suivie des claquements secs de l'appareil que mon amie avait tenu en main et qui glissait sur le sol. Puis plus [... ]
Juli Zeh

June 29 1798 29 juin Giacomo Leopardi Est un moraliste, poète et philosophe italien Né le 29 juin 1798 à Recanati Décédé le 14 juin 1837 à Naples Giacomo Leopardi - Correspondance générale [Lettres] À côté de ses textes poétiques et philosophiques, Leopardi a laissé une importante correspondance, qui demeure le dernier grand pan de son oeuvre encore inédit en français. Cloîtré durant toute sa jeunesse dans son palais de Recanati, les lettres sont pour lui le seul moyen de communication avec le monde extérieur. C’est à travers elles que l’on peut découvrir la genèse de sa création littéraire, et mesurer la solitude et la détresse qui furent les siennes. Avare de confidences intimes dans son journal, le Zibaldone (Allia, 2003), il a confié à ses correspondants les plus chers (Pietro Giordani, Antonio Ranieri) ses tourments, ses espoirs, ses projets. Ayant projeté de fuir secrètement Recanati, il écrit, avant son départ, une longue et déchirante lettre à son père, qui constitue un de ses textes les plus bouleversants. Une fois quitté le palais familial, la correspondance nous permet de suivre le fil de ses pérégrinations à travers l’Italie (Florence, Rome et Naples notamment). Pleines de notations souvent drôles, parfois acerbes, de renseignements sur la vie littéraire et politique italienne et les circonstances qui ont entouré la publication de ses oeuvres, ces lettres constituent assurément la meilleure façon de découvrir la vie de Leopardi.
La biographie de Giacomo Leopardi
Fils aîné du comte Monaldo Leopardi et de la marquise Adélaïde Antici, Giacomo Leopardi est issu d'une famille noble de province. Son éducation est rigide et religieuse, sa santé très délicate ; sa vie à Recanati est monotone. Le jeune Leopardi mène une vie solitaire dans la bibliothèque paternelle dont il dévore les ouvrages, tout en souhaitant constamment que la mort le délivre : « Je suis mûr pour la mort. » Il est perçu dans le monde littéraire comme « poète du pessimisme », comme l'illustre le célèbre vers d'Alfred de Musset : « Sombre amant de la mort, pauvre Leopardi ». Ses ouvrages en prose traduisent également cet état d’âme : Petites Œuvres morales (Operette morali, 1826-1827), Les Cent Onze Pensées (Cento undici pensieri, posthume, 1845) et son énorme journal philosophique, le Zibaldone, paru de façon posthume en 1900. Leopardi s'adonne à la philologie dès l'âge de quinze ans. À seize ans, il annote La Vie de Plotin par Porphyre de Tyr et écrit un essai sur Les erreurs populaires des anciens. À vingt ans, il écrit Premier Amour à la suite d'une désillusion amoureuse. Sa disgrâce physique et sa pauvreté affectent sa vie. Durant cette même période, il fait la connaissance de Pietro Giordani ; mais les espoirs déçus que cette amitié suscite précipitent sa rupture avec la foi religieuse. Giordani, moine émancipé, n'a pas perçu le besoin de Leopardi d'avoir un ami qui le sorte de sa solitude. Sa foi bascule, ses opinions philosophiques changent radicalement, ce qui l'oppose à son père, lui-même écrivain. La maison familiale, qu'il ne parvient pas à quitter, lui devient insupportable (« abborrito e inabitabile Recanati »). Dans une lettre du 6 mars 1820, Leopardi relate un rêve à Giordani : « Ces luttes de l'esprit et de l'âme, ce moment précis où la crise éclate dans toute son intensité et l'on s'aperçoit tout à coup que l'on vient de franchir la limite cruciale entre la foi et le doute... » C'est une conception identique de la vie qui émerge, au même moment, chez le poète italien confiné dans sa petite ville et chez le philosophe allemand Schopenhauer. Ces deux hommes ne se sont probablement jamais rencontrés ni écrit, et Leopardi n'a pas lu le livre de Schopenhauer Le monde comme volonté et comme représentation. Leopardi résume sa philosophie du pessimisme dans le concept d'infelicità. Leopardi n'écrit pas pour propager ses idées ; il chante en poète son mal de vivre et en tire une vision de la condition humaine. Il ne veut pas adhérer à l'école des lyriques et des désespérés qui l'ont réclamé pour leur frère. Il ne veut pas du désespoir intellectuel et garde sa liberté de pensée. Il voyage beaucoup mais ses ressources financières sont faibles. Au mois d'octobre 1822, sur les instances de quelques amis, il quitte Recanati pour Rome. Il rencontre des amis — Barthold Georg Niebuhr, ministre de Prusse à la cour pontificale, Alessandro Manzoni, le baron Christian Cari Josias Bunsen (1791-1860), diplomate, archéologue et historien, successeur de Niebuhr comme ministre de Prusse, Johann Gothard Reinhold (1771-1838), ministre de Hollande, bibliothécaire d'Angelo Mai — et se fait des ennemis — le bibliothécaire Guglielmo Manzi. Il ne trouve pas de situation stable, refuse d'entrer en prélature et ne se résout pas à un emprunt qui aurait amélioré sa condition. Il ne demande rien à son père qui ne lui propose aucune aide financière. Tout juste Leopardi opte-t-il pour du travail d'édition et se voit-il chargé de dresser le catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque Barberine. Les quelques voyages hors de la maison familiale seront brefs, à Bologne, Pise ou Florence. Son nationalisme apparaît dans ses poèmes À l’Italie, Sur le monument de Dante (1818) ou À Angelo Mai (1822). Il est fasciné par la gloire passée de l'Italie mais, après Dante, Le Tasse et Alfieri, ne lui voit plus aucun avenir et condamne la France pour avoir envoyé à la mort les légions italiennes durant la campagne de Russie. Dante a préféré l'enfer à la Terre, et Leopardi lui-même, dans le poème Paralipomènes de la Batrachomyomachie, décrit de façon sarcastique sa propre descente aux enfers. Brutus le Jeune (1821) est une illustration du pessimisme de Leopardi ; Brutus était le dernier des anciens sages et il ne reste après lui aucune noble espérance. Leopardi s’oppose aux romantiques dans son Discours sur la poésie romantique (1818) et découvre un an plus tard la philosophie sensualiste du Siècle des Lumières qui influencera considérablement son œuvre. Il chante le néant de l’homme face à la nature avec Le Genêt ou la Fleur du désert, et son désespoir dans La Vie solitaire (1821), L’infini (1819) et À Sylvie.
Biographie poétique Leopardi, dès son enfance, cherche à atteindre la « gloire des lettres ». Il se réfugie pour cela, dès l'âge de dix ans, dans la grande bibliothèque de son père, où il passe « sette anni di studio matto e disperatissimo » (sept années d’étude, fou, sans espoir) au cours desquelles il apprend seul le latin, le grec, l'hébreu et plusieurs langues modernes dont l'anglais et le français. Les premières œuvres sont des produits de pure érudition classique et des traductions philologiques que l’on appelle « puerilia ». C’est en 1816 que Leopardi traverse une première période de transformation poétique, appelée par les critiques « conversion littéraire », c'est-à-dire un passage de l’érudition au sentiment philosophique du beau. Une deuxième conversion se produit en 1819, celle-ci est la « conversion philosophique », marquée par le passage du beau au « vrai ». Leopardi se rend compte de la nullité des choses humaines ; il écrit dans le Zibaldone « nel nulla io stesso » (« dans le néant moi-même »). Il est atteint en 1819 par une ophtalmie qui l'empêche de lire et le conduit à une tentative de suicide. En 1822, Leopardi s’échappe du « natio borgo selvaggio » (« bourg sauvage natif », c'est-à-dire Recanati). Il se rend à Rome mais la ville le déçoit et il parcourt toute l’Italie : Milan, Florence, Pise, Naples. Cette première période, jusqu’en 1822, est caractérisée par une production littéraire constituée notamment par des chansons patriotiques (All’Italia) et des idylles (du nom des œuvres du grec Moschus, que Leopardi avait traduites en 1815). Les œuvres successives se divisent en deux groupes : - Les grandes idylles (comme De Sanctis les appelle), composées entre Pise et Recanati. - Les Operette Morali (Petites œuvres morales) où il rédige une satire de la société contemporaine qu’il estime être dégradée et trop attachée aux biens terrestres.
Œuvres de Giacomo Leopardi
Quelques traductions en français Correspondance générale, trad. par Monique Baccelli 2007. Chants/Canti, trad. par Michel Orcel 2005. Zibaldone, trad. par Bertrand Schefer 2003. Keats et Leopardi. Quelques traductions nouvelles, par Yves Bonnefoy 2000. Mémoires de ma vie, trad. par Joël Gayraud 1999. Théorie des arts et des lettres, trad., par Joël Gayraud 1996. Eloge des oiseaux, trad. par Joël Gayraud 1995. Pensées, trad. par Joël Gayraud 1994. Journal du premier amour, trad. par Joël Gayraud 1994. La Théorie du plaisir, trad. par Joël Gayraud 1994. Le Massacre des illusions, trad. par Joël Gayraud 1993. Petites œuvres morales, trad. par Joël Gayraud, 1992. Dix Petites Pièces philosophiques, trad. par Michel Orcel 1985. Lettre inédite de Giacomo Leopardi à Charlotte Bonaparte, trad. par Joël Gayraud 1996.
Les citations de Giacomo Leopardi
«Les hommes, qui sont malheureux par essence, veulent croire qu'ils le sont par accident.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«La gloire et l’honneur ne sont, je le sais, que fantômes ; le bonheur et la joie, un désir sans objet ; la vie, misère vaine, ne produit pas un fruit.» [ Giacomo Leopardi ] - Les souvenirs
«Il est curieux de voir combien l'excellence adopte fréquemment les manières simples, alors que les manières simples passent si souvent pour un signe de médiocrité.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Rien n'est plus rare au monde qu'une personne toujours supportable.» [ Giacomo Leopardi ]
«Etre aimable, dans la conversation, c'est se sacrifier à l'amour-propre d'autrui.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Presque tous les plaisirs de l’imagination et du sentiment tiennent au souvenir. Ce qui revient à dire qu’ils appartiennent plus au passé qu’au présent.» [ Giacomo Leopardi ] - Zibaldone
«La vieillesse est le pire des maux, car elle prive l’homme de tous les plaisirs en lui en laissant l’appétit.» [ Giacomo Leopardi ] - Zibaldone
«Dans la vie, il n'est rien de plus intolérable, ni en fait de moins toléré, que l'intolérance.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Le plaisir est toujours passé ou futur, jamais présent.» [ Giacomo Leopardi ]
«Les faibles vivent suivant le bon plaisir du monde, et les forts, selon le leur.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Je n'appelle pas innocent celui qui est incapable de pêcher, mais bien celui qui ne peut pécher sans remords.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Voici deux vérités que les hommes en général n'admettent jamais : l'une qu'ils ne savent rien, l'autre qu'ils ne sont rien.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Nulle qualité humaine n'est plus intolérable ni, de fait, moins tolérée que l'intolérance.» [ Giacomo Leopardi ]
«Ce qui nous pousse à nous rendre utiles et à oeuvrer pour de bonnes causes, réside avant tout dans l'estime que nous nous prodiguons.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Les enfants trouvent tout d’un rien, les hommes ne trouvent rien dans tout.» [ Giacomo Leopardi ] - Zibaldone
«Le plus sûr moyen de cacher aux autres les limites de son savoir est de ne pas les dépasser.» [ Giacomo Leopardi ]
«Dans les choses profondes, c'est toujours le petit nombre qui est le plus perspicace ; la majorité, elle, ne s'entend qu'aux évidences.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Les vrais misanthropes ne se trouvent pas dans la solitude.» [ Giacomo Leopardi ]
«Nos défauts et nos infirmités ne sont pas ridicules en eux-mêmes, mais ridicule est l'effort que nous déployons pour les dissimuler.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Les hommes rougissent, non des injures qui viennent d'eux, mais de celles qu’ils reçoivent.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Oeuvres
«L'homme ne désespérerait pas s'il n'espérait.» [ Giacomo Leopardi ]
«La patience est la plus héroïque des vertus, précisément parce qu'elle n'a pas la moindre apparence d'héroïsme.» [ Giacomo Leopardi ] - Zibaldone
«Le moyen le plus direct de gagner la renommée est d'affirmer avec une ferme assurance et le plus souvent possible qu'on la possède déjà.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Le moyen le plus sûr de cacher aux autres les limites de son savoir est de ne jamais les dépasser.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Ce ne sont pas nos défauts qui sont ridicules, mais le soin que nous prenons à les dissimuler et à feindre d'en être épargnés.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Il n'est au monde rien de plus rare qu'une personne que l'on peut supporter tous les jours.» [ Giacomo Leopardi ] - Extrait des Pensées
«Les maux sont moins néfastes au bonheur que l'ennui.» [ Giacomo Leopardi ] - Zibaldone
La bibliographie de Giacomo Leopardi Huit petites oeuvres morales inédites de Giacomo Leopardi [Nouvelles] Présentation du livre La postérité n’a pas manqué de reconnaissance envers Leopardi, mais elle s’est montrée pourtant, comme il l’avait prévu, injuste et myope. Sa prétention d’être en même temps philosophe et poète fut jugée excessive, et puisque canoniser un grand philosophe, même s’il est mort, est quelque chose de plus absorbant et compliqué, pour la postérité, que le fait de canoniser un grand poète, on s’en tint au second parti. Leopardi, d’ailleurs, n’avait pas accepté les règles et les termes de la philosophie moderne, il n’avait suivi aucune école officiellement reconnue, en somme, ses papiers n’étaient pas en règle pour qu’il soit un philosophe. La conception léopardienne, telle qu’elle s’exprime de façon accomplie dans ces Petites Œuvres morales, est une véritable philosophie, si du moins l’on peut se servir de ce mot pour désigner une vision totale du monde, exhaustive dans ses détails et unitaire dans son extension. Les Petites OEuvres sont des mythes philosophiques, au sens grec : la hauteur de cette expression humaine se mesure à sa rareté. Les vérités de Leopardi sont tout autant incommodes qu’incontestables. Parce que la vie et la nature sont justement telles qu’il les décrit, et personne, mis au pied du mur, ne saurait le nier. S’il en est ainsi, il a eu un sort qu’il n’imaginait peut-être même pas, ce fut d’être l’un des rares hommes qui obligent les autres - pour les fondements moraux de leur existence - à choisir entre la lâcheté et le courage. Leopardi a pu faire cela parce qu’il était un homme d’action, comme tout philosophe authentique. Il avait trouvé la vérité, mais il aurait pu la cacher, ou bien la manifester à mots couverts, comme d’autres. Son action fut de dire la vérité, et comme le fait de dire la vérité a toujours quelque chose d’héroïque, jusque dans les moindres circonstances de la vie, de même son action fut au plus haut point héroïque, visant le destin même de l’homme.
Zibaldone de Giacomo Leopardi [Littérature classique] Résumé du livre Zibaldone, cela signifie littéralement 'chambre noire de l'esprit', et de fait ces 2400 pages exposent une pensée en train d'accoucher elle-même. Cet ensemble de manuscrits exhumés après la mort de l'auteur, et qui n'avait jamais fait l'objet d'une publication en France, n'était pas destiné à être publié. Il constitue pourtant un recueil essentiel d'un des esprits les plus originaux et féconds du XIXe siècle. On doit cet événement éditorial à Bertrand Schefer, traducteur et commentateur.
Journal du premier amour de Giacomo Leopardi [Littérature classique] Résumé du livre A dix neuf ans, Léopardi tombe amoureux d'une dame de Pesaro. Elle a des traits accusés et délicats à la fois, un teint superbe, des yeux très noirs, les cheveux châtains, des manières aimables', mais la dame de vingt-six ans repart, et l'adolescent, comme pour retenir la passion qui l'enflamme, décide de prendre la plume... Pour le meilleur.
Discours sur l'état présent des moeurs en Italie de Giacomo Leopardi [Littérature classique] Présentation du livre Leopardi décrit ici les spécificités culturelles et psychologiques de son Italie. Une Italie qu'il ne s'agit pas de décrire à travers des caractéristiques sociales ou politiques : non, justement, il manque à l'Italie un principe fondateur qu'est la société. Elle a bien des habitudes mais pas véritablement de moeurs. Peut-on, dans ce cas, parler de civilisation alors que la morale comme l'organisation de ce pays se sont construites de manière on ne peut plus chaotique ?

Giacomo Leopardi

June 28 1867 28 juin Luigi Pirandello Est un écrivain italien, poète, novelliste, romancier et dramaturge Né le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile au lieu dit « Le Chaos », entre Agrigente et Porto Empedocle, durant une épidémie de choléra Décédé à Rome le 10 décembre 1936 Il a été lauréat du Prix Nobel de littérature en 1934. Luigi Pirandello - Six personnages en quête d'auteur [Roman ] De ces petits ouvrages bien étudiés, on retiendra la structure claire et progressive pour s'initier à la découverte de textes littéraires majeurs du programme scolaire. Présentation de l'auteur, texte intégral annoté et dossier d'analyse permettent de décortiquer et de comprendre les tenants et aboutissants de chaque oeuvre.
La biographie de Luigi Pirandello
Les années de formation L'été de la naissance de Luigi Pirandello, la Sicile est la victime d'une terrible épidémie de choléra comme elle l'avait été vingt années plus tôt. C'est le choléra déjà qui emporte en 1837 son grand-père paternel, Andrea, riche propriétaire qui laisse une grosse fortune et une famille nombreuse dont le dernier-né, Stefano, est le père de Luigi. Stefano est un homme courageux et aventureux qui a rejoint les troupes de Garibaldi et a combattu pour l'unité italienne. Le jeune Pirandello grandit entre une mère douce et aimante qu'il adore et un père autoritaire et coléreux avec lequel il entretient des relations difficiles. La servante de la famille imprègne le jeune Luigi du folklore sicilien en lui apprenant des chansons populaires et en lui contant les fables et les légendes de son pays natal qui enflamment son imagination. Il entreprend des études au collège technique qui ne lui plaisent guère. Il fait croire à son père qu'il a échoué à l'examen de mathématiques et pendant ses vacances, au lieu de prendre des leçons dans cette discipline, il suit des cours de latin qui lui permettront d'entrer au Gymnase, le lycée classique, en deuxième année. Le jeune Luigi aime la lecture et les mots et, dès 1880, il rédige ses premiers poèmes. À dix-sept ans, en 1884, il publie Cahute, sa première nouvelle dont l'action est située en Sicile et qui raconte l'enlèvement d'une jeune fille par son amant. Amoureux de sa cousine Lina, il envisage de l'épouser et de rejoindre son père à la soufrière dans l'entreprise familiale mais la littérature l'attire irrésistiblement. En 1887, à vingt ans, il quitte Palerme pour Rome. En 1889, il fait paraître son premier recueil de Vers Le Mal joyeux et part pour l'université de Bonn séduit par le romantisme allemand et Goethe dont il traduira Les Élégies romaines. En 1891, il est docteur en philosophie et lettres de l'université de Bonn avec une thèse de dialectologie romane sur le dialecte d'Agrigente écrite en allemand. Le jeune homme rentre en Italie et rompt ses fiançailles avec sa cousine.
Le mariage et les premiers écrits En 1894, à vingt-sept ans, il épouse Maria Antonietta Portulano, la fille de l'associé de son père qui lui apporte une belle dot. C'est un mariage arrangé par les parents qui ne fut pas un mariage heureux. Les jeunes époux partent s'installer à Rome. De ce mariage naîtront trois enfants : Stefano (1895), Lietta (1897) et Fausto (1899). Cette année 1894, il publie Amours sans amour son premier recueil de nouvelles dont les personnages appartiennent à la petite bourgeoisie provinciale et au petit peuple des campagnes de sa Sicile natale. Pirandello écrira des nouvelles toute sa vie. En 1897, il enseigne la stylistique à l'Instituto Superiore di Magistero, une école normale pour jeunes filles où il enseignera pendant vingt-quatre ans, de sa trentième à sa cinquante-quatrième année. Il publie sa première pièce, L'Étau en 1898 et son premier roman L'Exclue en 1901. Il écrit également des essais et collabore à des journaux. En 1902, il renonce à la poésie.
La folie de sa femme et son travail acharné La jeune épouse de Pirandello, d'une instruction simple, ne comprenait pas les préoccupations littéraires de son mari qui était un intellectuel brillant. Cette incompréhension s'est fixée en une jalousie maladive en raison de la fascination que son mari exerçait sur ses jeunes élèves de l'école normale pour jeunes filles. Cette jalousie sans fondement va se transformer peu à peu, après la faillite de l'entreprise familiale, en une véritable folie. Le critique et essayiste Nino Frank se demande à ce sujet : « Lequel est né d'abord, de l'œuf ou de la poule ? Pirandello est-il devenu Pirandello parce que sa femme était folle, ou vice versa ? Peu importe à l'heure qu'il est. Ce qui importe, c'est que ce cas familial conditionne désormais l'inspiration de l'écrivain ». En 1903, un éboulement détruit la mine de soufre et provoque la faillite de l'entreprise paternelle dans laquelle étaient investis tout ce qu'il possédait ainsi qu'une partie de la dot de sa femme. Ruiné, Pirandello qui a envisagé de se suicider reprend courage en s'investissant dans son travail de créateur. Il publie l'année suivante, en 1904, son roman le plus connu, Feu Mathias Pascal. Il a trente-sept ans et c'est un grand succès qui lui ouvre les portes de la plus grande maison d'édition italienne de l'époque, Trèves, et lui assure la sécurité matérielle. La vie familiale de Pirandello et de ses enfants est difficile et douloureuse. La paranoïa de sa femme qui commence après la naissance de leur troisième enfant aurait nécessité un internement mais Pirandello qui ne peut s'y résoudre garde sa femme au foyer familial pendant dix-sept années. L'écrivain qui a trouvé refuge dans un travail acharné écrit des nouvelles, des romans et des essais. Il publie son essai sur l'Humour en 1908 et collabore l'année suivante au Corriere della sera. En 1910 deux de ses pièces de théâtre, L'étau et Figues de Sicile, sont représentées pour la première fois au Teatro Metastasio de Rome. L'année 1915 est une année difficile pour Pirandello : l'Italie entre en guerre, ses fils Stefano et Fausto partent au front où Stefano est fait prisonnier, sa mère meurt et la folie de sa femme devient de plus en plus violente. Elle accuse notamment son mari d'inceste envers leur fille Lietta qui a fait une tentative de suicide et qui devra être confiée à sa tante Lina, la soeur de Pirandello. Maria Antonietta sera finalement internée en 1919. Pirandello a alors cinquante-deux ans.
Sa réussite théâtrale et sa renommée universelle Luigi Pirandello reste dans l'histoire de la littérature comme essentiellement un dramaturge. Il n'a vraiment réussi au théâtre qu'à la cinquantaine. Il pensait que le théâtre ne devait être qu'une parenthèse dans son oeuvre : "Le théâtre,comme tu sais, ne me tente pas beaucoup. Je fermerai cette parenthèse théâtrale pour me remettre à mon travail de narrateur, plus naturel" écrit-il à son fils Stefano en 1917 (cité dans "Pirandello. Nouvelles complètes", trad. Georges Piroué, Editions Gallimard, Coll. Quarto, 2000, p.2199). Et pourtant il publie en 1917 ses premières grandes pièces : Chacun sa vérité et La volupté de l'Honneur et ensuite C'était pour rire (1918), Tout pour le mieux (1919), L'Homme, la bête et la vertu (1919)... En 1921, après un échec cuisant en mai à Rome, Six personnages en quête d'auteur triomphe en septembre à Milan et la même année, la pièce sera jouée à New-York. Henri IV en 1922 est un succès. A Paris, Charles Dullin met en scène dès 1922 La Volupté de l'honneur et Georges Pitoëff dès 1923 Six Personnages en quête d'auteur dont la première a lieu en la présence de l'auteur. Son œuvre théâtrale renouvelle profondément la scène de l'entre-deux-guerres en y introduisant de la fantaisie, de la poèsie et de la liberté. Ses pièces les plus célèbres sont celles où il introduit le théâtre dans le théâtre : Comme ci (ou comme ça) (1924), Ce soir on improvise (1930) qui semblent former à ce sujet une trilogie avec Six Personnages en quête d'auteur. Le théâtre de Pirandello, avec ses 43 pièces écrites en une vingtaine d'années, assura la renommée universelle de ce grand écrivain italien. En 1922, Pirandello commence à rassembler ses nouvelles sous le titre Nouvelles pour une année (Novelle per un anno en quinze volumes). Le nouvelliste rêve dans l'avertissement de la première édition d'un grand volume qui selon le principe du titre du recueil donnerait à lire au lecteur une nouvelle par jour pendant une année c'est-à-dire trois cent soixante-cinq nouvelles. L'édition de 1937-1938 de Manlio Lo Vecchio-Musti compte 237 nouvelles dont 21 inédites du vivant de leur auteur. Comme pour Tchekhov, le succès de son théâtre a longtemps éclipsé l'originalité et la beauté de ses nouvelles. L'œuvre de Pirandello ne se réduit pas à sa production théâtrale. Cette œuvre pourrait être divisée en trois parties presque égales, ses nouvelles, son théâtre et enfin ses romans et essais. Ses travaux de conteur et de dramaturge sont liés. Ainsi pas moins de vingt-sept nouvelles sont adaptées au théâtre : "Madame Frola et monsieur Ponza, son gendre" donnera "Chacun sa vérité", de "Leonora,Addio !" naîtra "Ce soir on improvise", etc.Certains titres de nouvelles sont conservés pour leurs adaptations théâtrales : "Cédrats de Sicile", "Le devoir du médecin", "Gare à toi, Giacomio !", "La jarre", etc. Avec "Pirandello. Nouvelles complètes" et en 2.240 pages, les Editions Gallimard dans la collection Quarto réalisent en 2000 le souhait de Pirandello de voir toutes ses nouvelles réunies en un seul volume. Dans l'avertissement de la première édition de "Novelle per un anno", Pirandello écrivait que "[l'auteur de ces nouvelles] espère que les lecteurs voudront bien lui pardonner si, nées de la conception qu'il a eue du monde et de la vie, trop d'amertume et une joie trop rare s'offriront à eux et se donneront à voir dans cette multitude de petits miroirs qui la reflètent tout entière." (cité par Laurence Liban dans son article "Le grand moi de Pirandello" dans le magazine Lire de juillet/août 2000). Cette comédie humaine que ce grand écrivain nous donne à voir sur sa terre de Sicile reflète en effet sa perception de la vie et son art de conteur lui donne une portée universelle. Un de ses traducteurs, le romancier et essayiste Georges Piroué trouvera un titre superbe à son étude sur Pirandello parue en 1988 aux Editions Denoël :" Luigi Pirandello, Sicilien planétaire". En 1924, Pirandello adhère au fascisme et rencontre Mussolini. Mais il ne fit jamais de politique active et son activité théâtrale internationale l'écartera peu à peu du régime fasciste dont il supportera de plus en plus mal le poids autoritaire et suspicieux sur la société italienne. C'est cependant avec l'appui de Mussolini qu'il fonde avec son fils Stefano en 1925 le Teatro d'arte di Roma qui lui fait découvrir la vie et le travail d'un directeur de théâtre et d'un metteur en scène. Il engage une jeune et talentueuse comédienne, Marta Abba, pour laquelle il éprouve un amour impossible et qui devient son interprète principale et son inspiratrice. En cette année 1925 également, il publie un nouveau chef d'œuvre après quinze années de travail, Un, personne et cent mille. Il voyage à l'étranger avec sa compagnie mais l'expérience du Teatro d'arte di Roma prend fin à l'été 1928 ainsi que sa collaboration avec Marta Abba qui crée sa propre troupe de théâtre. L'écrivain s'exile alors volontairement à Berlin pendant deux années et une année à Paris. L'écrivain et la jeune comédienne s'écrivent pendant toutes ces années et leur correspondance sera publiée sous le titre Lettres d'amour de Pirandello à Marta Abba. Avec Quand on est quelqu'un (1933), Pirandello met en scène son propre drame d'homme seul, prisonnier de sa célébrité.
Le prix Nobel de littérature Le 10 décembre1934, il reçoit à Stockholm le prix Nobel de littérature "pour son renouvellement hardi et ingénieux de l'art du drame et de la scène" mais est victime de plus en plus souvent d'accidents cardiaques. Travaillant sans relâche, il meurt en 1936 d'une pneumonie alors qu'il préparait l'adaptation cinématographique de Feu Mathias Pascal et écrivait une nouvelle pièce qui restera inachevée : Les Géants de la montagne dont il avait le sentiment qu'elle était son chef d'œuvre. "Je crois vraiment que je suis en train de composer, avec une ferveur et une anxiété que je ne réussis pas à t'exprimer, mon chef d'œuvre, avec ces "Géants de la montagne"... Mon art n'a jamais été aussi plein, aussi varié et imprévu : c'est vraiment une fête pour l'esprit et pour les yeux... " écrivait-il à Marta Abba. Dix années après sa mort, ses cendres furent transportées à Agrigente et comme l'écrit la critique littéraire Rosanna Delpiano : " ... son destin de personnage se clôt sur un dernier jeu entre apparence et réalité : par les rues de sa ville, les cendres de Pirandello passent, enfermées dans une caisse qui donne l'impression que la crémation n'a pas eu lieu, que le corps est dans le cercueil. Il paraît qu'en ont décidé ainsi les autorités ecclésiastiques : ainsi, sans le savoir, elles s'employaient à donner la dernière touche "pirandellienne" au séjour involontaire sur la terre de Luigi Pirandello. "Après la deuxième guerre mondiale ses cendres ont été scellées dans un mur près de sa maison natale, classée monument national en 1949 et sa femme est morte en 1959 dans une clinique psychiatrique à l'âge de 87 ans.
Pirandello vu par lui-même Luigi Pirandello, dans une lettre adressée à Benjamin Crémieux, son premier traducteur, a un regard lucide et poignant sur sa propre vie. Il lui écrit en effet pour la parution de Vieille Sicile par la NRF : "Vous désirez quelques notes biographiques sur moi et je me trouve extrêmement embarrassé pour vous les fournir; cela, mon cher ami, pour la simple raison que j'ai oublié de vivre, oublié au point de ne pouvoir rien dire, mais exactement rien, sur ma vie, si ce n'est peut-être que je ne la vis pas, mais que je l'écris. De sorte que si vous voulez savoir quelque chose de moi, je pourrais vous répondre : Attendez un peu, mon cher Crémieux, que je pose la question à mes personnages. Peut-être seront-ils en mesure de me donner à moi-même quelques informations à mon sujet. Mais il n'y a pas grand-chose à attendre d'eux. Ce sont presque tous des gens insociables, qui n'ont eu que peu ou point à se louer de la vie." Benjamin Crémieux est un de ceux qui le révèlent au public parisien en faisant jouer ses plus importantes pièces et en les traduisant, aidé par sa femme Marie-Anne Comnène. Quelques caractéristiques des œuvres de Pirandello : La Sicile reste une référence constante dans ces œuvres. Il définit la vie comme "un séjour involontaire sur la terre". On peut observer une grande interrogation sur la vie, l'individu ainsi que sur la societé. On trouve le thème de la multiple personnalité dans Feu Mathias Pascal. Il fait ressortir dans ses œuvres un conflit entre la vie, qui change avec le temps, et la forme, c'est-à-dire les conventions sociales qui nous obligent à bloquer notre image sociale selon les mœurs. (Feu Mathias Pascal). Selon lui, les hommes ne peuvent se comprendre, il parle d'incommunicabilité. La parole ne peut exprimer correctement la réalité et même si elle le pouvait, il y a de nombreux points de vue différents selon les individus. Dans Six Personnages En Quête d'Auteur, il met en scène l'impossibilité de représenter un drame à cause des images différentes que les uns ont des autres. Le théâtre de Luigi Pirandello est un théâtre de réflexion sur le paradoxe et l'absurdité de la vie. (sources: cours de terminale sur la litterature italienne)
Œuvres de Luigi Pirandello
Poésies Mal joyeux (1889) Les Pâques de Gea (1891) Pier Gudro (1894) Élégies rhénanes (1895) Traduction des élégies romaines de Goethe (1896) Cornemuse (1911) Scamandre (1919) Hors clefs (1922)
Romans L'exclue (1901) Chacun son tour (1902) Feu Mathias Pascal (1904) Les vieux et les jeunes (1913) Giustino Roncella né Boggiolo (1911) On tourne (1915) Les cahiers de Séraphin Gubbio, opérateur (1925) Un, personne, cent mille (1926)
Théâtre L'Étau (1898) Le Devoir du médecin (1912) Lumie di Sicilia (Cédrats de Sicile) (1912) Cécé (1913) La Jarre (1915) Le Bal (1916) À la sortie (1916) Liola (1917) Méfie-toi, Giaomino (1917) Le Bonnet du fou (1918) La Patente (1918) Chacun sa vérité (1916) La Volupté de l'honneur (1918) L'Homme, la bête et la vertu (1919) Le Jeu des rôles (1918) La Greffe (1919) C'était pour rire (1918) Tout pour le mieux (1919) Six personnages en quête d'auteur (1921) Henri IV (1922) Vêtir ceux qui sont nus (1922) Chacun à sa façon (1924) Lazare (1928) Comme tu me veux (1929) Ce soir on improvise (1930) Les géants de la montagne (1936, inachevé)
Les citations de Luigi Pirandello
«A chacun sa vérité.» [ Luigi Pirandello ]
«Nous avons toujours besoin de rendre quelqu'un responsable de nos ennuis et de nos malheurs.» [ Luigi Pirandello ] - Feu Mathias Pascal
«Le quiproquo, c'est d'abord la vie même qui en est un, et le plus compliqué de tous.» [ Luigi Pirandello ]
«L'art venge la vie.» [ Luigi Pirandello ]
«La femme est plus généreuse que l'homme, et elle ne s'attache pas seulement, comme celui-ci, à la beauté extérieure.» [ Luigi Pirandello ] - Feu Mathias Pascal
«On croit se comprendre ; on ne se comprend jamais.» [ Luigi Pirandello ] - Six Personnages en quête d'auteur
«Il est plus facile d'être héros qu’honnête homme. Héros nous pouvons l'être une fois par hasard ; honnête homme il faut l'être toujours.» [ Luigi Pirandello ] - La Volupté de l'honneur
«Mon opinion représente une vision que j'ai... jusqu'à ce que je trouve quelque chose qui me fasse changer d'idée.» [ Luigi Pirandello ]
«Un fait est comme un sac : vide, il ne tient pas debout. Pour qu'il tienne debout, il faut d'abord y faire entrer la raison et les sentiments qui l'ont déterminé.» [ Luigi Pirandello ] - Six Personnages en quête d'auteur
«Ce que je veux, c'est me fuir moi-même.» [ Luigi Pirandello ]
«La vie est pleine d'absurdités qui peuvent avoir l'effronterie de ne pas paraître vraisemblables. Et savez-vous pourquoi ? Parce que ces absurdités sont vraies.» [ Luigi Pirandello ] - Six personnages en quête d'auteur
La bibliographie de Luigi Pirandello Chacun sa vérité de Luigi Pirandello [ Théâtre ] Résumé du livre Que sait-on des choses et des gens? Ce qu'on en voit ou ce que l'on croit en voir et, bien souvent, ce que l'on aimerait qui soit. Sur cette difficulté qu'il y a à cerner la réalité, voilée comme elle est par la sub-jectivité, Luigi Pirandello a écrit en 1917 Chacun sa vérité, x parabole inédite en trois actes a. L'arrivée d'un nouveau fonctionnaire suscite une certaine émotion dans une petite préfecture. La curiosité est proverbiale en province et ce M. Ponza a une conduite bien propre à intriguer n'importe qui : il passe pour séquestrer sa femme et empêcher sa belle-mère, Mme Frola, d'aller chez sa fille; Lui-même rend tous les jours visite à Mme Frola et s'oppose à ce qu'elle reçoive qui que ce soit. Pourquoi? Haut fonctionnaire et voisin de palier de Mme Frola, Agazzi se pique d'obtenir des explications. La vieille dame vient d'elle-même les don-ner - son gendre est fou. Sur ses entrefaites, Ponza accouru déclare que sa belle-mère est folle. Qui croire? L'une et l'autre explication sont plausibles, et la curiosité s'accroît à mesure que la comédie progresse, riche en traits d'humour, vers un dénouement inattendu et logique.
Eau amère et autres nouvelles de Luigi Pirandello [ Roman ] Résumé du livre Le mariage l’ayant rendu malade, Bernardo doit suivre une cure dans la campagne toscane. Il comprend vite que le jeune médecin qui le soigne avec l’eau amère et sulfureuse des thermes, pourrait bien le guérir définitivement en le débarrassant de sa femme… Quelques nouvelles aussi acides que malicieuses sur les relations entre les hommes et les femmes.
L'Avemaria de Bobbio et autres nouvelles de Luigi Pirandello [ Nouvelles ] Résumé du livre «Ce que nous connaissons de nous n'est qu'une partie, et probablement infime, de ce que nous sommes à notre insu», dit Pirandello dans L'avemaria de Bobbio et ainsi formule-t-il une constante thématique fondamentale de son oeuvre théâtrale et narrative: celle du dédoublement, par lequel le Moi découvre la présence d'un territoire secret et inconnu, au-delà des apparences, au-delà de la réalité constituée de ses multiples «masques» ou «formes» aliénantes, figées par le regard d'autrui. Le personnage pirandellien est voué à ce jeu du double : il est arraché à la «normalité» de son existence par l'intrusion parfois terrifiante d'un «ailleurs» instable et inachevé. Et c'est notamment par le canal du rêve que le personnage s'échappe dans une «surréalité» qui met hors circuit la raison et le conduit souvent aux confins de la folie. Les nouvelles L'avemaria de Bobbio, Le train a sifflé..., Le soir, un géranium, Effets d'un rêve interrompu, Une journée tirées de Nouvelles pour une année offrent quelques saisissantes illustrations de ce voyage onirique qui témoigne chez Pirandello d'affinités électives bien qu'il les désavouât avec la psychanalyse qui, dans les années 1910-1920, commence à prendre pied en Italie.
Feu Mathias Pascal de Luigi Pirandello [ Roman ] Résumé du livre A force de plaider la cause de son timide camarade Jérôme Pomino auprès de Romilda Pescatore, Mathias Pascal se prend au jeu et se voit obligé de se marier. Ces épousailles ne font l'affaire de pèrsonne, à commencer par la mère et l'oncle de Romilda qui connaissent d'autant mieux la piètre fortune de Mathias que l'oncle se charge depuis des années de spolier les Pascal sous couleur d'administrer les biens de la famille. Incapable de supporter plus longtemps les tracasseries de son foyer, Mathias s'enfuit, aboutit à Monte-Carlo et gagne à la roulette. Cet argent inespéré devrait lui permettre de rentrer tête haute chez lui mais, en chemin, il apprend par un journal qu'un noyé inconnu vient d'être enterré sous son nom. Le premier choc passé, l'occason lui semble belle de refaire sa vie ailleurs. Avec un pseudonyme, le monde s'offre a lui. En réalité, c'est la solitude qui l'attend car s'inventer un nom est aisé, mais une identité se compose de beaucoup plus qu'un nom et Mathias doit se créer une personnalité : tel est l'obstacle sur lequel bute son désir de liberté et rebondit cette aventure originale qui est considérée comme le chef-d'oeuvre romanesque de Luigi Pirandello. on v retrouve tous les thèmes qu'il traitera par la suite dans son théâtre. Revu par l'auteur, enrichi de considérations nouvelles, Feu Mathias Pascal s'accompagne désormais d'une postface essentielle pour la connaissance de Luigi Pirandello : l'un des rares textes où le grand écrivain défend et illustre, dans le ton de la polémique, le caractère et les modes de son inspiration.
Donna Mimma et autres nouvelles de Luigi Pirandello [ Nouvelles ] Résumé du livre En Sicile, Donna Mimma est aussi connue que la sorcière Befana ! Depuis trente-cinq ans, elle pratique l'art des accoucheuses et raconte aux enfants qu'elle a vu naître comment elle est allée les acheter loin, très loin, à Palerme. Mais une jeune pimbêche fraîchement diplômée débarque du continent et l'évince. Pour continuer d'exercer, Donna Mimma doit réapprendre son métier à l'université ! Le chevalier Piccarone a perdu sa femme il y a peu. Pour l'enterrement de sa bien-aimée, il n'a pas regardé à la dépense... Cependant, il s'interroge : à quoi sert un beau cercueil une fois la cérémonie passée ? Convaincu de sa mort prochaine, l'homme déloge la défunte et fait mettre la boîte de côté ! Entre réalisme et théâtralité, et sur fond de folklore sicilien, le recueil réunit cinq nouvelles tour à tour drôles, insolites et cruelles.
Luigi Pirandello

June 27
1936 27 juin
Julos Beaucarne
Est est un artiste (conteur, poète, comédien, écrivain, chanteur, sculpteur) belge, chantant en français et en wallon Né aux Écaussinnes le 27 juin 1936 et vit à Tourinnes-la-Grosse, en Brabant Wallon, Belgique Julos Beaucarne - Les Chaussettes de l’archiduchesse Et autres défis de la prononciation [Sciences humaines] Ton thé t'a-t-il ôté ta toux, tatie ? Les bronches de tous les amis de la francophonie en auront donné, aux acteurs apprentis et aux orthophonés avertis, mais alors gentiment, quand ils flirtent avec la contrepèterie, ces cocasses casse-tête que sont les virelangues jouent sadiquement d'assonances assassines inouïes à prononcer !
La biographie de Julos Beaucarne
En 1964, il enregistre son premier 45T, et son premier 33T Julos chante Julos sort en 1967. Il produit depuis environ un album tous les un à deux ans. Citons L'enfant qui veut vider la mer (1968), Julos chante pour vous (1969), Chandeleur 75 (1975), Les communiqués colombophiles (1976), Julos au Théâtre de la ville (1977), La p'tite gayole (1981), Chansons d'amour (2002), double album d'un concert donné avec Barbara d'Alcantara à la ferme de Wahenge, site des pagodes post-industrielles, près du village où il réside, et deux CD où il chante les poèmes qu'il a mis en musique.Le dernier CD est Le jaseur Boréal (2006) Ces albums se présentent comme des montages de chansons, de poèmes récités, de monologues humoristiques, de « prises de sons et d'extraits de voix »... ..Chaque album est ainsi une ambiance, plus qu'un concept, qui traduit de multiples façons un état d'âme particulier où se mêlent la révolte (lettre à Kissinger, Bosnie-Herzégovine), la tendresse (Y Vaut Meyeu S'bêtchi), l'humour (Pompes funèbres) et le quotidien, comme la voix de son voisin Ferdinand dans les « communiqués colombophiles ». Contrairement à d'autres chanteurs dits « à textes », la musique n'est pas dépréciée : deux albums instrumentaux sont même parus de ses mélodies (L'univers musical). Il refuse le vedettariat, a sa propre maison d'édition de disques et de livres (les Editions Louise-Hélène France), échappant ainsi aux obligations des majors de la publication. Il continue d'habiter dans son village de Tourinnes-la-Grosse en Wallonie, et intervient lui-même tout simplement sur le forum de son site internet.
Il faut s'aimer à tort et à travers C'est à la suite du meurtre de sa compagne Loulou (Louise-Hélène France) par un déséquilibré, à la Chandeleur 1975 que son style devient encore plus profondément humaniste. Il écrit cette nuit-là une lettre ouverte qui reste l'exemple poignant d'une analyse de la culpabilité de la société qui arme les mains des assassins, assorti d'un appel à « reboiser l'âme humaine » par « l'amour, l'amitié et la persuasion ». Nombre de ses chansons et de ses textes se rapportent à cette « séparance », comme il dit. Après ce drame, il voyagera, en particulier au Québec et renforcera ses liens avec les chanteurs francophones de la culture du Québec, selon la graphie du poète Raoul Duguay. Ami de Claude Nougaro, il appartient à une génération d'artistes qui ont donné à la chanson francophone ses plus beaux textes. À la mort du roi Baudouin, il a été choisi comme symbole du peuple belge pour chanter un hommage au roi défunt. Cet artiste qui a proposé un hymne national wallon aux paroles simples et pacifiques a par ailleurs été anobli en juillet 2002 par le Roi Albert II et peut porter le titre de Chevalier. Il a aussi signé le Manifeste pour la culture wallonne en 1983. Il excelle à mettre en chanson des poèmes, d'auteurs belges (en particulier Max Elskamp) ou non-belges, ce qui a donné naissance aux chansons Je ne songeais pas à Rose (de Victor Hugo), Je fais souvent ce rêve étrange (de Verlaine)...
Apôtre de l'écologie Pour le reste, Julos est depuis le début un infatigable apôtre de l'écologie, de l'amour entre les hommes, un vélorutionnaire d'avant-garde. New-age, diront certains, mystique pour d'autres, Julos Beaucarne échappe aux modes (« maladies mentales entretenues par le commerce »), vivant délibérément selon ses mots dans un âge post-industriel, où le monde sera « neuf ou veuf ». On lui doit, sous une allure de facétie terriblement sérieuse, la création de deux « mouvements » sans cartes ni membres répertoriés : le Front de Libération de l'Oreille, et le Front de Libération des Arbres Fruitiers, dont les initiales Flo Flaf (puis simplement FLO) sont devenues le titre d'un organe de liaison où il laisse aller sa plume, et publie certains textes d'amis poètes reconnus ou inconnus du grand public. Dernièrement Julos s'est essayé à la sculpture avec des objets de récupération et détournés de leurs usages premiers. Il a ainsi créé dans un champ, à la ferme de Wahenge en Belgique, un ensemble de 36 pagodes post-industrielles à partir de tourets de chantiers récupérés et empilés par ordre de taille décroissante.
Comédien Comédien, il a joué le « père Jacques » dans le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir. Julos est dans la vie comme dans ses chansons, simple, authentique, fidèle à son humanisme. En perpétuelle recherche d’un monde meilleur, il n’hésite pas à s’engager et à soutenir les causes qui lui paraissent justes et émancipatrices des hommes et des femmes du « village global ». Il se définit lui-même comme étant un homme dont « le terroir, c'est les galaxies ». En 2006, Julos a fêté ses « 20 ans depuis 50 ans » : Julos 70 est un évènementiel très couvert médiatiquement en Belgique (télés, radios, journaux). L'occasion pour l'artiste de présenter un nouveau spectacle et de sortir un CD de ses nouvelles chansons, un nouveau livre (l'intégrale des textes de ses chansons), un DVD d'un de ses spectacles, un nouveau site internet, des expos, des conférences... Il procède à cette occasion à une tarification unique de tout ce qu'il produit, 10 € pour un CD ou pour une entrée à un concert, l'idée étant de rester accessible à un grand nombre de son public.
Œuvres de Julos Beaucarne
1973 Répertoire d'étiquettes 1975 Julos écrit pour vous 1977 Aujourd'hui nous parlerons de notre Sibérie à nous la Fagne 1980 Mon terroir c'est les galaxies 1985 Entre le dire et le non-dire 1986 Étiquettes pour école cathodique 1987 J'ai vingt ans de chansons 1988 Le familier des nébuleuses 1989 L'appel de madame la baronne 1990 Brel 1991 9 chemins de non-retour 1992 Objets détournés 1992 Virelangue 1993 Daniela 1994 Voyage à la lisière de l'infini 1995 L'avenir change de berceau 1996 Réédition de Julos écrit pour vous 1997 Le navigateur solitaire sur la mer des mots 1999 Monde neuf 1999 Réédition de Brel en livre de poche 2000 Au fil de la tendresse 2000 Le navigateur solitaire sur la mer des mots 2000 Les arbres chemins entre ciel et terre 2001 RaveL ou l'aventure est au bout de la roue 2002 Front de libération de l'oreille et autres considérations 2004 Objets détournés de la Galaxie Julos 2006 Noémie la petite fourmi 2007 Les chaussettes de l’archiduchesse (Recueil)
Les citations de Julos Beaucarne
«A force de péter trop haut, le cul prend la place du cerveau.» [ Julos Beaucarne ]
«Au pays du rêve, nul n'est interdit de séjour.» [ Julos Beaucarne ]
«Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et... tu reproches à ton voisin d'être étranger !» [ Julos Beaucarne ]
«Au nom du pèze, du fisc et du saint bénéfice, on essaye de nous détourner de nous-mêmes. Mais si tout le monde suivait sa propre voie, il n'y aurait pas de chômage: chacun trouverait sa place et aurait une tâche particulière à accomplir.» [ Julos Beaucarne ]
«Mon terroir, c'est les galaxies.» [ Julos Beaucarne ]
«Mon métier est de vous dire que tout est possible.» [ Julos Beaucarne ]
«C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion. Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine.» [ Julos Beaucarne ]
La bibliographie de Julos Beaucarne
Monde neuf [Littérature Belge] Résumé du livre Ce livre n'est pas un livre, c'est un manuel de fertilisation des sols. Il va dans tous les sens, il est volontairement anarchique et casse avec toutes les habitudes. C'est un livre de dissident qui est parfois dissident de certaines dissidences. C'est un livre où le chiffre 9 est roi, où les pagodes post-industrielles sont légion, un livre où l'on recycle l'ancien pour en faire du neuf, un livre où toutes les couleurs ont droit de cité, un livre que l'on parcourt avec le vélo de ses lunettes...
Julos écrit pour vous [Littérature Belge] Résumé du livre "L'une des toutes premières chansons enregistrées par Julos Beaucarne en 1967 s'appelait "Le Serrurier magique". Trente ans plus tard, le personnage n'a guère dévié de sa route. Toujours magicien, jouant du rêve, de la tendresse et du fantastique pour illuminer en profondeur son théâtre de marionnettes. Et plus que jamais serrurier. Serrurier du verbe, habile à son parcours d'artisan, ouvrant des sentiers de vagabondage dans les cloisonnements de nos coeurs. Julos est passé maître depuis longtemps et pourtant il ne cesse jamais d'apprendre à mieux polir le mot ou la note, à plus finement ciseler la phrase, à modeler avec encore plus d'audace les reliefs du silence. Le résultat en est un lourd fardeau d'expérience, où s'entrelacent pêle-mêle des bonheurs fous et des chagrins à déchirer les pierres, des odeurs de terre, d'humus et d'arbres fruitiers, des danses villageoises et des rires de gosses, des ogres et des roses, des marquis et des cosmonautes, des marins, des printemps... Tout Julos est là, dans sa faconde, sa cocasserie, sa profondeur."
Julos Beaucarne

June 25 1858 25 juin Georges Courteline De son vrai nom Georges Victor Marcel Moinaux Né le 25 juin 1858 à Tours Décédé le 25 juin 1929 à Paris Inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89) Il est le fils de l'humoriste Jules Moineaux (auteur des Tribunaux comiques)
Georges Courteline - Messieurs les ronds-de-cuir La cigarette jaillie des dessous de la moustache et les cuisses baignées de pénombre, celui-ci semait des signatures, pour ampliations conformes, au bas d'arrêtés ministériels. De sa dextre bien soignée, il les étendait, griffes d'empereur, sur la demi-largeur du papier, puis immédiatement, les séchait, le bloc-buvard secoué, en sa main gauche, du tangage précipité d'un petit bateau qui va sur l'eau. Le chef entra, vint droit à lui, s'arc-bouta de ses doigts aux minces filets de cuivre qui cerclaient l'acajou de la table, et posa cette question bien simple : Je viens savoir de vous, monsieur, si la Direction des Dons et Legs est une administration de l'Etat ou une maison de tolérance.
La biographie de Georges Courteline
Georges Courteline se définit lui-même comme un observateur avisé de la vie quotidienne. S’inspirant de ses expériences de militaire, d’employé au ministère des Cultes, d’habitué des cafés parisiens, ou de promeneur solitaire, il s’efforce de retranscrire les petites comédies humaines qui l’entourent en pièces d’un acte, contes ou romans. Il met ainsi en scène des personnages comiques par le contraste qui existe entre leur modeste condition et leur ego très développé. Des fonctionnaires grisés par leur statut, des employés revendicatifs, des maris pleutres ou des dandys fêlés se retrouvent pêle-mêle dans une œuvre magistrale. Tout le génie de Courteline est de faire rire le public tout en attirant la sympathie et l’indulgence pour ces personnages si vrais et si humains. Il touche ainsi aux sources vives de la comédie en suivant sa définition dépeindre les mœurs en riant. La plume de Courteline a la simplicité et la pureté des grands classiques. Elle lui vaut une reconnaissance rapide. André Antoine lui demande d’écrire pour son Théâtre-Libre, Boubouroche entre au répertoire de la Comédie-Française en 1910, et Courteline est élu à l’Académie Goncourt en 1926.
A Montmartre Loin d'avoir été un Montmartrois d'occasion il fut un authentique enfant de la Butte. Fidèle à Montmartre il alla jusqu'à renier sa déclaration qui le fit naître à Tours. Il n'avait pas 5 ans lorsque ses parents s'installèrent à Montmartre rue de La Fontenelle puis rue du Chevalier-de-la-Barre. Marié, il s'installa au 89 de le rue Lepic. Petit homme sec, ronchonnant et rouspétant, il descendait, tous les jours et à la même heure, la rue Lepic pour se rendre Avenue Trudaine à l'Auberge du Clou qu'il fréquenta régulièrement de 1888 à 1893. Là il commandait un "précipité", mélange de Pernod et d'anisette. Il corrigeait des articles destinés à L'Echo de Paris ou jouait aux cartes tempêtant, enguirlandant ses parteniares. Mais il se livrait aussi à de sacrés canulars. Ainsi il créa l'Idiomètre. C'était un tube de verre gradué de 10 à 50 rempli d'alcool coloré en rouge et communiquant par un long tuyau en caoutchouc avec le sous-sol. Selon un langage convenu avec Courteline un compère soufflait plus ou moins fort pour faire monter l'alcool dans le tube. De la sorte chacun, en prenant en main le tube, pouvait connaître son degré de stupidité. Le patron, qui n'était pas au courant de cette supercherie, dut lui aussi passer à l'épreuve. Bien entendu l'alcool monta au maximum aspergeant le patron et les clients les plus proches. Courteline revint quelques années plus tard, mais il jouait au bridge et buvait des boissons plus légères. Le café fut pendant longtemps son laboratoire, dans lequel il rencontra ses "échantillons de la bêtise humaine".
Œuvres de Georges Courteline
Les Gaîtés de l'escadron, 1886 Les Femmes d'amis, 1888 Le Train de 8 heures 47, 1888 Messieurs les ronds-de-cuir, 1893 Boubouroche, 1893 Ah ! Jeunesse !, 1894 La Peur des coups, 1895 Monsieur Badin, 1897 Une lettre chargée, 1897 La Voiture versée, 1897 Les Boulingrin, 1898 Le gendarme est sans pitié, 1899 Le commissaire est bon enfant, 1900 L'Article 330, 1900 Les Balances, 1901 La Paix chez soi, 1903 La Conversion d'Alceste, 1905 La Cruche, 1909 Les Linottes, 1912 Le Gora, 1920 Godefroy, pièce en un acte avec une musique de Claude Terrasse
Les citations de Georges Courteline
«Je parle des choses que je sais, de préférence à celles que j’ignore.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Un des plus clairs effets de la présence d'un enfant dans un ménage est de rendre complètement idiots de braves gens qui sans lui n'auraient été que de simples imbéciles.» [ Georges Courteline ]
«Il y a des gens chez lesquels la simple certitude de pouvoir les satisfaire fait naître des besoins spontanés.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Payer ce qu’on doit est le meilleur moyen de ne pas s’exposer à payer un jour plus que son dû.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«“Tromper", toute la femme est là.» [ Georges Courteline ] - Bourbouroche
«Déterminé à vivre en parfait honnête homme, je m'applique à tourner la loi, partant à éviter ses griffes.» [ Georges Courteline ] - L’article 330
«Dis ce que tu penses. Paye ce que tu dois. Ne vends pas plus cher que ça ne vaut.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Les baisers sont bons partout où on les trouve.» [ Georges Courteline ]
«Faites donc l'âne pour avoir du son !» [ Georges Courteline ] - Un client sérieux
«Tu n'empêcheras jamais les gens qui aiment d'être jaloux.» [ Georges Courteline ] - Bourbouroche
«L'absence de sens, chez la femme, est encore le meilleur garant qu'on puisse espérer de sa fidélité.» [ Georges Courteline ]
«Il est des gens trop haut placés par la dignité de leur vie, par la noblesse de leur caractère, par la nature même des fonctions qu'ils exercent, pour que la moindre éclaboussure atteigne seulement jusqu'à leurs semelles.» [ Georges Courteline ] - Un client sérieux
«Pour le diplomate, le dernier mot de l'astuce est de dire la vérité quand on croit qu'il ne la dit pas, et de ne pas la dire quand on croit qu'il l'a dit.» [ Georges Courteline ]
«Pour savoir qu'un verre était de trop, encore faut-il l'avoir bu.» [ Georges Courteline ]
«Le raisonnement de l'humanité tient tout entier dans cette bassesse : "Si je ne te crains pas, je me fous de toi."» [ Georges Courteline ] - L’article 330
«On devrait décorer quiconque attendrait l’âge de soixante ans. La vanié des hommes est telle que la plupart d’entre eux pratiqueraient la sobriété et la sagesse dans l’espoir de devenir vieux et d’avoir la croix d’honneur.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Il y a deux sortes de femmes : celles qu'on compromet et celles qui vous compromettent.» [ Georges Courteline ]
«Le dédain de l'argent est fréquent, surtout chez ceux qui n'en ont pas.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Quelles fibres me lient donc à toi, que toutes mes énergies d'homme ne puissent suffire à les briser ?» [ Georges Courteline ] - Bourbouroche
«Si les juges se mettent à donner gain de cause à tous les gens qui ont raison, on ne sait plus où l'on va.» [ Georges Courteline ] - Bourbouroche
«La république serait bien ce qu'il y a de plus bête au monde, si l'anarchie n'était plus bête qu'elle encore.» [ Georges Courteline ] - L’article 330
«La vie est si dure Qu’il faut être indulgent aux gens de procédure.» [ Georges Courteline ] - La conversion d'Alceste
«Contre la force, il n'y a pas de résistance...» [ Georges Courteline ] - Un client sérieux
«La justice n'a rien à voir avec la loi, qui n'en est que la déformation, la charge et la parodie.» [ Georges Courteline ] - L’article 330
«On n'a pas vécu huit ans avec une femme sans être fixé sur son compte.» [ Georges Courteline ] - Bourbouroche
«J’ai connu une femme qui voulait divorcer pour ne pas rester l’épouse d’un mari trompé.» [ Georges Courteline ]
«On doit la vérité aux gens intelligents, mais on doit le mensonge aux imbéciles.» [ Georges Courteline ]
«La femme ne voit jamais ce qu'on fait pour elle ; elle ne voit que ce qu'on ne fait pas.» [ Georges Courteline ] - La paix chez soi
«Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l'entend pas.» [ Georges Courteline ]
«Il y a deux sortes de mariages : le mariage blanc et le mariage multicolore parce que chacun des deux conjoints en voit de toutes les couleurs.» [ Georges Courteline ]
«Nous sommes bien faits, ami, pour nous comprendre ! Pour être l’un à l’autre et, dans tout, de moitié !» [ Georges Courteline ] - La conversion d'Alceste
«Le théâtre, c'est du carton et c'est du plâtre... Mais c'est tout de même la vie... Comprenez-vous çà ?» [ Georges Courteline ]
«La question est de savoir si nous devons garder plus de rancune aux femmes des peines qu’elles nous auront faites ou plus de reconnaissance des ivresses qu’elles nous aurons prodiguées.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«L’auteur toujours aime à voir imprimés Et livrés au grand jour les vers qu’il a rimés.» [ Georges Courteline ] - La conversion d'Alceste
«On peut battre une femme quand il n'y a pas d'autre moyen de la faire taire.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
«Qui donne la leçon doit l'exemple. Sévérité bien ordonnée commence par soi-même.» [ Georges Courteline ] - Le gendarme est sans pitié
«Des leçons de la vie éternel apprentis, Le juste n’est jamais qu’un pécheur converti !» [ Georges Courteline ] - La conversion d'Alceste
«Il suffit neuf fois sur dix à un honnête homme échoué dans les toiles d'araignée du Code, de se conduire comme un malfaiteur pour être immédiatement dans la légalité.» [ Georges Courteline ] - Théâtre
«Les gens traverseront Paris pour vous emprunter un livre. Ils ne monteront pas un étage pour vous le rendre.» [ Georges Courteline ]
«Les pianos devraient être frappés de deux impôts : le premier au profit de l'Etat, le second au profit des voisins.» [ Georges Courteline ] - La philosophie de Georges Courteline
La bibliographie de Georges Courteline Ah ! Jeunesse ! de Georges Courteline [Roman] Résumé du livre S'éprendre de la vedette des Folies-Modernes, rêver de l'inviter à déjeuner, voler sa propre mère pour obtenir la somme nécessaire aux agapes et croire que la dame viendra au rendez-vous, voilà ce qu'on fait quand on a dix-sept ans. Est-on niais, est-on godiche! Ah! jeunesse... a bêtise, la nôtre, nous perd souvent; celle des autres nous sauve parfois : les mésaventures de l'honnête La Brige le démontrent. Il n'est que de lire Hortense couche-toi ou La lettre chargée, Le piano, Le mauvais cocher et la douzaine d'autres nouvelles de ce volume, où Courteline exerce sa verve célèbre aux dépens de quelque Adèle, Irma ou Médard, quand il ne crayonne pas une charge mi-figue mi-raisin où La gourde n'est pas celle qu'on pense.A moins que ce moraliste gai ne se délecte en la folle compagnie du Pointeur de cloches ou celle, plus douce, des Souvenirs Je l'escadron et de la « cheur » Sainte Apollinaire
Le commissaire est bon enfant de Georges Courteline [Théâtre] Résumé du livre L'autorité a ceci de commun avec les vins généreux qu'elle monte souvent à la tête de ceux qui en sont investis et les transforme en despotes au petit pied. Ainsi en est-il de ce commissaire de police, gardien de la tranquillité publique, qui assure d'abord la sienne en rejetant avec rondeur tout ce qui risque de la troubler... jusqu'au jour où cette méthode lui retombe sur le nez: le fou Floche venge l'humble Punèz, l'honnête Breloc et autres citoyens victimes de ce que le commissaire est bon enfant. N'y aurait-il donc que la folie qui soit capable de vaincre le rond-de-cuir retranché derrière les articles du Code ? L'obstiné La Brige en fait l'expérience dans L'Article 330 dont treize mille six cent quatre vingt sept personnes réclament contre lui l'application pour outrage à la pudeur. La drôlerie de ses démêlés est justement célèbre. Dans Les Balances, La Brige, encore, se noie dans les courants contraires d'une administration qui l'oblige le plus légalement du monde à réparer une maison en lui interdisant de le faire. Seul le feu pourrait le sauver. Mais quel remède donnera La Paix chez soi au feuilletoniste Trielle aux prises avec les conséquences qu'une fringale de lanterné vénitienne impose à son épouse Valentine ? Georges Courteline est un humoriste qui sait être impitoyable et tendre tour à tour.
Boubouroche / Lidoire et Potiron de Georges Courteline [Théâtre] Résumé du livre Imaginez « une façon de colosse, mastoc et apoplectique » qui jadis, d'un coup de poing, a tué un quidam malotru. On lui dit que son Adèle le trompe. Il voit rouge, monte chez elle. C'est vrai : un homme se cache dans le buffet. Que fera le colosse ? Rien, car plutôt que de croire ses yeux il préfère croire Adèle : voilà Boubouroche. Il y a sur terre beaucoup de braves gens à son image qui ne voient malice nulle part et en pâtissent, tel le patient cavalier Lidoire, aux prises avec l'ivresse de son ami La Biscotte, ou l 'Exempt de Cravate coincé par le règlement comme ne le sera jamais le « louchébem » réserviste Potiron. Gaietés de la vie civile et militaire racontées en seize nouvelles où le rire fuse de page en page ? que l'humour prenne la teinte rose de l’œil de Veau ou presque noire des Têtes de Bois dans la meilleure veine comique de Courteline.
Les femmes d'amis de Georges Courteline [Roman] Résumé du livre Les femmes d'amis, d'accord, c'est sacré. Mais le hasard on les amis eux-mêmes aidant, il arrive que l'on se plonge malgré soi dans des aventures peu ordinaires, d'où l'on ressort sans femme et sans amis, tout quinaud, ou, ma foi, tout content de s'en être tiré à si bon compte! D'autre part, se méprendre sur ce qu'attend de vous la femme d'ami qui vous entraîne au domicile conjugal passé minuit quand son mari voyage comporte des surprises si l'héroïne a le plumage aussi blanc que la douce oie nommée Madeleine. C'est que les femmes d*amis ont un drôle de caractère, témoin Henriette l'éternelle insultée, ou Margot l'anémique. Courteline compose cette galerie de portraits avec la malice et la finesse d'observation qui font le succès de son théâtre. Rien n'y manque, pas même la cruauté du sort et la sottise de l'administration. C*est la vie vue par un humoriste qui sait être féroce à bon escient.
Les gaîtés de l'escadron de Georges Courteline [Roman] Résumé du livre "Mon colonel, j'ai à vous dire que la soupe ne vaut rien." Grâce à cette simple phrase, La Guillaumette est entré pour toujours dans l'Ilade du simple soldat français. Il y voisine avec l'adjudant Flick, inventeur de corvées stupides et de punitions imméritées, avec Laplotte et Fricot, les rois du tire-au-flanc, avec le pauvre Laperinne tué par sa propre flemme. Qui peut oublier l'épopée du fromage de têt ou les démélés du bleu avec le cheval Macadam ? Comme dit Courteline lui-même : " Toute l'ânerie militaire est là." Ce grand comique a voulu faire rire du sous-off arbitraire, du capitaine alcoolique, du général absurde, parce qu'il savait que le rire est l'arme imparable. Et quand il a tout dit de ce qui pourrait aussi bien faire pleurer : "l'existence du militaire est pleine de ces heures charmantes", car il partageait aussi l'humour des humbles qui les sauve du désespoir.
Les linottes de Georges Courteline [Roman] Résumé du livre Deux fois par semaine, fuyant l'ail qui parfume l'haleine avec une ténacité indiscrète, Robert Cozal remplace par du fromage blanc l'habituel saucisson de son casse-croûte matinal. C'est une coquetterie qu'explique la venue, le lundi et le jeudi, de sa maîtresse la charmante Mme Marthe Hamiet. Quoi de plus pratique qu'un horaire régulier dans ses amours? Cela donne à Robert, nature légère et cœur d'amadou, toute latitude pour goûter d'autres charmes à d'autres heures. Mais une entorse à l'horaire fait que Marthe le surprend à lutiner la blanchisseuse Anita. Brouille, bouderie, silence. Sur quoi Robert, voulant se raccommoder, accepte de dîner avec le mari et se trouve séduit par cet imaginatif au point de lui confier l'opéra-bouffe qu'il compose. Et voilà comment débute cette joyeuse histoire où Courteline portraiture avec ironie les linottes perchées sur la Butte Montmartre au temps où cette Butte était encore champêtre.
Un client sérieux de Georges Courteline [Théâtre] Résumé du livre Ayant reçu un « marron » sur l'oeil, Alfred, limonadier à l'enseigne du Pied qui remue, cite en justice l'auteur de cette voie de fait, le lampiste Lagoupille. Hélas, trop parler nuit et à exposer franchement l'affaire Alfred donne à l'adversaire des armes que celui-ci (en l'occurrence l'avocat Barbemolle) est d'ailleurs capable de fabriquer tout seul. Ainsi les honnêtes gens sont-ils les jouets d'un avocat véreux, d'un juge pressé, d'un substitut hanté par la crainte de la révocation. C'est du moins la conclusion d'Un Client sérieux. Mais, dira-t-on, il est des magistrats intègres, sérieux eux aussi. Alors lisez ce qu'il advient à La Brige, victime d'Une Opposition. La loi elle-même s'en mêle pour compliquer la vie, comme si l'on n'avait pas assez de sa propre sottise pour commettre des gaffes à l'instar de Théodore qui cherche ses allumettes ou du Chevalier Hanneton, victime d'une trappe. Ironique, cocasse, mais aussi sans pitié, voilà l'existence telle que la dépeint Courteline dans une douzaine de charges comiques dont le trait est toujours juste et la moquerie bon enfant.
Georges Courteline

June 24 1911 24 juin Ernest Sabato Est un écrivain argentin d'origine italienne et Albanaise Né à Rojas, dans la province de Buenos Aires le 24 Juin 1911 Physicien, romancier, essayiste et critique littéraire, son œuvre d'inspiration mêle réalisme et métaphysique, où il témoigne de la difficulté de vivre dans le monde moderne. Il est également auteur d'essais sociopolitiques (Sartre contre Sartre, 1968) Ernesto Sábato allie une réflexion sur le monde à une puissante créativité. Son influence est remarquable, en regard du nombre limité de ses œuvres. Ernest Sabato - Le tunnel [Roman] Juan Pablo Castel, un peintre, tente d'expliquer la logique insensée qui l'a conduit, presque malgré lui, à assassiner la femme qui était devenue sa seule raison de vivre. Par-delà l'intrigue policière et le drame de la jalousie, ce roman est l'illustration de la solitude consubstantielle de l'homme moderne. A sa parution, en 1948, Le Tunnel fut salué comme un chef d'œuvre par Albert Camus et Graham Greene. Il est demeuré, à ce jour, l'un des plus grands romans de la littérature latino-américaine. Avis Ah, quel intelligent, cet Ernesto "Hum, je n'ai ke 14 ans et j'ai pris ce livre par hasard, surtout qu'il avait l'air assez naze. Mais en refermant ce livre, je me suis sentie un peu comme lui, incomprise. Je me retrouve un peu dans sa personnalité, son égocentrisme, et pourtant sa conception de la vie est effarante. Un passage m'a marquée, je cite: "il est facile d'être modeste quand on est célèbre ; je veux dire avoir l'air modeste'. On découvre tout à coup, sous la forme la plus subtile: la vanité de la modestie"." Inoubliable ! "Petit roman court et vite lu, mais qui reste imprimé en soi. Juan Pablo est fou non parce qu'il ne raisonne pas mais parcequ'il raisonne trop. J'ai trouvé ce livre très universel ( je n'y retrouve pas des traces typiques de littérature sud-américaine). Le titre est subjugant !" Le bonheur est entouré de douleurs "Dans cette inutile comédie qu'est la vie, « le bonheur est entouré de douleurs ». Celles qui nous empêchent de laisser entrer la lumière dans le tunnel de nos angoisses, de nos peurs, de notre solitude. L'amour est-il possible dans ces conditions& ?"
La biographie d'Ernest Sabato
Après des études de sciences physiques et de philosophie où il obtient un doctorat en physique à l'université de La Plata, il se rend à Paris où il séjourne deux années dans les années 1930, interrompues par un bref retour en Argentine. Deux années décisives de l'avant-guerre durant lesquelles il mène une double vie: assiste aux cours à la Sorbonne puis travaille en tant que chercheur en sciences le jour, au sein du prestigieux Institut Curie aux côtés de Irène et Frédéric Joliot-Curie, et devient poète le soir à Montparnasse, en compagnie des surréalistes dont il fait connaissance. De retour en Argentine, après un passage au M.I.T. de Cambridge (États-Unis), il continue de mener des travaux sur la relativité. En 1940 il enseigne à l'université de La Plata. Il abandonne définitivement les Sciences en 1945 afin de se consacrer exclusivement à la littérature. En 1945, il écrit des articles littéraires pour le journal la Nación qui mécontentent le régime de Péron et l'obligent à quitter son poste d'enseignant. Il entreprend alors la rédaction de Uno y el Universo, un recueil de réflexions et d'observations sur la politique, la société et la philosophie, dans lequel il déplore la neutralité morale de la science. Directeur pendant un an de l'hebdomadaire Mundo argentino, collaborateur de divers périodiques américains et européens, il a publié trois romans et de nombreux essais généralement polémiques. Nommé par le gouvernement de Raúl Alfonsín, où il est président de la commission d'enquête sur les personnes disparues en Argentine pendant la dictature (CONADEP), il recueille des milliers de témoignages de tortures, d'enlèvements, de viols et de crimes perpétrés par les militaires et publiés à Buenos Aires en 1985 dans le livre Nunca más [Jamais plus]. Atteint d'une grave maladie oculaire, il cesse d'écrire et se consacre à la peinture (exposition au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou en 1989). Il vit aujourd'hui en Argentine, dans la province de Buenos Aires.
La littérature L'univers romanesque de Sabato restera marqué par ces deux aspects de sa personnalité. Un va et vient passionné entre apologies et rejets, une alternance en quête d'interprétations valides de l'Homme et du monde. Une recherche pleine de curiosité, une plaidoirie en défense de la contradiction, une vie que pourraient résumer ces mots de l'écrivain : On s'embarque pour des terres lointaines, on cherche la nature, on est avide de la connaissance des hommes, on invente des êtres de fiction, on cherche Dieu. Et puis on comprend que le fantôme que l'on poursuit n'est autre que Soi même. Son premier roman, Le Tunnel, salué par Albert Camus et Graham Greene parait en 1948. Suivront Héros et tombes, considéré comme son chef-d'œuvre, en 1961, puis L'Ange des ténèbres qui constituent une trilogie de Buenos Aires.
Œuvres choisies d'Ernest Sabato
Roman 1948 : Le Tunnel (El túnel) 1961 : Héros et tombes ou parfois Alejandra (Sobre héroes y tumbas) 1974 : L’Ange des ténèbres (Abaddón el exterminador)
Les citations d'Ernest Sabato
«Il arrive à chacun de se croire un surhomme tant qu'il ne s'est pas aperçu qu'il est en même temps mesquin, impur et perfide.» [ Ernesto Sabato ] - Le tunnel «Etre original, c'est, en un sens, mettre en valeur la médiocrité des autres, ce qui me paraît d'un goût très douteux.» [ Ernesto Sabato ] - Le Tunnel «L'espérance ne serait-elle pas la preuve d'un sens occulte de l'existence, une chose qui mérite qu'on lutte pour elle ?» [ Ernesto Sabato ] - Alejandra «La vérité est parfaite pour les mathématiques, la chimie, la philosophie, mais pas pour la vie.» [ Ernesto Sabato ] - Alejandra «L'échec de beaucoup de personnes nous sauve un peu.» [ Ernesto Sabato ] - Extrait d’ Alejandra «Le sexe est une des formes primaires du pouvoir.» [ Ernesto Sabato ] - Tango «Le tango : une pensée triste qui se danse.» [ Ernesto Sabato ] - Tango « La raison n'est pas utile à l'existence.» [ Ernest Sabato ]
La bibliographie d'Ernest Sabato Héros et tombes d'Ernest Sabato [Roman] Résumé du livre Œuvre maîtresse d'Ernesto Sábato, ce livre relate l'histoire d'un amour, celui qui unit et déchire tour à tour Martin del Castillo, un jeune homme désenchanté et Alejandra, une jeune fille tourmentée. L’histoire nostalgique d'une ville, Buenos Aires. Et l'histoire d'une secte, celle des aveugles, impitoyable, dont quelqu'un tente ici, au prix de sa vie, de nous dévoiler les ramifications infinies. Une histoire fantomatique, d’ombres et de lumières. Héros et Tombes, écrivait W. Gombrowicz, « appartient à un genre des plus suspects : celui des romans dont la lecture se termine souvent à quatre heures du matin. » Dans le triptyque du Mal, le deuxième volet Héros et Tombes (1961), on observe la mise en valeur des forces occultes, fresque monumentale de l'histoire et de la vie argentines à travers la multiplicité de recours expressifs et de la linéarité du temps. Le sang tourne toujours au vinaigre dans les veines du jaloux, il se trouble, s'épaissit, explore de cavités oubliées. Le roman, c'est le sang, mais le sang contaminé c'est le mauvais rêve. Une nouvelle fois, Sábato déroule les prestiges de l'écriture, sans jamais cesser de fixer le gouffre infini qui l'attire. Le jeune Fernando Vidal Olmos décide de plonger dans le repaire des aveugles et découvre le royaume de mort et de désolation. Ce roman est une descente. Mais toute descente est une remontée, toute plongée est riche de ce qu'elle ramène à la surface lumineuse. C'est encore, dans ce deuxième roman, l'histoire d'un amour malheureux et le cliché de la jalousie destructrice. La jalousie serait-elle comme la mélancolie, une maladie qu'il faut saigner ? Sabato peigne l’univers illimité du Mal, même si pointe, dans les toutes dernières pages, l'espoir d'une libération par la découverte émerveillée des territoires glacés de la lointaine et claire Patagonie. Avis Triste, beau. "Œuvre étrange, déroutante, poisseuse. On songe à Gombrowicz, à Garcia-Marquez, puis on se laisse bercer par ce monde triste, déséquilibré et absurde. Un écriture fine, une poésie empreinte de tristesse, un très beau livre."
L'ange des ténèbres d'Ernest Sabato [Roman] Résumé du livre Ce troisième roman présenté d'emblée par Sabato comme son dernier est la chronique des persécutions endurées par l'écrivain pour avoir osé peindre un monde sans esprit, livré à tous les modes de terreur. Chronique du combat d'un créateur mêlé à l'univers de ses propres personnages, chronique d'un pays où les chambres de torture voisinent avec les salons littéraires, ce livre décrit enfin une civilisation marquée par le triomphe des " ténèbres ", triomphe que symbolise cette lettre dans laquelle un anonyme, s'adressant à l'ONU, demande à être radié de la race humaine.
Avant la fin d'Ernest Sabato [Mémoires] Résumé du livre Dans un faubourg de Buenos Aires, un vieil homme écoute Schumann et le chante des oiseaux. Il médite sur l'insurmontable douleur de perdre un enfant et sur al détresse de tous les enfants d'un monde que notre siècle a empli d'une horreur d'Apocalypse après y avoir fait naître tant d'espérance. Ernesto Sabato est un témoin majeur de cette histoire proche, où il a croisé Marie Curie, Thomas Mann, André Breton, " Che " Guevara, Cioran, Borges, Gombrowicz, et surtout Albert Camus dont la stature, à l'heure des bilans, domine le siècle. Scientisme, stalinisme, surréalisme, nazisme avec résurgence argentine en 1976, péronisme, existentialisme, esthétisme : Sabato a traversé, non sans blessures, toutes ces aventures et abominations ave une rectitude morale et une lucidité hors pair. En témoignent, du Tunnel jusqu'à ces Mémoires, les livres d'un homme pour qui la littérature n'est ni une mode, ni un jeu, ni un négoce, mais un engagement vital et métaphysique. Un homme dont le pessimisme de combat n'empêche pas la foi en l'utopie.

Ernest Sabato

June 23 1908 23 juin Kunikida Doppo Est un écrivain japonais qui publia des romans ainsi que des recueils de poésie romantique pendant l'ère Meiji Né le 15 juillet 1871 à Chōshi Décédé le 23 juin 1908 à Tōkyō Il est l'un des initiateurs du naturalisme japonais. Kunikida Doppo - Le Receuil De La Falaise Verte [Littérature bouddhique] Maryse et Masumi Shibata continuent à nous livrer le fruit de leurs recherches de textes, inédits en France, du Tch'an chinois et du Zen japonais. Ils nous offrent ici les dix-sept kôans principaux tirés du Recueil de la Falaise verte, la bible des fameuses phrases énigmatiques parfois employées par les maîtres du bouddhisme extrême-oriental pour éveiller leurs disciples. D'une rare et surprenante poésie, ces kôans, appelés également "règles", sont commentés par des grands maîtres de la tradition. Cet ouvrage présente aussi d'autres oeuvres empreintes des subtilités de l'"esprit d'éveil" cher au Tch'an et au Zen : La Montagne froide réunit des poèmes de Han-chan, ermite chinois du IXème siècle; Le monde est lamentable et mélancolique est un conte inoubliable de Kunikida Doppo, écrivain japonais de l'ère Meiji, qui assista aux bouleversement vécus par le Japon traditionnel au XIXème siècle ; enfin, des poèmes de Sengaï (1750 - 1837) regroupés sous le titre Le monde est éphémère mais je suis joyeux.
La biographie de Kunikida Doppo
Jeunesse Son vrai nom est Kunikida Tetsuo. Il y a doutes quant à l'identité de son père. Élévé par sa mère et le mari de celle-ci, samouraï, ils déménagèrent à Tōkyō en 1874, puis vers la préfecture de Yamaguchi ; le jeune Kunikida grandit donc à Iwakuni. Il eut un grand amour pour la nature grâce à la région rurale de Choshu dans laquelle il grandit. Ceci influença profondément le naturalisme de ses œuvres. Il abandonna ses études en 1888 pour aider à subvenir aux besoins de sa famille, mais partit un an plus tard pour Tōkyō pour les reprendre. Il étudia à la faculté d'anglais de la Tokyo Semmon Gakko (aujourd'hui l'Université Waseda). S'intéressant à la démocratie occidentale, son attitude politique rebelle envers l'administration de l'école résulta en son expulsion en 1891. Il se convertit au christianisme à l'âge de 21 ans, baptisé par Uemura Masahisa. Sa religion et la poésie de William Wordsworth influenceront son style littéraire.
Carrière Il fonda un magazine littéraire, Seinen bungaku (« Littérature pour la jeunesse ») en 1892, et commença son journal intime Azamukazaru no ki (« Un Témoignage honnête ») en 1893, l'année où il commença à enseigner l'anglais, les mathématiques et l'histoire à Saiki, une autre région rurale du pays. Il rejoignit le journal Kokumin Shimbun en 1894 en tant que correspondant de guerre. Ses articles sur le front de la guerre sino-japonaise, très respectés, seront publiés dans un recueil posthume appelé Aitei Tsushin (« Communiqués à un frère aimé »). L'année suivante, il s'installa de nouveau à Tōkyō. Il y édita le magazine Kokumin no Tomo (« L'Ami de la nation »), et y rencontra celle qui deviendra plus tard sa femme, Sasaki Nobuko (Arishima Takeo est supposé avoir basé son célèbre roman Aru Onna sur elle). Ils se marièrent en novembre 1895 malgré l'opposition de la famille de Sasaki (sa mère l'encouragea à se suicider plutôt que se marier avec Kunikida). Doppo ayant ensuite des difficultés financières, Sasaki, enceinte, divorça après seulement cinq mois. Ce mariage raté traumatisa le poète ; sa dépression et son angoisse peuvent se lire dans Azamukazaru no ki, publié de 1908 à 1909. Peu après son divorce, son style se tourna vers la poésie romantique ; il fut le co-auteur de Jojoshi (« Poésie lyrique »), un recueil de poésie publié en 1897, avec Tayama Katai et Yanagita Kunio. C'est en cette époque aussi qu'il publia plusieurs poèmes qui seront plus tard recueillis dans Doppo gin, ainsi que la nouvelle Gen Oji (« Vieux Gen »). Il introduit un nouveau style de littérature romantique lyrique. Il se remaria en 1898 avec Enomoto Haruko et publia son premier recueil de nouvelles, Mushashino (« La Plaine de Mushashi ») en 1901. Toutefois, son style commença à se changer. Quoique Haru no Tori (« Oiseaux de printemps »), atteindra les plus hauts sommets du romanticisme de l'époque, ses œuvres postérieures, dont Kyushi (« La Mort d'un pauvre ») et Take no Kido (« La Porte de bambou »), indiqueront une préférence pour le naturalisme. Après la Guerre russo-japonaise de 1905, Kunikida fonda une maison d'édition qui fera faillite deux ans plus tard. Il tombera malade de tuberculose en 1907 et en mourra l'année suivante à l'âge de 38 ans. Sa tombe est dans le cimetière Aoyama de Tōkyō
Œuvres de Kunikida Doppo
Le Vieux Gen (1897) L'Îlot du large dans Les Cinq continents, La Tristesse d'un enfant (1902) La Chasteté (1907) Le Rire dans les larmes (1908)
La citation de Kunikida Doppo
«Les filles, soyez ambitieuses (l’écrivain s’adresse aux femmes japonaises modernes, les « moga »).» [Kunikida Doppo]
La bibliographie de Kunikida Doppo Le Vieux Gen, dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II. de Kunikida Doppo [Poésie] Résumé du livre Gen-oji, ici traduit, est un récit de la première période, inclus dans le recueil intitulé Musashino (1901) et qualifié par la critique japonaise tant de poème en prose que de récit. Le texte n'est pas rédigé en langue moderne, mais, ce qui était encore courant à l'époque, en un limpide japonais classique. L'histoire reflète l'intérêt que Doppo eut tout au long de sa vie pour les petites gens, ainsi qu'on peut le voir dans ses autres récits Gyūniku to jagaimo (Viande et patates, 1901), Shuchū nikki (Journal d'ivresse, 1902) et le recueil Wasureenu hitobito (Personnages inoubliables).
Kunikida Doppo

June 22 1926 22 juin
Tadeusz Konwicki
Est un écrivain, cinéaste et scénariste polonais Né le 22 juin 1926 à Nowa Wilejka, aujourd'hui en territoire lituanien Tadeusz Konwicki - Roman de gare contemporain Au lendemain d'une soirée trop arrosée, le narrateur, l'auteur lui-même, est réveillé par des policiers qui l'accusent de meurtre. Dans sa chambre gît, en effet, le corps d'une jeune femme. Serait-ce Véra, sa conquête de la veille ? Le héros, pourtant, a la certitude de ne pas l'avoir tuée. Arrêté, libéré, incapable de comprendre ce qui lui arrive, il va s'efforcer de tirer au clair ce malentendu. Mais son enquête n'aboutit qu'à la découverte d'étranges virus, dont il se serait cru préservé. Ce roman, dans sa légèreté, révèle l'aspect confus et absurde de la réalité. Il pourrait n'être qu'une parabole d'un grotesque grinçant; c'est avant tout un roman du désespoir, où les failles que l'effondrement du communisme a provoquées font vaciller une société : trafics et magouilles, intrusion de la drogue, activisme des slavophiles, reconversion des anciens indics de la Sûreté, impossibilité de se définir dans un magma qui empêche toute forme d'individualité. Toujours attentif à ce qui l'entoure, Konwicki réussit à saisir dans son oeuvre ce que voudrait ignorer la vision commune : l'ère de l'après-communisme a bien du mal à s'ouvrir car l'Europe tout entière souffre d'une même difficulté à trouver un nouvel élan.
La biographie de Tadeusz Konwicki
Histoire personnelle Konwicki s'engage au cours de la Seconde Guerre mondiale aux côtés de Armia Krajowa, ce qui est très mal vu par le pouvoir polonais après 1945. Il commence les études de Lettres Modernes Polonaises, mais il n'obtient pas le diplôme de fin d'études. Dans les années 50, Konwicki rencontre une femme qui deviendra par la suite son épouse et avec qui il aura deux filles : c'est une illustratrice et peintre Danuta Lenica, fille d'Alfred Lenica, un peintre reconnu, et sœur de Jan Lenica, auteur des films d'animation et des affiches. Konwicki se lie au Parti Communiste, et ses débuts littéraires sont marqués par l'envie de rompre avec le passé. L’illusion de l’avenir nouveau avec cette formation politique disparaît après quelques années – Konwicki n’a jamais su remplir parfaitement les exigences du Parti. Il appartenait à la génération de « Pryszczaci » (« Boutonneux », car le personnage pivot du groupe, Wiktor Woroszylski, avait quelques problèmes cutanés), la génération de nulle part, dont personne ne se réclame. Trop jeunes pour pouvoir se faire un fonds de commerce sur la résistance, trop vieux pour suivre naïvement.
Présence publique Ce « nulle-part » a marqué l’œuvre de Konwicki. À partir de 1956, il introduit dans ses romans le pays de son enfance, Kolonia Wilenska, les alentours de Vilnius. Mais ce n’est pas un sentimentalisme innocent : c’est légèrement ironique, un paradis imaginaire et patriotique cache une certaine dérision. Dans les années suivantes, Konwicki est devenu l'un des écrivains phares du mouvement d’opposition au Parti unique. Depuis Kalendarz i klepsydra, Konwicki écrit, toutes les quelques années, un journal mensonger (łże-dziennik), un cahier des notes et de ragots, où l'un des rôles principaux est tenu par Kot Iwan, le chat fidèle de l’écrivain. Tadeusz Konwicki est un des seuls artistes polonais de son époque à savoir faire du cinéma et de la littérature avec un succès égal. Précurseur du cinéma d'auteur (Le dernier jour de l'été, 1958), Konwicki n’a réalisé que très peu de films. Ses œuvres, originales et visionnaires, comme le film autobiographique Si loin, si près d'ici (1972) ou Sur les bords de l'Issa (1982), basé sur le roman de Czesław Miłosz, prix Nobel de littérature, rendent compte de la richesse ethnique de la Pologne d’autrefois, où les Polonais, les Juifs, les Russes, les Lithuaniens, les Allemands vivaient côte à côte. Son dernier film, Lawa, est le plus dramatique, et rend compte d'un élément constamment présent dans l'esprit de Konwicki : l'incapacité de vivre avec après la Shoah. Dans ce film, qui est, tout d'abord, une mise en scène d'une drame romantique la plus importante, semble-t-il, dans l'histoire polonaise, Les Aïeux d'Adam Mickiewicz, Konwicki introduit quelque chose de profondement troublant. Pendant un monologue du héros, connu sous le nom de Grande Improvisation, qui s'adresse à Dieu et qui, à la fin, doute de sa bonté, le réalisateur fait apparaître les images des camps de concentration nazi. Ce dernier film de Konwicki n'a, contrairement à beaucoup de ses livres, rien d'ironique. Konwicki vit avec son public depuis quelques dizaines d'années on peut déjeuner avec lui à Varsovie, toujours à la même heure et au même restaurant, qui se trouve dans les caves de sa maison d'éditions, Czytelnik.
Œuvres de Tadeusz Konwicki
Przy budowie (1950) WLADZA (PUISSANCE, 1953) Z oblezonego miasta (D'UNE VILLE ASSIÉGÉE,1956) ROJSTY, (1956) Dziura w niebie (LE TROU DANS LE CIEL, 1959) Sennik wspolczesny (LA CLEF DES SONGES CONTEMPORAINS,1963) Wniebowstapienie ( Ascension, 1967) Zwierzoczlekoupior (BETHOFANTÔME, 1969) Nic albo nic (RIEN OU RIEN, 1971) Kronika wypadkow milosnych (CHRONIQUE DES ÉVÉNEMENTS AMOUREUX, 1974) KALENDARZ I KLEPSYDRA (CALENDRIER et CLEPSYDRE, 1976) Kompleks polski (LE COMPLEXE POLONAIS, 1977) Mala apokalipsa (LA PETITE APOCALYPSE, 1979) Wschody i zachody księżyca (LEVERS ET COUCHERS DE LA LUNE, 1982) Rzeka podziemna, podziemne ptaki (FLEUVE SOUTERRAIN, OISEAUX DE NUIT, 1984) Nowy Swiat i okolice (LE NOUVEAU MONDE ET ALENTOURS, 1986) Bohin (BOHIN,UN MANOIR EN LITUANIE, 1987) Zorze wieczorne (1991) Pamflet na siebie (PAMPHLET CONTRE MOI-MÊME, 1995) Czytadlo (Roman de gare contemporain, 1997) PAMIETAM, ZE BYLO GORACO. Z TADEUSZEM KONWICKIM ROZMAWIAJA KATARZYNA BIELAS I JACEK SZCZERBA, Krakow: Znak, 2001.
La citation de Tadeusz Konwicki
«(...) j'écris avant tout pour le lecteur, avec l'intention de lui faire plaisir, de l'amuser, de le bâtonner ou de l'écraser. J'ai besoin d'autrui pour écrire .» [Tadeusz Konwicki] - Un demi-siècle de purgatoire
La bibliographie de Tadeusz Konwicki
LA PETITE APOCALYPSE de Tadeusz Konwicki [Roman] Résumé du livre Nous voudrions te proposer quelque chose. Au nom de tous les camarades... Que, ce soir, tu te fasses brûler devant l'immeuble du comité central du Parti." Lorsque, par un petit matin brumeux à Varsovie, deux intellectuels de ses amis font irruption chez lui et lui tiennent ces propos effarants, il reste presque indifférent. C'est que, écrivain, il n'écrit plus depuis longtemps. C'est qu'il vit dans une nation désolée, sombrant dans le néant. Pourquoi alors ne pas mettre fin à cette existence misérable ? Dernières heures d'un homme à bout de souffle, oscillant entre absurde et désespoir. Un grand roman polonais brûlant comme un verre de vodka à ieun.

Tadeusz Konwicki

June 08
Wiktor Woroszylski
Est un écrivain et poète polonais Né le 8 juin 1927 à Grodno Décédé le 13 septembre 1996 à Varsovie Wiktor Woroszylski - Petit Mammouth (Jeunesse) Quelles petit merveille que ce “Petit Mammouth” de Wiktor Woroszylski, illustré par joseph Wikkon. C‘est l’histoire d’un petit mammouth, au joli nom de Loutek. Il vivait heureux entre sa maman Dorothée et son papa Jonathan. Et comme tous les enfants de par le monde et les enfants de mammouth, naturellement, notre Loutek apprenait les choses de la vie : l’eau, le soleil, la forêt, les animaux. Certaines nuits, il avait des cauchemars : il voyait un monstre menaçant qui le poursuivait avec ses dents acérées. Maman alors, le rassurait, le dorlotait ou bien papa le menaçait d’une fessée. Mais un jour, retentit “une cavalcade de cent pas”. Tout le monde détala et une glaciale désolation arriva. La fuite éperdue des animaux en sauva quelques uns : chevaux et abeilles, le buis et la fougère, le chamois et le petit chevreau. Mais de mammouth on n’en vit plus. Seul Loutek nous dit l’auteur, a survécu car nous en gardons toujours la mémoire, sans doute. Il se promène, il prend le bus et dort sur le tapis. Une histoire rimée et merveilleusement traduite, d’une grande fraîcheur, si tendre et si joliment écrite. C’est un livre documentaire exemplaire pour toutes les questions qu'il induira. Les illustrations sont expressives, et pleines de mouvements. Le format carré de l'album, la mise en page et la texture du papier sont une totale réussite. Et lire à voix haute ce texte est un véritable régal. Cela nous vient de Pologne des années 1960 et cela n’a pas pris une ride. A recommander pour tous à partir de 6 ans....

June 06 1606 6 juin Pierre Corneille Est un auteur dramatique français Né à Rouen le 6 juin 1606 Décédé à Paris le 1er octobre 1684 Ses pièces les plus célèbres sont Le Cid, Cinna, Polyeucte et Horace La richesse et la diversité de son œuvre reflètent les valeurs et les grandes interrogations de son époque Pierre Corneille - L'Illusion comique "Le théâtre dans le théâtre" (Théâtre) Se plonger dans l'Illusion comique' de Corneille, c'est d'abord se laisser guider par les sortilèges et les plaisirs de la représentation théâtrale. A l'image de Pridamant, ce père accablé de regrets qui cherche désespérément son fils, nous devons accepter de croire au miracle des apparitions et des doubles, ces reflets de la vie plus intensément vivants grâce au métier de comédien ! Dans le répertoire français, nulle oeuvre n'a mis pareillement le théâtre lui-même en représentation et c'est bien la raison pour laquelle les metteurs en scène depuis Jouvet ou Strehler ne cessent d'explorer ses insondables mystères. A chaque fois, c'est tout le théâtre, dans sa capacité à représenter le monde, qui est à la fois mis en question et célébré : fervent paradoxe qui puise sa force aux sources antiques du Theatrum mundi et que l'époque baroque revivifie au moment où les troupes s'installent dans des lieux fermés pour mettre le monde en 'perspective'. Ce dossier du 'baccalauréat théâtre' invite à situer cette oeuvre féconde dans le grand mouvement de pensée philosophique et artistique sur l'illusion et la représentation et à découvrir ce que furent ses premières représentations à l'époque de Corneille. Puis il parcourt les grandes mises en scène du XXe siècle avant de proposer une série d'analyses dramaturgiques sur des aspects précis de la pièce. Ces études s'appuient sur des documents audiovisuels et des captations de mises en scène récentes. ...
La biographie de Pierre Corneille
Aîné des six enfants d’une famille aisée de magistrats rouennais, Pierre Corneille entame en 1624 une carrière d’avocat à Rouen. C'est alors qu'en 1628 son père lui achète deux offices d'avocat du roi au siège des Eaux et Forêts et à l'amirauté de France. Il prend ses fonctions le 16 février 1629. En 1629, un chagrin amoureux le conduit à écrire ses premiers vers, puis sa première comédie, Mélite. Avec les pièces qui suivront : Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale, Médée et l’Illusion comique, apparaît un nouveau style de théâtre où les sentiments tragiques sont mis en scène pour la première fois dans un univers plausible, celui de la société contemporaine. En 1641, il épouse Marie de Lampérière, fille du lieutenant particulier des Andelys, avec qui il aura sept enfants dont un mort une semaine après sa naissance. En outre, il est un ancêtre direct de Charlotte Corday, figure de la Révolution française. Corneille, auteur officiel nommé par Richelieu, rompt avec ce statut de poète du régime et avec la politique contestée du cardinal, pour écrire des pièces exaltant la haute noblesse (Le Cid, œuvre aujourd’hui universellement connue), rappelant que les hommes politiques ne sont pas au-dessus des lois (Horace), ou montrant un monarque cherchant à reprendre le pouvoir autrement que par des représailles (Cinna). En 1647, il est élu à l’Académie française au fauteuil 14 qu’occupera son frère et collaborateur occasionnel Thomas après sa mort. De 1643 à 1651, après la mort de Richelieu, et durant la période de la Fronde, la crise d’identité que traverse la France se retrouve dans l’œuvre de Corneille : il règle ses comptes avec Richelieu dans la Mort de Pompée, donne une tragédie de la guerre civile avec Rodogune et développe le thème du roi caché dans Héraclius, Don Sanche et Andromède, s’interrogeant sur la nature même du roi, subordonné aux vicissitudes de l’histoire, en lui faisant ainsi gagner en humanité. À partir de 1650, ses pièces connaissent un succès moindre, et il cesse d’écrire pendant plusieurs années après l’échec de Pertharite. Ce n'est qu'à la toute fin des années 1650 que le vieux poète renoue avec la scène avec la tragédie Œdipe. Corneille continue à innover en matière de théâtre jusqu’à la fin de sa vie, en montant ce qu’il appelle une « pièce à machines », c’est-à-dire privilégiant la mise en scène et les « effets spéciaux » (la Toison d’or), et en s’essayant au théâtre musical (Agésilas, Psyché). Il aborde aussi le thème du renoncement, à travers l’incompatibilité de la charge royale avec le droit au bonheur (Sertorius, Suréna). A partir des années 1660, l’étoile montante du théâtre français s'appelle Jean Racine, dont les intrigues misent davantage sur le sentiment et apparaissent moins héroïques et plus humaines. La comparaison avec Racine tournera au désavantage de Corneille lorsque les deux auteurs produiront presque simultanément, sur le même sujet, Bérénice (Racine) et Tite et Bérénice (Corneille). À la fin de sa vie, la situation de Corneille est telle que Boileau demande pour lui une pension royale qu'il obtient de Louis XIV. L’œuvre étendue et riche de Corneille a donné naissance à l’adjectif « cornélien » qui signifie : la volonté et l’héroïsme la force et la densité littéraire la grandeur d’âme et l’intégrité une opposition irréductible entre deux points de vue, spécialement une option affective ou amoureuse contre une option morale ou religieuse.
Œuvres de Pierre Corneille
Théâtre Mélite (1629, première œuvre) Clitandre ou l’Innocence persécutée (1631) La Veuve (1632) La Galerie du Palais (1633) La Suivante (1634) La Place royale (1634) Médée (1635) L’Illusion comique (1636) Le Cid (1636) Horace (1640) Cinna ou la Clémence d'Auguste (1641) Polyeucte (1642) La Mort de Pompée (1644) Le Menteur (1644) Rodogune (1644) Théodore (1646) Héraclius (1647) Andromède (1650) Don Sanche d’Aragon (1650) Nicomède (1651) Pertharite (1652) Œdipe (1659) La Toison d'or (1660) Sertorius (1662) Sophonisbe (1663) Othon (1664) Agésilas (1666) Attila (1667) Tite et Bérénice (1670) Psyché (1671) Pulchérie (1672) Suréna (1674)
Varia Au lecteur (1644) Au lecteur (1648) Au lecteur (1663) Discours du poème dramatique (1660) Discours de la tragédie Discours des trois unités Lettre apologétique Discours à l'Académie Épitaphe de Dom Jean Goulu
Traductions L'Imitation de Jésus-Christ Louanges de la Sainte Vierge Psaumes du Bréviaire romain L'Office de la Sainte Vierge Vêpres des dimanches et complies Hymnes du Bréviaire romain Hymnes de Saint Victor Hymnes de Sainte Geneviève
Édition moderne Œuvres complètes : Tome 1, 1980 Tome 2, 1984 Tome 3, 1987
Les citations de Pierre Corneille
«Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu.» [ Pierre Corneille ] - Horace
«Et le désir s'accroît quand l'effet se recule.» [ Pierre Corneille ] - Polyeucte
«Le devoir d'une fille est dans l'obéissance.» [ Pierre Corneille ] - Horace
«C'est une imprudence d'écouter trop d'avis, et se tromper au choix.» [ Pierre Corneille ] - La mort de Pompée
«Le ciel par les travaux veut qu’on monte à la gloire.» [ Pierre Corneille ] - Rodogune
«L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir.» [ Pierre Corneille ] - Le Cid
«Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne : La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.» [ Pierre Corneille ] - Le Menteur
«Si mourir pour son prince est un illustre sort, Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort !» [ Pierre Corneille ] - Polyeucte
«L'obéissance est un métier bien rude.» [ Pierre Corneille ] - Nicomède
«On retire souvent le bras pour mieux frapper.» [ Pierre Corneille ] - Théodore
«Apprends à te connaître, et descends en toi-même.» [ Pierre Corneille ] - Cinna
«A force d'être juste, on est souvent coupable.» [ Pierre Corneille ] - La mort de Pompée
«Et le combat cessa faute de combattants.» [ Pierre Corneille ] - Le Cid
«Quand une femme a le don de se taire, Elle a des qualités au-dessus du vulgaire.» [ Pierre Corneille ]
«Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal, il m'a fait trop de mal pour en dire du bien.» [ Pierre Corneille ]
«Et sur de grands exploits, bâtir sa renommée.» [ Pierre Corneille ]
«Le trop de promptitude à l'erreur vous expose.» [ Pierre Corneille ]
«L'amour excuse tout dans un coeur enflammé, Et tout crime est léger dont l'auteur est aimé.» [ Pierre Corneille ] - La suite du menteur
«On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tout.» [ Pierre Corneille ] - Nicomède
«Plus le péril est grand, plus doux en est le fruit.» [ Pierre Corneille ] - Cinna
«La violence est juste où la douceur est vaine.» [ Pierre Corneille ] - Extrait d' Héraclius
«Le cuisant souvenir d'une action méchante soudain au moindre mot nous donne l'épouvante.» [ Pierre Corneille ] - La Veuve
«Qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser.» [ Pierre Corneille ]
«Mais ce que fait l'amour, l'amour aussi l'excuse.» [ Pierre Corneille ] - Tite et Bérénice
«Vous êtes son amour, craignez d'être sa haine.» [ Pierre Corneille ] - Tite et Bérénice
«Qu'une femme hargneuse est un mauvais voisin !» [ Pierre Corneille ] - La galerie du palais
«Le trop de confiance attire le danger.» [ Pierre Corneille ] - Le Cid
«Devine, si tu peux ; et choisis, si tu l'oses.» [ Pierre Corneille ] - Héraclius
«On est toujours trop prêt quand on a du courage.» [ Pierre Corneille ] - Le Cid
«Il n'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir.» [ Pierre Corneille ]
«Qu'aisément un esprit qui se laisse flatter s'imagine un bonheur qu'il pense mériter !» [ Pierre Corneille ] - La suivante
«Il ne faut craindre rien, quand on a tout à craindre.» [ Pierre Corneille ]
«La grâce est aux grands coeurs honteuse à recevoir.» [ Pierre Corneille ]
«Je sais ce que je vaux, et crois ce qu'on m'en dit.» [ Pierre Corneille ] - Poésies diverses
«Qui peut tout doit tout craindre.» [ Pierre Corneille ] - Cinna
«La moitié du monde sur l'exemple d'autrui se conduit et se fonde !» [ Pierre Corneille ] - Mélite
«On voit les maux d'autrui d'un autre oeil que les siens.» [ Pierre Corneille ]
«Un monarque a souvent des lois à s'imposer ; Et qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser.» [ Pierre Corneille ] - Tite et Bérénice
«La comédie n'est qu'un portrait de nos actions et de nos discours, et la perfection des portraits consiste en la ressemblance.» [ Pierre Corneille ]
«Je choisis un époux avec des yeux de mère.» [ Pierre Corneille ] - Rodogune
La bibliographie de Pierre Corneille Polyeucte de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre Sans Félix, point de tragédie. Gouverneur romain, il est à la source de tous les malheurs et des mal-heurs de tous : il oblige d'abord sa fille Pauline, follement éprise de Sévère, à épouser Polyeucte ; puis, mécontent de ce gendre qu'il s'est donné, il le fait emprisonner et condamner à mort. Polyeucte, tout à sa nouvelle foi chrétienne, appelle de ses voeux le martyre. Pauline pousse l'obéissance filiale jusqu'à aimer aussi ce mari qui lui a été imposé. Sévère fait contre mauvaise fortune bon soldat. Le seul à se plaindre... eh bien, c'est Félix, qui, voyant ses intérêts déjoués, s'écrie : " Que je suis malheureux ! "
Médée de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre «Ici vous trouverez le crime en son char de triomphe» (Corneille, Examen). Corneille met en scène en la personne de Médée une sorcière vindicative qui s'apprête à sacrifier ses enfants pour frapper l'homme qu'elle aime au plus intime de lui-même. Le génie et le souci de vérité de l'immense tragédien parviennent néanmoins à nous rendre humaine et quelquefois touchante cette «jalouse en fureur» inaccessible au remords. Injustement oubliée, cette magnifique réécriture du mythe antique de Médée, qui paraît pour la première fois en édition scolaire, est l'occasion d'aborder au lycée la tragédie et le tragique, de s'interroger sur la représentation du monstre au théâtre et de sensibiliser les élèves à la poésie de la langue classique. Extrait du livre : CORNEILLE : UNE VIE POUR LE THÉÂTRE Le «Grand Corneille» ou le «Vieux Corneille» ? «Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !» : les vers du Cid sont dans toutes les mémoires et Corneille fait à coup sûr partie des auteurs français les plus lus et les plus enseignés. Qui n'a entendu parler de «dilemme cornélien» ? Qui n'a employé l'expression «avoir les yeux de Chimène» pour évoquer un regard amoureux ? On pourrait multiplier les exemples d'une présence permanente de l'auteur normand dans la langue française. Mais sans doute Corneille est-il aussi victime de ce succès. En effet, toute édition scolaire du «Grand Corneille», comme il fut appelé dès son époque, doit lutter avec une vision étriquée de son oeuvre pour lui restituer la fraîcheur qui fut la sienne aux yeux de ses contemporains.
Le Menteur de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre Le héros, Dorante, par la seule puissance de sa parole, réorganise le réel à sa guise. En remplaçant le monde de la réalité par celui de la feinte. Dorante ment pour devenir un jeune noble parisien, pour se créer un personnage et des exploits, ceux du héros galant. Il ment en toute sincérité : pour paraître. Dans la Suite, de nouvelles aventures ont entraîné le héros, où il manie vraiment l'épée : il est devenu celui qu'il voulait être. Or, on ne le croit pas. Un univers de roman sur la scène, le mensonge comme fiction, le baroque de l'apparence, l'illusion comique, voilà ce qui fait la richesse de ces deux pièces, et du théâtre en général.
La place royale de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre Angélique, jeune fille de bonne famille, a des problèmes de cœur : elle aime Alidor, qui la rejette pour une autre, se fait courtiser par Doraste, qui rêve de l'épouser, et fait secrètement soupirer Cléandre, amoureux officiel de Phylis, l'amie de cœur d'Angélique. Vous suivez ? Que de rebondissements sur la place royale ! Au jeu de l'amour, tout semble permis coups bas, tricheries, mensonges, tout au moins dans une comédie... Corneille, auteur de comédies : étonnant, non
Théâtre : Tome 1, Mélite; La Veuve; La Galerie du palais; La Suivante; La Place royale; L'Illusion comique; Le Menteur; La Suite du Menteur de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre " Corneille est établi dans les esprits comme un auteur de tragédies, qui aurait d'abord jeté sa gourme avec quelque verve et plus tard se serait deux ou trois fois délassé à des divertissements semblables, d'ailleurs sans grande portée. Ce mot de tragédie, comme un sombre soleil, noie de son éclat tout ce qui l'entoure. Or, on pourrait, avec moins de paradoxe qu'il ne semble, renverser la proposition: Corneille est un auteur de comédies héroïques, qui a réussi quelques pures tragédies et qui, porté par le succès, n'a persévéré dans cette veine que par une violence à son goût naturel " (Jean Schlumberger). Ce volume rassemble les comédies de Corneille (1629-1636), de Mélite à L'Illusion comique, en passant par La Veuve, La Galerie du palais, La Suivante, La Place royale et Le Menteur. Badinage, jalousie, malentendus et quiproquos, personnages en proie à l'inconstance amoureuse, couples qui se font et se défont au gré des intrigues qui se croisent... Ces pièces empruntent à la farce et à la pastorale, mêlent parodie et satire, jusqu'au feu d'artifice baroque de L'Illusion comique, " étrange monstre " selon Corneille.
Cinna de Pierre Corneille [Théâtre] Résumé du livre « Je suis maître de moi comme de l'univers ; Je le suis, je le veux l'être.» Composée en alexandrins à rimes plates, 'Cinna' est la première pièce importante de Corneille à respecter les règles du théâtre classique, alors en formation. Respect de l'unité de temps d'abord, puisqu'elle se déroule en une seule journée, de l'unité de lieu ensuite, puisqu'elle se passe intégralement dans le palais romain où se situent les deux appartements d'Auguste et d'Émilie, de l'unité d'action enfin, puisque la préparation de la conjuration implique l'ensemble des personnages, même si ces derniers évoluent individuellement dans des sous- intrigues, jusqu'à la réconciliation finale.

Pierre Corneille

June 05
1921 5 juin
Georges Feydeau
Est un auteur dramatique français, connu pour ses très nombreux vaudevilles Né à Paris le 8 décembre 1862 Décédé à Rueil-Malmaison le 5 juin 1921 Georges Feydeau - La puce à l'oreille (Théâtre) Pendant des années torrent impétueux, l'ardeur conjugale de Victor-Emmanuel Chandebise subit soudainement une éclipse, tel un oued en été. Cette brusque sécheresse met la puce d l'oreille de son épouse Raymonde qui l'attribue à la plus simple des hypothèses, un changement de lit. Ce qui s'admet pour une rivière ne se tolérant pas d'un mari, elle décide de prendre le sien au piège. Une lettre doit l'attirer à l'hôtel du Minet Galant... où elle le recevra de la belle manière. Son amie Lucienne, mariée au bouillant Homenidès, accepte d'écrire le a poulet » parfumé. Fidèle par goût autant que par force, Chandebise dépêche à sa place son ami Tournel mais, flatté, se vante de la lettre devant Homenidès qui reconnaît l'écriture de sa femme. Homenidès se précipite à l'hôtel pour tirer vengeance de Tournel et de Lucienne; Chandebise fait de même pour les avertir des intentions homicides d'Homenidès. Or le garçon d'hôtel Poche est le sosie de Chandebise. Il n'en faut pas plus pour provoquer une cavalcade affolée dans l'hôtel en révolution. On dit souvent des comédies de Feydeau qu'elles sont construites avec la précision d'un mouvement d'horlogerie. Ici, cette mécanique du rire atteint la perfection.
La biographie de Georges Feydeau
Il est le fils présumé de l'écrivain Ernest Feydeau et de Léocadie Boguslawa Zalewska. On le pense en fait être le fils soit de Napoléon III, soit (selon une opinion plus communément admise) du demi-frère de l'Empereur, le duc de Morny, lui-même fils naturel du comte de Flahaut (qui était lui-même fils illégitime présumé de Talleyrand. Voir aussi Famille de Talleyrand-Périgord). Très jeune, Georges Feydeau néglige ses études pour se consacrer au théâtre. Sa première pièce, Par la fenêtre, est jouée pour la première fois en 1882, alors qu'il a 19 ans. Sa première grande pièce, Tailleur pour dames, qui est fort bien accueillie en 1886 au Théâtre de la Renaissance, lui vaut les encouragements de Labiche. Il se marie le 14 octobre 1889 avec Marie-Anne Carolus-Duran, fille du peintre Carolus-Duran. Ce mariage d'amour se soldera par un échec, non sans lui donner une fille et trois fils : Germaine (née le 18 octobre 1890) ; Jacques (né le 16 avril 1892) ; Michel (né le 13 mars 1900), père du comédien Alain Feydeau ; Jean-Pierre (né le 30 avril 1903). La consécration vient en 1892 avec les pièces Monsieur chasse, Champignol malgré lui et Le Système Ribadier. Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des caractères, montrant notamment la médiocrité des existences bourgeoises, qu'il tourne en ridicule. Très aimé de ses contemporains et des autres auteurs, il est témoin (avec Sarah Bernhardt) au mariage de Sacha Guitry et d'Yvonne Printemps le 10 Avril 1919. Sacha Guitry allait ensuite le visiter lorsqu'il serait dans la clinique du docteur Fouquart à Rueil, où il mourut en juin 1921. Il achève son existence à l'âge de 58 ans, après avoir été interné deux ans dans cette maison de santé à Rueil-Malmaison pour des troubles psychiques dus à la syphilis. Georges Feydeau repose au cimetière Montmartre, dans la 30ème division.
Œuvres de Georges Feydeau
Théâtre 1873 : Eglantine d’Amboise 1882 : Par la fenêtre 1883 : Amour et Piano ; Gibier de potence 1886 : Fiancés en herbe ; Tailleur pour dames 1887 : La Lycéenne 1888 : Un bain de ménage ; Chat en poche ; Les Fiancés de Loches 1889 : L’Affaire Édouard 1890 : C’est une femme du monde ; Le Mariage de Barillon 1892 : Monsieur chasse ! ; Champignol malgré lui ; Le Système Ribadier 1894 : Un fil à la patte ; Notre futur ; Le Ruban ; L'Hôtel du libre échange 1896 : Le Dindon ; Les Pavés de l’ours 1897 : Séance de nuit ; Dormez, je le veux ! 1899 : La Dame de chez Maxim 1902 : La Duchesse des Folies-Bergères 1904 : La Main passe 1905 : L'Âge d'or 1906 : Le Bourgeon 1907 : La Puce à l'oreille 1908 : Occupe-toi d'Amélie ; Feu la mère de madame 1909 : Le Circuit 1910 : On purge bébé 1911 : Mais n'te promène donc pas toute nue ! ; Léonie est en avance ou le Mal joli 1911 : Cent Millions qui tombent 1913 : On va faire la cocotte 1914 : Je ne trompe pas mon mari 1916 : Hortense a dit : "Je m'en fous!"
Monologues La Petite Révoltée Le Mouchoir Un coup de tête J'ai mal aux dents Trop Vieux Un monsieur qui n'aime pas les monologues Aux antipodes Patte en l'air Le Petit Ménage Le Potache Le Billet de mille Les Célèbres Le Volontaire Le Colis Les Réformes L'Homme économe L'Homme intègre Les Enfants Tout à Brown-Séquard ! Le Juré Un monsieur qui est condamné à mort Complainte du pauv'propriétaire
Pièces inédites L'Amour doit se taire L'Homme de paille (à ne pas confondre avec la pièce-homonyme d'Eugène Labiche) Deux Coqs pour une poule À qui ma femme ? Monsieur Nounou
Les citations de Georges Feydeau
«Le mariage est comme une partie de baccarat : tant que vous avez de la veine, vous gardez la main.» [ Georges Feydeau ]
«Une opération n'est jamais inutile. Elle peut ne pas profiter à l'opéré... Elle profite toujours à l'opérateur.» [ Georges Feydeau ] - La dame de chez Maxim
«Il n'y a que dans ces courts instants où la femme ne pense plus du tout à ce qu'elle dit, que l'on peut être sûr qu'elle dit vraiment ce qu'elle pense.» [ Georges Feydeau ]
«Si cela entre par une oreille et que cela sort aussitôt par l'autre, c'est parce que, entre les deux, il n'y a rien pour le retenir.» [ Georges Feydeau ]
«Il n'y a plus d'anthropophages dans le pays depuis que nous avons mangé le dernier.» [ Georges Feydeau ]
«La jeune génération est très inférieure à la nôtre... Tout de même, si je pouvais en faire partie.» [ Georges Feydeau ]
«Si les maris permettaient un ou deux amants à leurs femmes pour qu'elles puissent comparer, il y auraient beaucoup plus de femmes fidèles.» [ Georges Feydeau ]
«On n'achète pas les tableaux parce qu'on les aime ; on les aime parce qu'on les achète.» [ Georges Feydeau ] - Champagnol malgré lui
«Le mariage, c'est l'art pour deux personnes de vivre ensemble aussi heureuses qu'elles auraient vécu chacune de leur côté.» [ Georges Feydeau ]
«C’est un ami dont je ne connais pas le nom, et je le connais depuis trop longtemps pour lui demander.» [ Georges Feydeau ]
«Quel dommage qu'on ne puisse pas avoir un amant sans tromper son mari.» [ Georges Feydeau ]
«Certains maris ne sont bons qu'à être cocus, et encore faut-il que leur femme les aide.» [ Georges Feydeau ]
«Ma seule gymnastique, c'est d'aller aux enterrements de mes amis qui faisaient de la gymnastique pour rester en bonne santé.» [ Georges Feydeau ]
«L’argent ne fait pas le bonheur. C’est même à se demander pourquoi les riches y tiennent tant.» [ Georges Feydeau ]
«N’est-elle pas plus morale, l’union libre de deux amants qui s’aiment, que l’union légitime de deux êtres sans amour ?» [ Georges Feydeau ] - La Dame de chez Maxim
«La mère fait des ménages, la fille les défait.» [ Georges Feydeau ]
«Les maris des femmes qui nous plaisent sont toujours des imbéciles.» [ Georges Feydeau ] - Le Dindon
«Qu’importe la robe ! Que regarde-t-on ? L’écrin qui contient le diamant ?» [ Georges Feydeau ]
La bibliographie de Georges Feydeau
La duchesse des Folies-Bergères de Georges Feydeau [Théâtre] Résumé du livre Potache dans un lycée parisien, Serge d'Oreanie apprend qu'il devient roi et file à l'anglaise fêter la nouvelle. Pendant que son ambassadeur, le duc Pitchenieff, court à sa recherche dans les endroits où l'on s'amuse, la duchesse en profite pour se risquer chez Maxim où elle était connue avant son mariage sous le nom de la Môme Crevette. Qu'ils s'y trouvent en même temps et que la Môme Crevette s'esquive avant que son mari la voie est naturel. Par contre, que le bel Arnold avec qui elle part soit en réalité le domestique d'un diplomate d'Orcanie appartient au répertoire du vaudeville et déclenche la série de quiproquos, feintes et tours de passe-passe qui donnent leur drôlerie aux pièces de Feydeau et à La Duchesse des Folies Bergère en particulier. Vaudeville encore mais opérette aussi, La Lycéenne met en scène une demoiselle qui sait ce qu'elle veut : le peintre Apollon Bouvart et non le professeur Saboulot elle fera en trois actes et maints couplets ce qu'il faut pour l'avoir. A chasser la bécasse au Bal de l'Opéra, Fauconnet tombe sur un bec et rate sa Séance de nuit... avec un brio parfait. Imaginez un valet paresseux, mais doué comme magnétiseur, au service d'un maître influençable qui songe à se marier : comment résisterait-il à l'envie d'user de son infaillible Dormez, je le veux ? Pour être la plus brève de ce recueil, cette pièce n'en possède pas moins une charge de comique irrésistible.
Le dindon de Georges Feydeau [Théâtre] Résumé du livre LUCIENNE Enfin, monsieur, pour qui me prenez-vous ? Je suis une honnête femme. PONTAGNAC : Ah ! Tant mieux ! J'adore les honnêtes femmes ! Pontagnac, le « dragueur » malheureux, sera finalement le dindon de la farce. C'est d'ailleurs un brave garçon, qui ne trompe jamais sa femme sans la plaindre. Et qui ne perd jamais la tête : il suit les dames dans la rue, mais s'il pénètre derrière elles dans les pâtisseries, il les attend sagement à la porte des bijouteries. Quant à Vautelin, le mari de Lucienne, il risque de payer fort cher une vieille entorse à la fidélité conjugale, laquelle entorse refait brusquement surface en la personne de Maggy, une joyeuse fofolle anglaise... Un troisième larron, rival de Pontagnac, vient encore compliquer la situation. Et voilà la mécanique en marche, « sans que s'affole un seul rouage, sans que saute un seul ressort », comme dit Jean Richepin. Le 3 mars 1951, à vingt heures trente, Feydeau a reçu la consécration suprême : il est enfin entré à la Comédie-Française, avec, justement, Le Dindon.
Occupe-toi d'Amélie / La dame de chez Maxim de Georges Feydeau [Théâtre] Résumé du livre Tout avait pourtant bien commencé : grâce à une petite ruse, l'annonce mensongère de son futur mariage, Marcel Courbois qui ne pouvait hériter de l'immense fortune de son père que s'il renonçait à son célibat allait enfin pouvoir toucher au sommet du bonheur : à lui les millions, Paris et ses femmes, les folles soirées chez Maxim's, la haute noce, en somme, telle qu'on savait encore la faire à la Belle Epoque... Malheureusement, un beau matin, il avait découvert sous ses draps la belle Amélie que son ami Etienne lui avait prêtée pour qu'elle jouât la fiancée... mais pas davantage... Quelques verres superflus lui avaient fait outrepasser le programme : il s'était vraiment trop occupé d'Amélie. Ce fut le commencement de ses ennuis.
Dormez, je le veux ! de Georges Feydeau [Théâtre] Résumé du livre Justin a le pouvoir d'hypnotiser son maître, Boriquet, qui lui obéit alors au doigt et à l'oeil.... Le domestique lui laisse toutes les corvées, fume ses cigares et profite de son portefeuille. Mais Boriquet annonce qu'il va se marier. Pour Justin, c'est la catastrophe ! Comment se débarrasser de cette fiancée qui risque de réduire à néant sa belle organisation ? Georges Feydeau est surtout connu pour ses grands vaudevilles, dans lesquels courent en tous sens les maris volages. Mais il a aussi écrit de petites comédies tout à fait accessibles à un jeune public. Dans cette courte pièce en un acte, les élèves découvriront la " mécanique impeccable " du célèbre auteur de boulevard. Ils profiteront également de son humour, tout en étudiant les caractéristiques du texte de théâtre, et pourront s'essayer avec plaisir à la mise en scène. L'appareil pédagogique est suivi d'une interview exclusive du petit-fils de Georges Feydeau.
Feu la mère de madame de Georges Feydeau [Théâtre] Résumé du livre Cela aurait pu être une nuit tranquille. Madame se couchait, Madame s'endormait, Madame rêvait... Mais au lieu de cela, Monsieur rentre, éméché, du bal des Quat'-Z-arts. Scène de ménage. Madame en appelle à sa bonne, Annette, pour témoigner en faveur de sa beauté. Scène épique ! Et l'on frappe à la porte pour annoncer la mort de la mère de Madame. Scène tragique... Les retournements de situation se succèdent et mieux vaut patienter jusqu'au baisser de rideau pour s'assurer des événements. Une fois encore, le Ciel peut attendre ! Mise en scène, choix des décors et des costumes, tempo, analyse des effets dramatiques : l'accompagnement pédagogique permet de mettre en scène avec de jeunes élèves cette courte pièce elle dure à peine une heure. Gilles Costaz, auteur et critique dramatique, est le meilleur guide pour mettre cette comédie en un acte dans la perspective historique du vaudeville.
Georges Feydeau

June 04 1967 4 juin Marie N’Diaye Est une femme de lettre française Née à Pithiviers (France) le 4 juin 1967 Marie NDiaye a reçu le Prix Femina en 2001 avec son roman Rosie Carpe Marie N’Diaye - En famille (Roman) Quelle faute Fanny a-t-elle commise ? De quoi est-elle coupable pour être ainsi rejetée par les siens qui ne paraissent pas, eux, la considérer comme des leurs ? D'ailleurs, se nomme-t-elle bien Fanny ? Que reproche-t-on à ses vingt ans ? Des amourettes, des insolences ? D'avoir séduit son cousin Eugène ou d'avoir quitté Georges, son fiancé, " qui lui ressemblait " ? D'avoir traversé quelque crise d'originalité juvénile ; d'être le " mouton noir " qui dérange toute famille ; d'être adoptée, peut-être, ou une " pièce rapportée ", comme on dit ? Aucune de ces hypothèses ne paraît se vérifier au fur et à mesure que se développe le récit. Fanny erre de maison en hôtel, du village à Paris, sa valise à la main, du foyer de son père à celui de sa mère, à la recherche de son identité plutôt qu'à celle de " tante Léda ", personne ne voulant plus lui ouvrir une porte ni les bras. En famille est la longue quête d'une explication jamais donnée, jamais esquissée, l'expression d'une révolte informulée et réduite à des étonnements, à des humiliations, à des colères baignées dans une étonnante résignation. Fanny traverse des aventures minuscules, sordides et inépuisables, parfois serveuse de hamburgers dans un fast-food, parfois violentée par un camionneur de rencontre ou bombardée à coups de prunes pourries, toujours traitée par sa " famille " avec un mystérieux et vigilant dédain. Le grand intérêt de ce roman, outre la subtilité de sa narration et la qualité impressionnante de sa forme, c'est de traiter un problème actuel, urgent, grave, dont se détournent prudemment la plupart des écrivains, et de le traiter dans des décors de ce temps. Entreprise très littéraire, En famille est aussi un modèle de réalisme contemporain. ...
La biographie de Marie N’Diaye
De mère française et de père d'origine sénégalaise, Marie N'Diaye fait ses études de linguistique à la Sorbonne, et obtient une bourse de l'Académie de France, dont elle est pensionnaire, à la Villa Médicis à Rome. Elle commence à écrire à l'âge de douze ans et publie son premier ouvrage, 'Quant au riche avenir' à l'âge de dix-sept ans. Elle connaît la consécration littéraire avec 'En famille'. Elle est l'auteur de sept romans dont 'Rosie Carpe' Prix Femina en 2001 et de pièces de théâtre comme 'Providence' mise en scène au Théâtre international de langue française à Paris. 'Papa doit manger', une autre des ses pièces, est jouée à la Comédie-Française en 2003.
Œuvres de Marie N’Diaye
Romans et nouvelles Quant au riche avenir 1985 Comédie classique 1988 La femme changée en bûche 1989 En famille , 1991 Un temps de saison 1994 La Sorcière 1996 La naufragée 1999 Rosie Carpe Prix Femina 2001 Tous mes amis, 2004 Autoportrait en vert 2005 Mon cœur a l'étroit 2007
Théâtre Hilda 1999 Papa doit manger 2003 Rien d'humain 2004 Les serpents 2004 Providence 2007
Romans jeunesse La diablesse et son enfant, illustration Nadja 2000 Les paradis de Prunelle, illustration Pierre Mornet 2003 Le souhait, illustration Alice Charbin 2005
Les citations de Marie N’Diaye
«La place d'un homme, blanc ou noir, est à la maison quand la nuit est tombée. Avec ses enfants et celle qui les lui a donnés.» [ Marie N’Diaye ] - Rosie Carpe
«Je fais la Guerre à l'Amour.» [ Marie N’Diaye ] - Rosie Carpe
«Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant ne pas le désirer. Ma mère, Rocco et Bella, où en sont-ils à présent? Je n'écrirai pas, eux non plus, jusqu'au jour où, peut-être, une lettre m'arrivera d'un lieu inconnu, accompagnée de photos d'inconnus qui se trouveront être mes proches à divers degrés lettre dont, même si elle est signée "Maman", je contesterai l'authenticité, puis que j'enfouirai quelque part où elle ne sera pas dénichée.» .» [ Marie N’Diaye ] - Autoportrait en vert
La bibliographie de Marie N’Diaye Comédie classique de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Plus je réfléchissais et plus s'installait en moi la conviction, que ce fût lors d'instants de calme et de détente tel celui du réveil, cette tranquille matinée d'automne, quand, pelotonné entre mes couvertures pleines d'une douce tièdeur de cocon ou de nid garni d'un clair duvet, comme on en découvre parfois, à la campagne, au fond des boîtes aux lettres, aux croisements des poutres d'une grange, je regardais sous mes paupières mi-closes, attentif à ne pas bouger d'un centimètre l'empilement de tapis et lourds manteaux qui me protégeaient, la nuit, du froid régnant dans la chambre que pour des raisons d'économie je ne chauffais jamais avant qu'il ne gelât ou à moins que ne vînt me voir une personne comme, de temps en temps Sophie ou, cet après-midi, mon cousin Georges, dont je tenais en tout cas à ce qu'elle ne m'estimât pas bien près de mes sous pour quelqu'un qui aimait à déclarer, ainsi que je l'avais fait dans une récente période de naïveté,...
Mon coeur à l'étroit de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité. Mais depuis quelque temps le couple est l'objet d'une vindicte générale, harcelante et inexplicable. Personne ne les regarde plus en face, personne n'accepte d'entendre le son de leurs voix, les enfants ont peur d'eux... Nadia tente de comprendre la nature du complot qui la broie, tandis qu'un brouillard épais ensevelit Bordeaux. Quelle faute a-t-elle commise, qui justifierait ses malheurs? Pourquoi son fils s'est-il éloigné d'elle? Ange est-il vraiment son allié dans l'épreuve? Et qui est ce voisin qui les accable de propos lénifiants, ce Noget qu'ils avaient toujours méprisé et qui s'impose peu à peu comme leur protecteur tout-puissant?
La Femme changée en bûche de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Portant Bébé sur mon bras je suis allée trouver Valérie car j'étais dans le plus grand désarroi, j'étais tout enfiévrée de rage et de dépit, je songeais aux ennuis que mon mari allait s'attirer avec une irritation montante et presque de la peine. S'il était coupable, n'était-il pas également pitoyable pour avoir une mémoire aussi courte? Ou si peu de sens du devoir? Ou pour manquer à ce point d'imagination? Ou de crédulité? Ou de foi? Valérie m'a accueillie dans des vêtements neufs et pendant un instant la colère m'a quittée et j'ai admiré avec envie ses nouveaux escarpins de cuir rouge aux talons hauts qui la faisaient tanguer d'une façon merveilleusement élégante et chic et très éloignée de la réalité. Puis, je pose l'enfant à côté de moi sur le canapé et je raconte à Valérie que mon mari me trahit, au mépris de tout ce qu'il me doit, de tout ce que j'ai fait pour lui à une certaine époque de notre vie. J'ai rappelé à Valérie comment, autrefois, j'avais tiré mon mari de l'embarras en cédant au Diable pour lui, mon mari qui ne savait que gémir et se lamenter et former des plans oiseux, et se frapper la tête et regretter ses erreurs, et s'accuser inutilement, tandis que d'un pas ferme je m'étais rendue chez le Diable, horrifiant mon mari et ainsi pourtant le lavant de tous ses ennuis.
Quant au riche avenir de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Les parents du jeune Z moururent lorsque celui-ci n'était encore qu'un enfant et ce fut une vague tante qui l'éleva. Les rapports distants, presque soupçonneux, que, circonspect de nature, il entretenait avec Tante, femme avisée, grave et peu expansive, par leur étrangeté l'amenèrent très tôt à réfléchir sur l'existence qui était la sienne, puis, comme son expérience s'élargissait au fil des années, à mille autres choses, qu'il faisait cependant toujours, de près ou de loin, revenir à lui-même. Sans doute ne s'agit-il là que de très ordinaire et ne peut-on jamais s'oublier quoi que l'on fasse. Néanmoins le jeune Z, lorsqu'il s'en rendait compte, éprouvait de l'embarras: il se trouvait secrètement pédant et sa plus grande crainte était que l'on s'en aperçût, bien que, pour ne pas avoir l'air de cacher ses défauts, il ne se formulât jamais cette pensée. Il était pourtant vital pour lui de réfléchir à lui-même, de mettre, comme il le disait, les choses en ordre, afin de sentir les jours reliés entre eux et d'exercer par là une subtile, mais certaine, emprise sur le temps. Semblables termes, le jeune Z fût mort trois fois plutôt que de les prononcer; mais ils correspondent assez précisément à ce qu'il ressentait.
Un Temps de saison de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Lorsque le professeur se décida à partir aux renseignements, la nuit était tombée. Les lumières de la ferme toute proche se distinguaient à peine dans le brouillard et, malgré son inquiétude, le professeur se félicita de quitter le pays dès le lendemain, car il apparaissait que, sitôt la fin du mois d'août, on y vivait dans la pluie et la brume constantes, ce qu'il avait ignoré jusqu'alors, ce dont cet après-midi lui donnait la conscience soudaine. Demeurer ici à l'année, je ne le pourrais certainement pas, songea-t-il avec dégoût, en s'engageant dans le chemin menant à la ferme et, du bout de son pied, tâtant le sol avant chaque pas tant la clarté de la lune était faible. Il lui semblait que le froid était arrivé d'un coup, juste après le déjeuner et au moment où le professeur et sa femme convenaient tranquillement de rentrer le lendemain à la capitale, le deux septembre, un peu plus tard que d'habitude. Brutalement, ils avaient frissonné tous deux et le professeur avait lancé quelques doctes remarques sur les changements de saison. Ne s'étaient-il pas réjouis alors un peu trop complaisamment
Rosie Carpe de Marie N’Diaye [Roman] Résumé du livre Il est ici question d’une certaine Rosie Carpe, que nous attrapons au vol, dans un aéroport plus précisément, où elle attend son frère aîné, Lazare. Lazare n’arrive pas, puis il arrive, mais est-ce bien lui ? Rosie Carpe ne sait pas, ne sait plus. Magistrale première scène où s’installe dès les premières lignes, dans l’épuisement, la chaleur et la poussière, la tension dramatique palpable, étourdissante, de cette attente, ultime sursaut, ultime lutte de Rosie Carpe. Au bout du rouleau, elle a tout abandonné pour redémarrer auprès de son frère, à La Guadeloupe. 340 pages plus loin, au rythme effréné d’un thriller implacable, on aura reconstitué "tracas et pesanteur" d’une vie qui n’est rien d’autre, et le livre s’arrêtera aussi soudainement qu’il a commencé. Rosie Carpe a le sentiment "de se mouvoir (...) à côté du récit", elle si minable, si peu de chose, tout juste un peu de vie. Parce que ce minimum est la vie même, nous sommes happés, suspendus à sa poisse existentielle, puis abandonnés au sentiment angoissant que le roman n'était qu'une parenthèse dans un enchaînement sans fin. Entre médiocrité et dérapage vers la folie, les anecdotes sordides atteignent au tragique car jamais elles n’explicitent ou ne commentent un personnage paralysé, étouffé, à peine capable d’attendre, d’avoir peur ou de vouloir, tout juste à même de non-vouloir. Rosie est sans voix, sans mots pour exister, décider, agir. Et elle est seule, sans narrateur, sans guide, même si le personnage de Lagrand paraît en tenir lieu un moment. Rosie ressasse, regarde sa vie, ne peut croire qu’elle est la sienne, qu’elle est Rosie. Sa litanie se déroule, répétitive, selon une scansion envoûtante, la précision implacable de cette écriture du flou de la conscience. La voix de l’auteur se fait transparente, absente, car les personnages de cette histoire, Rosie et Lagrand en tête, sont des bâtards sans autre filiation que la haine, l’indifférence ou les miracles synonymes de drame. Ici les parents tuent, s’enfuient ou sont fuis. Le roman commence par Rosie, se termine sur sa mère ; entre-temps la première aura frôlé l’infanticide et conçu un enfant sans père tandis que la seconde se reproduit encore à l’âge d’être grand-mère… Pas de transmission, pas de descendance possible autrement qu’aberrante ou animale. Comme le nom de famille de Rosie, banal et étrange : Carpe. Pour la fadeur et le silence du poisson, ou pour l’envers d’une des trois Parques, l’envers d’un destin ? L’auteur n’impose ni destinée ni déterminisme. Même Lagrand, qui semblait poursuivre une certaine logique, s’avère mené par les chimères de son enfance, le cerveau vrillé par le tintement aigrelet des cloches de la messe dominicale dans un périple en 4 x 4 que son absurdité rend d’autant plus haletant. L’histoire sordide de Rosie se déroule. Elle n’est pas vécue de l’intérieur ni décrite de l’extérieur, elle est sans repères, sans pourquoi. Le réalisme social y est un déguisement habile qui rend pesante l’angoisse de cette non-vie, et sert à tisser étroitement la toile magique du monde de Marie N'diaye. On oscille, on glisse en permanence sur tous les registres d’un monde sous-jacent : rêve, animalité (on miaule, on feule, on rauque et on glapit), sorcellerie ou religion, folie douce ou terreur. Ces dérapages incessants et insaisissables créent une tension et une incertitude radicale. Marie N'diaye joue sur le vertige des frontières pour nous enfermer et nous dérouter, faire surgir la Rosie Carpe qui est en nous, absente à elle-même, simple réceptacle des ondes qui couvent dans le tellurisme romanesque.

Marie N’Diaye

June 03
1930 3 juin
Marion Zimmer Bradley
Est une romancière Américaine, prolifique de fantasy et de science-fiction Née le 3 juin 1930 à Albany (État de New York) Décédée le 25 septembre 1999 Marion Zimmer Bradley - La colline du dernier adieu (Fantasy) A quinze ans, dans les forêts et les brumes de la terre britannique, Elane a vu surgir les aigles de l'envahisseur romain. Fille d'un druide farouchement attaché à l'indépendance de son peuple, promise au culte de la Déesse Mère, elle n'a jamais douté de son destin. Jusqu'au jour ou, grâce à elle, le jeune Romain Gaïus échappe à la mort... Et sa vie en sera bouleversée. Bien des siècles avant le Roi Arthur, dans une terre habitée déjà par les enchantements de Merlin, la romancière mondialemént reconnue des Dames du Lac et des Brumes d'Avalon nous conte une histoire envoûtante et tragique, où se heurtent avec furie les passions de l'amour et de la guerre, où se dresse, entre l'histoire et la légende, l'inoubliable et frêle silhouette d'Elane...
La biographie de Marion Zimmer Bradley
Marion Zimmer Bradley a eu une grande influence sur toute une génération d'auteurs et de lecteurs aussi bien dans le domaine de la Fantasy que de la science-fiction. Ses romans sont souvent construits autour de portraits d'héroïnes non conformistes eu égard aux standards de la société dans laquelle elles vivent. Une de ses créations les plus connues est le cycle de Ténébreuse (Darkover). Ce cycle se rattache à la fantasy tout en incluant toutefois de nombreux éléments typiques de la science-fiction. Le cycle reçut un accueil très positif qui conduisit à la création de l'association des Amis de Ténébreuse (The friends of Darkover) dans les années 1970. Ce groupe publia à partir de 1975 une lettre d'information (The Darkover Newsletter) qui se transforma en 1977 en un fanzine intitulé Starstone. Marion Zimmer Bradley encouragea la publication dans ce fanzine de nouvelles se déroulant sur Ténébreuse écrites par des fans, le plus souvent novices en la matière. À l'initiative du fondateur des éditions DAW, Donald Wollheim, elle rassembla les meilleures nouvelles dans une anthologie intitulée The Keeper's Price, parue en 1980. Le succès de ce premier volume motiva la réalisation de 11 autres anthologies sur le même thème. En 1992, Marion Zimmer Bradley décida cependant d'interdire formellement l'écriture d'œuvres de fiction dans l'univers de Ténébreuse, suite à un désaccord avec l'auteur d'une nouvelle inédite. Depuis cette reprise en main de l'univers de Ténébreuse, celui-ci a eu une vie mouvementée. Marion Zimmer Bradley a d'abord écrit en 1994, dans la préface de Snows of Darkover, la dernière anthologie sur Ténébreuse, que Mercedes Lackey était l'héritière de Ténébreuse, officiallisant la situation créée par la publication en 1993 de Redécouverte, œuvre écrite à deux mains. Les trois romans suivants furent cependant co-écrits avec Adrienne Martine-Barnes. La situation en 2005 semble clarifiée, puisque les trois derniers romans se déroulant sur Ténébreuse ont été écrits par Deborah J. Ross d'après les ébauches et les notes de Marion Zimmer Bradley. Une nouvelle trilogie est en court d'écriture par Deborah J. Ross qui semble donc l'héritière officielle de l'univers de Ténébreuse. Marion Zimmer Bradley est aussi très connue pour Le Cycle d'Avalon, réécriture du mythe de Camelot du point de vue de la fée Morgane et de la reine Guenièvre. Marion Zimmer Bradley a utilisé plusieurs noms de plume tels Morgan Ives, Miriam Gardner, John Dexter et Lee Chapman, pour écrire des romans ayant pour personnages centraux des homosexuels ou des lesbiennes et qui bien qu'apparaissant relativement anodins de nos de jours étaient considérés comme de la pornographie dans les années 1960. En 1966 Marion Zimmer Bradley fonde la Society for Creative Anachronism. Depuis sa mort, les droits de l'œuvre complète de Marion Zimmer Bradley sont gérés par une fondation créée à cet effet, le Marion Zimmer Bradley Literary Works Trust.
Œuvres choisies de Marion Zimmer Bradley
1984 : Adagio pour une ombre 1998 : Chroniques de Ténébreuse - Le cycle des légendes 1997 : Chroniques de Ténébreuse - Les cent royaumes 1974 : Cycle de la Ténébreuse - L'Epée enchantée 1985 : Cycle de la Ténébreuse - L'étoile du danger 1981 : Cycle de la Ténébreuse - L'exil de Sharra 1975 : Cycle de la Ténébreuse - L'héritage d'Hastur 1982 : Cycle de la Ténébreuse - La belle fauconnière 1970 : Cycle de la Ténébreuse - La Captive aux cheveux de feu 1976 : Cycle de la Ténébreuse - La chaîne brisée 1984 : Cycle de la Ténébreuse - La Cité Mirage 1983 : Cycle de la Ténébreuse - La Maison des Amazones 1997 : Cycle de la Ténébreuse - La matrice fantôme 1972 : Cycle de la Ténébreuse - La planète aux vents de folie 1977 : Cycle de la Ténébreuse - La Tour interdite 1980 : Cycle de la Ténébreuse - Le Loup des Kilghard 1999 : Cycle de la Ténébreuse - Le soleil du traître 1971 : Cycle de la Ténébreuse - Les Casseurs de mondes 1989 : Cycle de la Ténébreuse - Les Héritiers d'Hammerfell 1962 : Cycle de la Ténébreuse - Projet Jason 1994 : Cycle de la Ténébreuse - Redécouverte 1978 : Cycle de la Ténébreuse - Reine des orages 1964 : Cycle de la Ténébreuse - Soleil sanglant 1975 : Cycle Régis Hastur - L'Alliance / Soleil sanglant / L'Héritage d'Hastur 1971 : Cycle Régis Hastur - L'exil de Sharra / Les casseurs de mondes / La chanson de l'exil 1997 : Cycle Régis Hastur - La matrice fantôme / Le soleil du traître 1985 : La Princesse de la nuit 1987 : La trahison des dieux 1982 : Les dames du Lac - Les dames du lac 1979 : Les dames du Lac - Les brumes d'Avalon 1993 : Les dames du Lac - La colline du dernier adieu 1997 : Les dames du Lac - Le secret d'Avalon 2000 : Les dames du Lac - La prêtresse d'Avalon 2004 : Les dames du Lac - Les Ancêtres d’Avalon 1996 : Les Pouvoirs perdus - Glenravenne 1998 : Les Pouvoirs perdus - La faille entre les mondes 1990 : Sara 1995 : Tigre, feu et flamme 1990 : Trillium - Le talisman écarlate 1993 : Trillium - Le Trillium d'Or 1995 : Trillium - La dame du Trillium 1997 : Trillium - Le Trillium céleste
Les citations de Marion Zimmer Bradley
«La vérité a plusieurs visages.» [ Marion Zimmer Bradley ] - Les dames du lac
« À la naissance de Dorilys, un orage éclate ; ce n'est pas par hasard. Plus tard, à peine pubère, elle foudroie un homme trop entreprenant. Peut-on lui apprendre à se contrôler ? Ce n'est pas simple : la sélection génétique permet de créer des hommes et des femmes dotés de superpouvoirs que nul ne parvient à maîtriser vraiment. Tout le monde est en danger ; Ténébreuse est entrée dans les Âges du Chaos. Dorilys devra-t-elle à son tour épouser un proche parent ? Acceptera-t-elle d'engendrer des enfants maudits ? Aura-t-elle la force de renoncer aux plaisirs de la chair, sachant que l'homme de sa vie pourrait bien les chercher ailleurs ? Les passions et les souffrances ne sont plus protégées par le secret : la télépathie révèle tout. Et Dorilys se consume. Désormais l'orage est dans sa tête. Sur qui la foudre va-t-elle tomber ? S'arrêtera-t-elle avant d'avoir incendié la planète ?.» [Marion Zimmer Bradley] - Reine des orages !
«Brynat le Balafré avait gagné. L'imprenable château de Storn était à lui. Dans la forteresse conquise, un prêtre félon avait béni son insolente union avec la pauvre Allira, héritière de la dynastie déchue. Dorénavant, il était le Maître. Mais, dans sa tour, l'ancien Seigneur restait invulnérable. Ce faible aveugle avait abandonné son domaine, livré ses sœurs au bandit ; isolé dans sa transe, endormi dans des royaumes inconnaissables, il n'avait pourtant pas baissé sa garde et la magie continuait de le protéger. Pour Brynat, il y avait là des pouvoirs à conquérir ou, à défaut, une vengeance à redouter. Tous les vaincus, jour après jour, attendaient l'appel de Storn en bouillant d'une rage impuissante. À l'Astroport, Dan Barron avait des visions. Il parlait d'une femme brûlant dans les flammes. Une reine à genoux et souriante, entravée par des chaînes d'or, perdue dans une extase surhumaine. Et le Terrien portait dans sa tête, imprimée comme au fer rouge, cette image qui, à son insu, était celle de son destin. .» [Marion Zimmer Bradley] - Chroniques de Ténébreuse Tome V : La captive aux cheveux de feu
«Les Terriens ont découvert la planète Ténébreuse, au soleil rouge et aux quatre lunes, peuplée par les Chieris et les hommes des arbres. Certains colons ont peu à peu développé des pouvoirs psi (comme la télépathie) appelés le « laran » et donneront naissance à sept puissantes familles : les Comyn. Des siècles plus tard, l’Empire terrien revient sur la planète et se heurte à cette société nouvelle. Le choc culturel est brutal et la guerre, inévitable. Les Terriens vont modifier profondément la vie des Ténébrans et profiter des ressources de la planète. La réunification est fragile. Les dynasties Comyn s’éteignent mais le « laran » brûle encore dans le coeur de certains... .» [Marion Zimmer Bradley] - Cycle de l'âge de Régis Hastur Tome I ( Bloody Sun / The Heritage of Hastur / The Planet Buyers )
La bibliographie de
La Faille entre les mondes de Marion Zimmer Bradley [SF et Fantasy] Résumé du livre Kate Beacham est rejetée par sa famille et menacée par ses voisins parce qu'elle pratique la magie blanche. Ses pouvoirs balbutiants vont, contre toute attente, lui révéler son destin : des messagers du royaume de Glenravenne viennent lui demander son aide pour combattre un sorcier fou qui met en péril les deux mondes...
L'âge de Régis Hastur Tome I : L'alliance (Against the Terrans 2nd Age ) de Marion Zimmer Bradley [SF et Fantasy] Résumé du livre C'est la fin du voyage, le crépuscule sillonné d'éclairs, la dernière étape de l'histoire ténébrane. La plus humaine aussi, la plus riche de complexité. Les Terriens sont partagés entre la tentation d'exploiter la planète et le désir de la guérir - ou d'y chercher, comme Jay Allison, le remède à leurs propres maux. Les Ténébrans sont partagés entre le conservatisme hautain d'un Dyan Ardais et la volonté, chez un Régis Hastur et un Lew Alton, de renouveler leur monde par le voyage à la Terre et le métissage avec les télépathes de tous les pays. Étrange Ténébreuse, où les femmes sont tantôt traitées comme des proies (Dyan Ardais encore lui ne s'en prive pas), tantôt amenées à renoncer aux traditions ancestrales et à devenir... des Amazones Libres ! D'autres révoltés, trangressant ouvertement les anciens tabous, ont déjà créé la Tour Interdite, où pour peu de temps ils étaient quatre télépathes à vivre ensemble une même communion sexuelle et spirituelle. Certes, le culte de la mort inspire la rébellion de Sharra comme cet enfant de la forêt jaune qui casse tout en prenant conscience de l'agonie de sa race. Vains soubresauts : la vie continue, romantique et palpitante ?
Adagio pour une ombre (The inheritor ) de Marion Zimmer Bradley [Frisson / Terreur] Résumé du livre Après avoir aidé la police à arrêter un tueur psychopathe, le docteur Leslie Barnes, une jeune psychologue, refuse désormais que l'on fasse appel à ses dons de voyante. Elle achète une vieille maison sur les hauteurs de San Francisco et s'y installe avec sa jeune soeur Emily, pianiste de dix-sept ans extraordinairement douée. Mais la demeure est bientôt le théâtre d'une série d'incidents de plus en plus angoissants et dont le rythme s'accélère avec l'entrée en scène d'un mystérieux personnage, soi-disant ami de la précédente et défunte propriétaire. Contrainte de remettre en cause ses convictions rationalistes, Leslie va s'enfoncer dans une spirale sulfureuse où se mêlent parapsychologie, magie et occultisme.
La chute de l'Atlantis (The fall of atlantis) de Marion Zimmer Bradley [Science-Fiction] Résumé du livre Atlantis, le royaume de la mer, est régi par un système de castes, dans lequel chacun trouve sa place. La belle Domaris, fille aînée du grand prêtre Talkannon, a choisi de devenir une "initiée" : sous la férule du sage Rajasta, prêtre de la Lumière, elle devra donc apprendre les arcanes de la magie pour le bien de tous. La fougueuse Déoris, sa cadette, s'apprête à suivre la même voie. Mais l'arrivée du prince atlante Micon, mutilé par les tuniques noires - des prêtres qui pratiquent la sorcellerie, contrairement au code d'Atlantis, va totalement bouleverser leur existence. Domaris va s'éprendre de Micon ; quant à Déoris, elle va se laisser séduire par l'adepte Rivéda, qui hésite entre la lumière et les ténèbres et que seul l'amour pourrait sauver. Dans le cycle éternel des réincarnations, ce sont leurs vies futures qui vont se décider. Le sort de leur patrie, le royaume marin d'Atlantis, en dépend aussi. Peut-être même le sort de l'humanité.
Les voix de l'espace de Marion Zimmer Bradley [Nouvelles] Résumé du livre "Occupez-vous de la Terre d'abord !" En une seule phrase, Marion Zimmer Bradley prend de vitesse la vague verte à une époque (1955) où nul ne la voyait venir. Elle aime les cultures archaïques, proches de la nature, qu'elle trouve dans les lointains de l'espace (la planète Ténébreuse) et du temps (la Bretagne des "Dames du lac") et elle est bien obligée de les prendre comme elles sont : patriarcales. Mais elle ne se contente pas de l'image de la femme qu'elle trouve dans les sociétés de ce type ; ses héros sont le plus souvent des héroïnes, des aventurières, des déracinées (Ténébranes obligées de vivre sur Terre ou Terriennes perdues sur Ténébreuse) qui, à la technologie masculine, ne peuvent opposer que les pouvoirs mentaux dont elles sont accablées jusqu'à ce qu'elles retrouvent leur vraie famille et s'acceptent telles qu'elles sont. Un destin élargi s'offre alors à elles : communion intime des télépathes, occupation des corps d'autrui avec l'assentiment de l'hôte. Autres solutions : fonder une alliance comme ces Amazones Libres qui choisissent de s'autodéterminer au sein même de la société patriarcale ; ou triompher des difficultés de la reproduction dans l'espace en entrant en relations (presque toujours positives) avec des non-humains dont le corps hermaphrodite se prête à toutes sortes d'usages.
Marion Zimmer Bradley

June 02 1840 2 juin Thomas Hardy Est un poète et écrivain anglais Né le 2 juin 1840 à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford Décédé le 11 janvier 1928 à Dorchester Il a reçu l'ordre du Mérite Il appartient au courant naturaliste, bien que lui-même se considérait d'abord comme un poète, qui n'écrivait des romans que pour gagner sa vie. La majorité de son œuvre, qui se déroule essentiellement dans la région fictive du Wessex, dépeint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa poésie, publiée après ses 50 ans, est jugée d'une qualité égale à ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d'écrivains anglais, The Movement, dans les années 50 et 60. Thomas Hardy - Métamorphose (Littérature étrangère) Maître dans l'art de décortiquer 'les petites ironies de la vie', Thomas Hardy possédait aussi le talent de se pencher, en quelques pages, sur les grandes. Ces instants où une existence bascule, ces décisions dont il faudra à jamais supporter les conséquences, ces éclairs de lucidité qui pétrifient, il s'en fit le conteur subtil. Et si l'Angleterre qu'il nous dépeint a disparu, ses personnages gardent intact cet étrange et universel don de nous émouvoir. Quand un géant du roman se métamorphose en nouvelliste, les masques de ses courtes tragédies prennent un relief inoubliable.
La biographie de Thomas Hardy
Thomas Hardy est né à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester dans le Dorset, Angleterre où son père exerce la profession de tailleur de pierre. Sa mère, lettrée, l'enseigne à domicile avant qu'il ne soit inscrit à l'école locale à l'âge de 8 ans. Il arrêtera ses études à 16 ans en devenant apprenti chez John Hicks, un architecte local. Il travaille ainsi dans le Dorchester avant de partir pour Londres en 1862; où il devient étudiant au King's College de Londres. Il remporte des prix du Royal Institute of British Architects et de l'Architectural Association. Mais il ne se considère pas comme un londonien et décide de rentrer dans le Dorset cinq ans plus tard pour se consacrer à l'écriture. De ses études, il garde le goût de la poésie latine. Il apprend le grec tout seul pour lire Homère et le Nouveau Testament. Charles Darwin et la critique biblique lui font perdre la foi religieuse dont il porte le deuil toute sa vie. Très tôt, il écrit des poèmes, dont certains verront le jour trente ou quarante ans plus tard. En 1867, il se tourne vers le roman pour essayer de vivre de sa plume. Passées les premières difficultés, il réussit honorablement. Il est bientôt fournisseur des revues et des magazines. De 1871 à 1896, il écrit quatorze romans et quatre recueils de nouvelles. Une demi-douzaine de grandes œuvres émergent de cette production inégale : 1874 : Barbara (Far from the Madding Crowd) 1878 : Le Retour au pays natal (The Return of the Native) 1886 : Le Maire de Casterbridge (The Mayor of Casterbridge) 1887 : Les Forestiers (The Woodlanders) 1891 : Tess d'Urberville (Tess of the d'Urbervilles) 1896 : Jude l'Obscur (Jude the Obscure) Tous les romans sans exception se déroulent dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le Dorset et les comtés voisins se trouvent transmués en royaume littéraire que Hardy appelle le Wessex, du nom de l'ancien royaume des Saxons de l'Ouest. Le Wessex apparaît comme une province de l'imagination. Après le scandale déclenché par Jude, Thomas Hardy abandonne le roman. Les Dynastes (The Dynasts), composé entre 1903et 1908, est un vaste poème dramatique sur l'épopée napoléonienne. Hardy a écrit par ailleurs près d'un millier de poèmes assez inégaux. Les élégies de Veteris Vestigia Flammae, écrites après la mort de sa première femme survenue en 1912, forment un groupe d'une perfection rare. Thomas Hardy commence à souffrir de pleurésie en décembre 1927 et en meurt en janvier 1928, après avoir dicté son tout dernier poème à sa femme sur son lit de mort.
Œuvres de Thomas Hardy
Éditions françaises récentes L'homme démasqué, traduction par Diane de Margerie de : Barbara of the house of Grebe, 2008 Le Maire de Casterbridge : histoire d'un homme de caractère, traduction par Philippe Néel de : The Mayor of Casterbridge Barbara, traduction par Mathilde Zeys de : Far from the madding crowd, 1953 Tess d'Urberville, traduction par Madeleine Rolland de : Tess of the d'Urberville's, 1980
Les citations de Thomas Hardy
«La guerre fait joliment bien dans l'histoire et la paix fournit une pauvre lecture.» [ Thomas Hardy ] - Les dynastes
«Le temps change tout sauf cette part de nous-même qui, inlassablement et jusqu'à la fin, s'étonne devant tout.» [ Thomas Hardy ]
«Un mariage devrait pouvoir être dissous dès que pour l'une des parties il devient cruauté.» [ Thomas Hardy ] - Jude l'obscur
«Les apôtres qui réussissent sont ceux qui répandent une doctrine que les foules sentent depuis quelque temps sans savoir la formuler.» [ Thomas Hardy ]
«L'expérience consiste en intensité, non en durée.» [ Thomas Hardy ] - Tess d'Uberville
«C'était une femme exceptionnelle : avant de parler, elle savait ce qu'elle voulait dire.» [ Thomas Hardy ]
«Si un chemin peut conduire au meilleur, il passe par un regard attentif sur le pire.» [ Thomas Hardy ]
«La véritable histoire d’un être n’est pas dans ce qu’il a fait, mais dans ce qu’il a voulu faire.» [ Thomas Hardy ] - Tess d’Urberville
La bibliographie de Thomas Hardy Jude l'obscur de Thomas Hardy [Roman] Résumé du livre Tout en exerçant son métier de maçon, Jude Fawley rêve d'une vie meilleure et s'acharne à acquérir le savoir et la culture. La passion qui naît en lui pour sa cousine Sue, mariée à un maître d'école, va lui faire entrevoir d'autres horizons de bonheur et les conduire tous deux à la perdition. Comme toute l’oeuvre de Thomas Hardy le dernier grand romancier européen du XIXe siècle, disait le critique Edmond jaloux, ce roman est une méditation sur les désirs et les tendances qui déchirent l'être humain, l'opposant à lui-même autant qu'aux lois sociales qui l'entourent. Tout se passe comme si Jude Fawley, ayant voulu s'arracher à sa condition et à son existence, avait du même coup mis en branle les forces qui l'écraseront. La vérité des personnages et du drame, l'épaisseur vivante de l'univers social où ils évoluent, la hauteur et la lucidité du regard posé sur eux, égalent ce livre à l'autre chef-d’œuvre de Thomas Hardy, Tess d'Urberville.
Requiem pour une rouquine de Thomas Hardy [Policier] Résumé du livre Coutts esquiva sans effort un swing du gauche et allongea un coup de pied dans le ventre de Cahill. Ce dernier grogna et s'étouffa tandis que Coutts lui prenait le poignet gauche, le lui ramenait en arrière en faisant craquer l'épaule, et le précipitait à l'autre bout de la pièce, aussi inerte qu'un sac de ciment. Cahill heurta Marzotti et s'abattit sur le plancher, où il se tortilla, le bras toujours coincé entre les omoplates. Marzotti bascula sur le bureau sous le choc et alla s'écraser contre le bar rempli de cristaux précieux et de bonnes bouteilles; il disparut derrière le bureau dans le fracas du verre brisé et l'éclaboussement des liqueurs.
Tess d'Uberville de Thomas Hardy [Roman] Résumé du livre Tess Durbeyfield était une jeune paysanne aux grands yeux inno-cents. Son teint éclatant fit son malheur. Placée chez les nobles d'Urberville, ses cousins d'après son père, elle est séduite et abandonnée. Aimée puis épousée, on la quitte une seconde fois parce qu'elle est trop honnête. Tess est la pureté même dans un monde perverti, la foi simple dans une société puritaine. La critique du XIXe siècle anglais est amère. Le destin des pauvres s'écoule, inexorable, celui des riches aussi. Sur l'au-delà même pèse le doute. Ici-bas seule est belle et heureuse la nature du sud de l'Angleterre. Les jeunes filles dansent dans les près le 1er mai, croquant les fraises à pleine bouche, travaillant dur les champs. Donnant le rôle de Tess à Nastassia Kinski, le cinéaste Roman Polanski a mis en images les célèbres tableaux rustiques de Thomas Hardy.
Les yeux bleus de Thomas Hardy [Roman] Résumé du livre Dans une bourgade du Wessex , Elfride la fille du vicaire tombe amoureuse de Stephen, le jeune architecte venu restaurer l'église mais tout s'oppose à leur union et ils n'ont d'autre choix que de s'enfuir ensemble ou se laisser broyer par les préjugés. Un des plus beaux portraits de Thomas Hardy.

Thomas Hardy

June 01 1959 1 juin Sax Rohmer De son vrai nom Arthur Henry Sarsfield Ward Est un romancier britannique Né le 5 février 1883 à Birmingham Décédé le 1er juin 1959 à Londres On lui doit en particulier une série de romans mettant en scène le génie du crime Fu Manchu Sax Rohmer - Le mysterieux docteur Fu Manchu (Roman) Une série culte du roman policier des années vingt Fu Manchu le péril jaune incarné en un seul homme ! fait son apparition par une nuit brumeuse dans une fumerie d’opium des bas-fonds de Londres. Pour l’empêcher de nuire : Nayland Smith, homme de caractère et d’expérience, agent secret à ses heures, flanqué du docteur Petrie, Écossais plutôt fleur bleue et chroniqueur des innombrables méfaits du Chinois. Le but ultime et nébuleux de Fu Manchu est d’instaurer la suprématie de l’Orient sur l’Occident. Ce diabolique Chinois est avant tout un esthète du crime, à l’imagination exotique et débridée. Orchidées, champignons, scolopendres, serpents, gaz toxiques, femmes fatales, assassins rituels, singes miniatures et poisons rares lui servent à tuer en série et en beauté pour le plaisir horrifié du docteur Petrie et de ses lecteurs. Grand délire paranoïaque qui pille sans scrupules l’Égypte des archéologues, la Birmanie de Kipling, l’Arabie d’Omar Khayyam et autres contrées de l’esprit, Fu Manchu ajoute à cette géographie imaginaire un Londres nocturne aux contours doubles, tout en chausse-trapes où le moindre ponton cache un laboratoire clandestin, le moindre entrepôt un caravansérail, la moindre passante une princesse arabe… Frissons et rebondissements garantis, dans la grande tradition des comploteurs maléfiques de Stevenson ou Conan Doyle. Né Arthur Henry Sarsfield Ward en 1883 à Birmingham, de parents irlandais d’origine modeste, Sax Rohmer publie ses premières nouvelles dès l’âge de vingt ans. C’est avec avec le personnage de Fu Manchu, dix ans plus tard, qu’il connaît gloire internationale et fortune.Rohmer s’installe à New York après la seconde guerre mondiale et meurt à New York en 1959. Il est l’auteur de plus d’une cinquantaine de romans et de recueils mettant en scène l’immortel docteur chinois — et nombre d’autres détectives et criminels aussi récurrents qu’exotiques. Avis Les lecteurs français qui aiment la littérature policière et d’aventures liront avec passion Le mystérieux docteur Fu Manchu, polar publié à Londres en 1913 et premier volume d’une longue saga. Le roman plonge son action dans la ville-monde. A savoir : un jeu de cache-cache maléfique entre le cruel docteur Fu Manchu, figure du péril jaune et esthète du crime tapis quelque part dans les brumes de Londres, et deux enquêteurs à l’élégance toute britannique, le docteur Petrie et son ami l’agent secret Nayland Smith … Dans ce texte mené de main de maître par le prolifique Sax Rohmer, qui initiait là une longue série de romans policiers mettant en scène la figure inquiétante de Fu Manchu, le lecteur sera pris par la main pour passer d’une péripétie à la suivante, presque toujours sur le mode de l’exotisme et de l’extravagance. Fu Manchu aime en effet le goût du sang, mais pas n’importe comment : les Chinois ne sont-ils pas des maîtres de l’illusion aussi raffinés que cruels ? Un must de la littérature policière.
La biographie de Sax Rohmer
C'est en 1903 que Sax Rohmer publia sa première nouvelle dans le magazine Pearson's Weekly : The Mysterious Mummy. Il gagna ensuite sa vie en écrivant des sketches pour des comédiens et des nouvelles et des feuilletons pour la presse magazine. En 1909, il épousa Rose Knox. Il publia son premier roman, Pause !, en 1910 et la première histoire de Fu Manchu, Le Mystérieux Docteur Fu Manchu, parut en 1912 et 1913. Le succès de ce récit rythmé et raciste fut immédiat et de nombreux autre récits prolongèrent par la suite la lutte de Nayland Smith et du Dr. Petrie contre la consipration mondiale du Péril Jaune. Grâce au succès de Fu Manchu, et dans une moindre mesure de personnages comme Gaston Max ou Morris Klaw, Rohmer fut l'un des auteurs les mieux payés des années 1920 et 1930 mais il ne sut jamais gérer correctement sa fortune. Après la Seconde Guerre mondiale, il emménagea à New York. Le personnage de Fu Manchu a fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques notamment dans les années 1930 (avec Boris Karloff) et dans les années 1960 (avec Christopher Lee). Le premier tome des aventures de Sir Denis Nayland Smith et du Dr. Petrie est réédité en 2008 par les éditions Zulma
Œuvres de Sax Rohmer
1910 : Pause ! 1912 : The Sins of Severac Babylon 1913 : Le Mystérieux Docteur Fu Manchu (The Mystery of Dr. Fu Manchu) 1915 : Le Crime de minuit (The Yellow Claw) 1916 : Le Diabolique Fu Manchu (The Devil Doctor) 1917 : The Si-Fan Mysteries 1918 : Tales of Secret Egypt 1919 : Dope 1919 : The Golden Scorpion 1920 : The Dream Detective 1922 : Tales of Chinatown 1925 : Yellow Shadows 1929 : The Book of Fu Manchu 1931 : La Fille de Fu Manchu (The Daughter of Fu Manchu) 1933 : L'Ombre pourpre ou la Fiancée de Fu Manchu (Fu Manchu's Bride) 1939 : The Drums of Fu Manchu 1948 : The Shadow of Fu Manchu 1957 : Fu Manchu entre en scène (Re-enter Fu Manchu)
La citation de Sax Rohmer
«Imaginez une personne, grand, maigre et les félins, les épaules, avec un front comme Shakespeare et un visage, comme Satan, un crâne rasé de près, et long, des yeux magnétiques du vrai chat-vert. Invest lui avec tous les traitements cruels ruse Est de toute une race, accumulée dans un grand intellect, avec toutes les ressources de la science du passé et du présent, avec toutes les ressources, si vous voulez, d'un riche gouvernement - qui, pourtant, a déjà nié toute connaissance de son existence. Imagine que d'être terrible, et vous avez une image mentale du Dr Fu Manchu, le péril jaune incarné en un seul homme ... .» [Sax Rohmer] - Extrait de The Mystery of Dr Fu Manchu, 1913
La bibliographie de Sax Rohmerde Sax Rohmer Les créatures du docteur Fu Manchu de Sax Rohmer [Roman] Résumé du livre Une série culte du roman policier des années vingt. Après deux années d'un mélancolique répit, le naïf Dr Petrie, pas vraiment remis d'avoir perdu la trace de la belle Kâramanèh, disparue en Égypte, revoit tour à tour débarquer dans sa vie : le révérend Eltham, l'ennemi juré des Boxers, Nayland Smith, de retour de Birmanie, et le Dr Fu Manchu, plus cruel, plus insaisissable que jamais. Sans oublier la troublante Kâramanèh ! Par une belle nuit de Londres, le pasteur Eltham est enlevé. Et l'aventure recommence ! On sait Fu Manchu amateur d'animaux dangereux ; sous les yeux effarés de ses poursuivants, et pour le plus grand plaisir du lecteur, le docteur chinois transforme Londres en une jungle hostile, baroque jusqu'à l'absurde. Singes, volatiles, rats affamés, serpents venimeux… Magicien, dompteur, metteur en scène, Fu Manchu orchestre la partie, et se joue, grand fauve, de ses prévisibles adversaires. Attiré dans son laboratoire par Kâramanèh, au comportement de plus en plus ambigu, Petrie parvient à s'échapper avant que le Dr Fu Manchu, qui apprécie ses compétences, ne le drogue pour l'expédier au fin fond de la Chine. Mais aussitôt une nouvelle mission l’attend : sauver d'une mort certaine un « homme qui en sait trop », l'Américain van Roon ! Fu Manchu, lui, reste introuvable, après avoir jeté son dévolu sur une maison prétendument hantée de la banlieue de Londres... Avec les Créatures du docteur Fu Manchu, Sax Rohmer poursuit une série qui dépassera souvent, par ses choix esthétiques, sa démesure, son imagination graphique (et sonore : on hurle, on ulule, on chuchote, on bruisse, on tintinnabule, on gémit à toutes les pages), le déjà trépidant Mystérieux docteur Fu Manchu. Des rebondissements, des frissons... Vivement le prochain tome ! MARIANNE Saluons le début de leur réédition : on y retrouve la verve feuilletonesque qui fait la littérature populaire si délectable. Femmes fatales, chausse-trappes, rebondissements multiples, invraisemblances et idéologies d’époque sont quelques-uns des ingrédients utilisés par l’écrivain, avec en plus une touche d’humour very british !
Sax Rohmer

May 31 1887 31 mai Saint-John Perse Pseudonyme d’Alexis Leger Est un poète et diplomate français Né le 31 mai 1887 en Guadeloupe Décédé sur la presqu'île de Giens le 20 septembre 1975 Pas d'accent à son nom (comme pour Clemenceau), le poète y tenait, de même qu'à la prononciation « Leuger » Il a également utilisé le nom de plume Alexis Saint-Leger Leger (qu'il a présenté comme son véritable patronyme, et a affirmé que Leger n'était qu'une abréviation) Saint-John Perse a reçu le prix Nobel de littérature en 1960 Saint-John Perse - Lettres atlantiques , Correspondance avec T.S. Eliot et A.Tate Saint-John Perse entretint un abondant courrier avec un grand nombre de personnalités du monde littéraire international. Ce volume présente sa correspondance avec deux des plus grands poètes américains du e siècle : T.S. Eliot (1888-1965), lauréat du prix Nobel de littérature en 1948 ; et Allen Tate (1899-1979), critique et directeur de Sewance Review. Pendant un demi-siècle, les trois poètes s’écrivirent et se retrouvèrent. Leurs lettres, en anglais et en français, dispersées entre l’Amérique, l’Angleterre et la France et en grande partie inédites, se trouvent ici rassemblées et traduites pour la première fois. Cette correspondance à trois voix se prolonge et s’enrichit de pages où Eliot et Tate s’adressent à des tierces personnes et s’adonnent à des commentaires sur le « mélancolique Gaulois » qu’ils ne pourraient pas lui faire directement. Ces échanges offrent un contrepoint tour à tour touchant et amusant à la correspondance plus formelle entre hommes de lettres. Prises ensemble, ces lettres constituent une chronique de plusieurs vies qui s’enchevêtrent à l’horizon des courants littéraires, politiques et sociaux de leur époque. Elles révèlent les curieuses démarches qui menèrent au prix Nobel de 1960 et permettent d’entrer dans des amitiés d’une surprenante générosité, sans être exemptes de péripéties et de mystères. ...
La biographie de Saint-John Perse
Le poète Alexis Leger, après une enfance passée à la Guadeloupe jusqu'en 1899, s'installe à Pau avec sa famille, où il fréquente l'actuel lycée Louis-Barthou, fait ses études de droit à Bordeaux dès 1904. Il fait son service militaire dans l'infanterie à Pau, puis fait la rencontre de Francis Jammes qui le présente notamment à Paul Claudel, avec qui il entretiendra des relations mouvementées. Il s'introduit peu à peu dans le milieu de la NRF, où il fait la connaissance de Jacques Rivière et André Gide qui l'encouragent dans la carrière littéraire. Il publie son premier recueil de poèmes Éloges en 1911 et rencontre un grand succès. Il se décide à s'engager dans la carrière diplomatique en 1914. Il est nommé diplomate à Pékin de 1916 à 1921, puis en 1924 directeur du cabinet diplomatique d'Aristide Briand, année où il publie son recueil Anabase sous le pseudonyme de Saint-John Perse, jusqu'en 1932, puis devient ambassadeur en 1933, et secrétaire général du ministère des affaires étrangères jusqu'en 1940, date à laquelle il s'exile aux États-Unis. Il publie Exil en 1942, Pluies et Poème à l'étrangère en 1943, Neiges en 1944. Il est réintégré dans la nationalité française en 1944, à la libération de la France, mais reste aux États-Unis. Il publie Amers en 1957, année où il revient faire de longs séjours en France, sur la presqu'île de Giens. Il publie de courts poèmes : Chronique en 1960, année où il obtient le Prix Nobel de littérature, son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960 restant un modèle d'éloquence. Il publiera encore Oiseaux, inspirés par Georges Braque en 1963, et finalement Chant pour un équinoxe en 1971. Il meurt le 20 septembre 1975, à Giens (Var), où il a écrit ses dernières œuvres, Nocturne et Sécheresse, et où il repose désormais.
Le diplomate Alexis Leger devient chef de cabinet d'Aristide Briand en 1925 et est l'un des principaux auteurs des Accords de Locarno en octobre 1925 ; Aristide Briand reste le mentor d'Alexis Leger et prolonge, par son disciple, son influence au Quai d'Orsay de sa mort en 1932 jusqu'en 1940. Toute sa vie, Alexis Leger défend sa mémoire, allant jusqu'à affirmer que jamais Briand n'aurait toléré les abandons de la France devant la montée du nazisme. Comme secrétaire général du ministère des affaires étrangères pendant 8 ans, il assure la continuité de la diplomatie française devant la valse des ministres (plus d'un par an en moyenne). Ainsi, en mai 1936, au moment de son arrivée au pouvoir, Léon Blum demande tout de suite : « Qu'en pense Leger ? » sur les deux principaux enjeux diplomatiques : la remilitarisation de la rive gauche du Rhin et la Guerre d'Espagne. Lors des Accords de Munich, il semble moins complaisant que Daladier et, surtout, Georges Bonnet, son ministre, devant l'abandon de la Tchécoslovaquie : Hitler le qualifie à cette occasion de « petit martiniquais sautillant » ! En juin 1940, Paul Reynaud le remplace par Charles-Roux pour marquer sa rupture avec la politique pratiquée vis-à-vis du Reich depuis 8 ans, ce qu'il prend pour un affront. En exil aux USA, il est alors déchu de la nationalité française par le régime de Vichy et se fait embaucher par la Bibliothèque du Congrès grâce à Archibald MacLeish, poète américain, qui en était le bibliothécaire. Il devient avec Jean Monnet peut-être le seul Français qu'accepte d'écouter le Président Roosevelt, très hostile au général de Gaulle. Le chef de la France libre essaie de le rallier à sa cause en tant que plus important responsable du ministère de Affaires Etrangères après le ministre en titre au moment de la défaite. Il refuse sèchement en reprochant à de Gaulle sa « démarche politique », ce que le Général ne lui pardonnera jamais : en 1960, à l'occasion de son Prix Nobel, Alexis Leger déclare avoir reçu « les félicitations de quatorze gouvernements étrangers mais pas de celui de sa patrie ».
Œuvres de Saint-John Perse
Éloges (1911) Anabase (1924) Exil (1942) Poème à l'étrangère (1943) Pluies (1944) Neiges (1944) Vents (Gallimard 1946) Amers (NRF 1953) Etroits sont les vaisseaux (1956) Chronique (1960) Poésie (1961) Oiseaux (Au vent d'Arles 1962) Pour Dante (1965) Chant pour un équinoxe (1971) Nocturne (1973) Sécheresse (1974) Œuvres complètes, (1982)
Les citations de Saint-John Perse
«L'impatience est en tous lieux.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ]
«On ne fréquente pas sans s'infecter la couche du divin.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Vents
«Etrange l'homme sans rivage, près de la femme, riveraine.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ]
«L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ]
«La fonction même du poète, en tant que mode de connaissance, n'est pour moi qu'une règle de vie qui nous tienne plus vivant, fût-ce à vif, sur l'autre versant de l'apparence.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ]
«La démocratie, plus qu'aucun autre régime, exige l'exercice de l'autorité.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Discours sur Briand
«La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Sur Dante
«Et nos poèmes encore s'en iront sur la route des hommes, portant semence et fruit dans la lignée des hommes d'un autre âge.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Vents
«S’en aller ! S’en aller ! Paroles de vivant !» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Vents
«A la question toujours posée “Pourquoi écrivez-vous ?”, la réponse du Poète sera toujours la plus brève “Pour mieux vivre”.» [ Alexis Léger Saint-John Perse ] - Réponse à un questionnaire sur les raisons d’écrire
La bibliographie de Saint-John Perse Correspondance 1942-1975 de Saint-John Perse [Lettres ] Résumé du livre De 1942 jusqu'à la mort de Saint-John Perse en 1975, Alain Bosquet et Saint-John Perse n'ont pas cessé de correspondre. C'est à peu près la totalité de cette correspondance (117 lettres retranscrites) qui est publiée dans le présent ouvrage. Saint-John Perse « travaille », crayon en main, sur les lettres qui lui sont adressées, avant d'y répondre, anxieux pour la vie publique de son œuvre, préoccupé par la question de ses manuscrits perdus. La mise au point du volume Seghers est au cœur de l'intérêt que présente cette correspondance. Pour Saint-John Perse, l'essai d'Alain Bosquet sera chargé de représenter une orthodoxie dans la lecture de ses œuvres, et cette correspondance le montre clairement. Le Paris littéraire d'après-guerre est en arrière-fond. Il est question de Valery Larbaud, de Jean Paulhan, de Marcel Arland, de Roger Caillois, de Cioran. Mais ce qui caractérise le plus ces lettres, c'est la fidélité absolue qu'a eue Alain Bosquet à son admiration pour le poète qu'est Saint-John Perse et pour sa poésie. La notoriété de Saint-John Perse est en partie redevable à Alain Bosquet qui, à sa génération, a été, avec Roger Caillois et Pierre Guerre, son premier soutien.
Eloges, Saint-John Perse de Saint-John Perse [] Avis Allergiques à la poésie, vous pouvez passer votre chemin! Mais bon, ne le passez pas trop fort, vous risquez de louper quelque chose... J'ai ce recueil chez moi depuis quelques années, puisque je l'ai travaillé en première. Il s'agit du recueil "Eloges" du poète Saint-John Perse, né à la fin du XIXème siècle. Loin des rimes rimbaldiennes, des méandres baudelairiennes et du surréalisme, je vous propose un type de poésie assez nouvelle... Saint-John Perse (évidemment c'est un surnom, comme pour la plupart des poètes de l'époque) est issu de la haute société française. De son vrai nom Alexis Léger, il était un diplomate sous la Troisième République, et a de ce fait beaucoup voyagé. Enfant, il grandit en Guadeloupe, au sein de l'aristocratie créole. C'est cet univers de soleil et de langueur qu'il célèbre dans "Eloges". Sa poésie est considérée comme la plus accomplie qui soit, elle ne s'embarrasse pas de rythmique "académique", dirais-je (sizains, alexandrins etc...), a sa propre sonorité, qui sublime les mots de l'auteur, lui conférant une simplicité et une vérité sans pareille.
("Eloges", poème n°XVI)
" ...Ceux qui sont vieux dans le pays le plus tôt sont levés à pousser le volet et regarder le ciel, la mer qui change de couleur et les îles, disant: la journée sera belle si l'on en juge par cette aube. Aussitôt c'est le jour! et la tôle des toits s'allume dans la transe, et la rade est livrée au malaise, et le ciel à la verve, et le Conteur s'élance dans la veille!
La mer, entre les îles, est rose de luxure; son plaisir est matière à débattre, on l'a eu pour un lot de bracelets de cuivre! Des enfants courent aux rivages! des chevaux courent aux rivages!... un million d'enfants portant leurs cils comme des ombelles...et le nageur a une jambe en eau tiède mais l'autre pèse dans un courant frais; et les gomphrènes, lesramies, l'acalyphe à fleurs vertes et ces piléas cespiteuses qui sont la barbe des vieux murs s'affolent sur les toits, au rebord des gouttières,
car un vent, le plus frais de l'année, se lève, aux bassins d'îles qui bleuissent, et déferlant jusqu'à ces cayes plates, nos maisons, coule au sein du vieillard par le havre de toile jusqu'au lieu plein de crin entre les deux mamelles. Et la journée est entamée, le monde n'est pas si vieux que soudain il n'ait ri...
C'est alors que l'odeur du café remonte l'escalier. "
Lettres à une dame d'Amérique, Mina Curtiss de Saint-John Perse [Roman] Résumé du livre Cette édition est à lire comme la suite d'autres correspondances déjà publiées dans la même collection, notamment Saint-John Perse et ses amis américains, Courrier d'exil édité en 2001 par Carol Rigolot. Son intérêt particulier est de nous ouvrir la porte sur la dernière partie de la vie et de l'oeuvre du poète, celle du retour si longtemps différé en France, de son installation aux Vigneaux dans la presqu'île de Giens, mais aussi de son mariage, du prix Nobel et, parallèlement, de Chronique, Chanté par celle qui fut là, Chant pour un équinoxe, Nocturne et Sécheresse. Ces lettres, de 1951 à 1973, nous apportent comme toujours leur brassée d'informations biographiques et psychologiques, mais la chance a voulu que la destinataire, Mina Curtiss, ne soit pas seulement une riche mécène. A travers son portrait en creux, nous nous attachons à cette femme musicologue, écrivain, voyageuse, collectionneuse de manuscrits et de tableaux, d'une patience et d'une générosité sans faille à l'égard d'un Léger séducteur et avare de lui-même. Grâce à elle, la statue s'humanise, une relation s'invente sous nos yeux et s'organise autour de tout un monde partagé, réseau amical, lieux familiers, complicité au sujet d'une grille de fer forgé, de chats ou d'un opéra de Mozart. Pour elle qui a su l'entraîner vers des films d'épouvante ou des westerns à New York, Léger devient parfois affectueux, touchant, dans son retour vers l'enfance antillaise, ou drôle. Mais il a semblé bon aussi de faire lire ces lettres en regard de celles adressées dans la Pléiade à Mrs Henry Tomlinson Curtiss, pour, à travers quelques exemples, tenter de comprendre les enjeux et la portée de cette entreprise inédite de réécriture, elle aussi réalisée aux Vigneaux. On trouvera aussi en annexe un document d'importance, une correspondance conservée par Mina (on peut donc supposer qu'elle en fut l'instigatrice) qui marque le début d'une campagne américaine en vue de l'attribution du prix Nobel de littérature à Saint-John Perse.

Saint-John Perse

May 30 1951 30 mai Hermann Broch Est un romancier, dramaturge et essayiste autrichien Né le 1er novembre 1886 à Vienne (Autriche) Décédé le 30 mai 1951 à New Haven (Connecticut,Etats-Unis ) Hermann Broch - Le tentateur [Roman] Roman posthume, Le tentateur (1953) raconte comment un personnage assoiffé de pouvoir mystifie la population d'un petit village autrichien. Il a le don de la parole, l'instinct de la foule ; il sait séduire, fanatiser, et son pouvoir lui gagne peu à peu tout le village, en commençant par la jeunesse. Que prêche-t-il ? La haine de la civilisation, des machines, des étrangers, et le retour aux anciennes forces de la terre dont il prétend posséder le secret. Son influence maléfique est combattue par le narrateur, médecin « raisonnable » qui a renoncé à la ville et au succès pour l'austérité de la montagne. Broch nous livre ici les prémisses d'une religiosité nouvelle, cependant qu'il analyse le processus de fascination qui livra son époque aux folies meurtrières d'un dictateur habile à fanatiser les masses. Ces divers plans, mêlés à une maîtrise technique et une richesse d'écriture extrêmement efficaces, forment une grande épopée où le présent et le passé, la Tradition et la Nouveauté s'allient pour fonder une sagesse, non pas dogmatique, mais consciemment utile. ...
La biographie d'Hermann Broch
Hermann Broch nait dans une famille de la riche bourgeoisie juive industrielle de Vienne où son père possède une usine de textile. Hermann suit des études d'ingénieur textile qu'il finit en 1907. Il prend peu après la succession de son père à la tête de l'usine jusqu'en 1927. Sans qu'il soit possible d'expliquer ses raisons, Broch abandonne la direction de l'usine familiale et suit à partir de 1928 des études de mathématiques, de philosophie et de psychologie. En 1931, Broch se dirige vers le métier d'écrivain (il publie des textes dans des revues depuis les années 1910). À l'âge de quarante-cinq ans, en 1931, Broch publie son premier roman, la trilogie Les Somnambules (Die Schlafwandler), il y développe une nouvelle forme de narration sur le thème prémonitoire du délabrement des valeurs de la société contemporaine à travers un tableau de l'Empire allemand durant le règne de Guillaume II de 1888 à 1918. Broch s'intéresse aussi aux questions de philosophie liées à la culture, à l'apprentissage, aux savoirs et à la psychologie des masses, marqué par la montée en puissance des fascismes en Europe. Il est proche à cet égard de l'autre grand romancier viennois de l'époque, Robert Musil. Il analyse cet aspect dans La théorie de la folie des masses, opposant la démocratie au nazisme, et refusant d'hypostasier la masse, indiquant à chaque fois la responsabilité de chacun dans ce processus politique et social . De plus, plutôt que d'opposer simplement la rationalité et l'individualisme rationnel des démocraties à l'irrationalité du fascisme, il appelle la démocratie à utiliser les rituels et les mythes afin d'élever les individus vers une rationalité refusant le processus de massification . Par ses écrits, Broch ne désespérait pas d'influencer indirectement les événements contemporains. Les nazis annexent l'Autriche en 1938 et Broch est arrêté et emprisonné. Avec l'aide de son ami le romancier irlandais James Joyce (Broch est aussi un ami d'Aldous Huxley), il réussit à se faire libérer rapidement et à émigrer aux États-Unis. Après avoir reçu un prix de la Fondation Rockefeller pour ses études sur la psychologie des masses, il obtient un poste de professeur honoraire à l'Université Yale en 1950 avant de mourir un an plus tard sans avoir achevé son travail sur le Tentateur. Son œuvre majeure, La Mort de Virgile (Der Tod des Vergils) fut publiée en premier aux États-Unis en 1945, dans une traduction anglaise, avant d'être publiée en allemand après la guerre. Ce roman dans lequel sont inextricablement mélangées réalité et hallucinations, poésie et prose, retrace les dernières heures de la vie du poète romain Virgile, à Brundisium (Brindisi), où il discute longuement avec ses amis et Auguste, essayant d'obtenir de ce dernier qu'il le laisse détruire son manuscrit de l'Énéide, avant de se raviser et de l'offrir à Auguste, puis de se réconcilier à la fin avec sa destinée. Il a forgé le concept d'« Apocalypse joyeuse » pour désigner le sentiment de désastre imminent et d'effondrement prochain de l'Empire austro-hongrois qui habitait une grande partie de ses citoyens au début du XXe siècle.
Œuvres d'Hermann Broch
Les Somnambules (Die Schlafwandler ; 1928-1931) Le Mal dans le système des valeurs de l'art (Das Böse im Wertsystem der Kunst ; 1933) L'Expiation (Die Entsühnung (Denn sie wissen nicht, was sie tun) ; 1933) James Joyce et le temps présent (James Joyce und die Gegenwart ; 1936) Esprit et esprit du temps (Geist und Zeitgeist ; 1943) La Mort de Virgile (Der Tod des Vergil ; 1945) Les Irresponsables (Die Schuldlosen ; 1950) Le Tentateur (Der Versucher ; 1954), Création littéraire et connaissance (Dichten und Erkennen ; 1955), recueil d'essais, Hofmannsthal et son temps (Hofmannsthal und seine Zeit ; 1955) Lettres (Briefe ; 1957) Psychologie des masses (Massenpsychologie ; 1959) La Grandeur inconnue (Die unbekannte Grösse ; 1961) Théorie de la folie des masses (Massenwahntheorie ; 1979) Hermann Broch. Lettres, 1929-1951. Logique d'un monde en déclin, essai. 1955
Les citations d'Hermann Broch
«Dans le réel, la plénitude se refusera toujours, mais le chemin de la nostalgie et de la liberté est infini et ne sera jamais mesuré par notre pas.» [ Hermann Broch ] - Les Somnambules
«Chacun sait quelle folie s’est aujourd’hui emparée du monde, chacun sait qu’il participe lui-même à cette folie, comme victime active ou passive, chacun sait donc à quel formidable danger il se trouve exposé, mais personne n’est capable de localiser la menace, personne ne sait d’où elle s’apprête à fondre sur lui, personne n’est capable de la regarder vraiment en face, ni de s’en préserver efficacement.» [ Hermann Broch ] - Théorie de la folie des masses
La bibliographie d'Hermann Broch La mort de Virgile d'Hermann Broch [Littérature étrangère] Résumé du livre Virgile est mort à l'âge de cinquante et un ans, à Brindisi, le 21 septembre 19 av. J.-C., au retour d'un voyage en Grèce où il avait contracté la malaria. Déçu par son temps, il avait voulu, au cours de ses derniers jours, détruire le manuscrit de L'Énéide. Tels sont les faits historiques qui ont servi de point de départ à l'ouvrage d'Hermann Broch, vaste méditation lyrique où les rêves du poète à l'approche de la mort se mêlent, dans le flux d'un monologue intérieur, aux ultimes conversations qu'il a avec ses amis. La Mort de Virgile, par sa facture poétique et sa conception symphonique, évoque La Tentation de saint Antoine ou encore Moby Dick, mais c'est aux grands écrivains de l'Antiquité, à l'auteur de L'Énéide lui-même qu'il met en scène, à Platon à la fois philosophe et poète, que l'écrivain allemand a voulu se mesurer.
Quelques remarques à propos du kitsch d'Hermann Broch [Littérature étrangère] Résumé du livre En outre, je ne parle pas véritablement de l’art, mais d’une attitude de vie déterminée. Car l’art kitsch ne saurait naître ni subsister s’il n’existait pas l’homme du kitsch, qui aime celui-ci, qui comme producteur veut en fabriquer et comme consommateur est prêt à en acheter et même à le payer un bon prix. Sur le Kitsch est le texte d’une conférence que Broch prononca aux Etats-Unis en 1950. Ce bref essai met en jeu, sans en avoir l’air, les questions les plus profondes. C’est que le kitsch, cette esthétique qui touche aussi bien la littérature ou la musique que l’architecture, et qui privilégie l’effet “tape-à-l’œil”, est lié essentiellement aux bouleversements sociaux et son triomphe correspond à l’apparition d’un nouveau spectateur des œuvres d’art. Avec malice, finesse, et une immense érudition, Broch va débusquer le kitsch là où on ne s’attendrait pas à le trouver et donne a contrario cette définition de l’œuvre d’art authentique : “elle éblouit l’homme jusqu’à le rendre aveugle et elle lui donne la vue”.
Théorie de la folie des masses d'Hermann Broch [Littérature étrangère] Résumé du livre « Chacun sait quelle folie s’est aujourd’hui emparée du monde, chacun sait qu’il participe lui-même à cette folie, comme victime active ou passive, chacun sait donc à quel formidable danger il se trouve exposé, mais personne n’est capable de localiser la menace, personne ne sait d’où elle s’apprête à fondre sur lui, personne n’est capable de la regarder vraiment en face, ni de s’en préserver efficacement. » Ainsi s’ouvre la Théorie de la folie des masses de Hermann Broch. Mais nul ne sait où elle commence, ni où elle finit, tant son élaboration fut problématique, au point qu’on peut se demander si le sujet n’a pas eu raison de l’œuvre, et si celle-ci ne se devait pas d’être retravaillée indéfiniment, comme est infinie cette folie des masses contre laquelle la raison vient buter sans parvenir à l’infléchir ? Commencée vraisemblablement à la fin des années 1930, la Théorie de la folie des masses accompagne Hermann Broch, jusqu’à sa disparition en 1951, sans qu’il parvienne à lui donner une forme définitive. C’est donc un véritable laboratoire qui est donné à lire – laboratoire d’une vie tout entière consacrée à la pensée, qu’elle prit la forme des célèbres romans tels que La mort de Virgile ou Le Tentateur, ou d’essais sur La logique d’un monde en ruine, parus il y a quelques années dans cette même collection.
Les irresponsables d'Hermann Broch [Roman] Résumé du livre Le roman décrit des situations et des types allemands de la période préhitlérienne. Les personnages choisis pour les représenter sont dépourvus de convictions politiques. Dans la mesure où ils en ont, ils flottent dans le vague et le nébuleux. Aucun d'eux n'est directement "responsable" de la catastrophe hitlérienne. C'est pourquoi le livre s'appelle Les Irresponsables. C'est, malgré tout, dans cet état d'âme que le nazisme a puisé sa vraie force.
Récit de la servante Zerline d'Hermann Broch [Théâtre] Résumé du livre Zerline était servante, consciente de ce que son rang social lui autorisait et lui interdisait. Très imprégnée de culture judéo-chrétienne, elle avait, profondément ancré en elle, la conviction du permis et du condamnable. Entre Dieu (le Baron) et Diable (Von Juna), péché véniel et péché capital. Plus belle, plus intelligente, plus volontaire, plus sensuelle que sa maîtresse : Elvire, la Baronne , Zerline a tout vécu à travers Elle, à cause d'Elle, par procuration, mais tellement mieux. Zerline, du moins, a eu la rage de vivre pleinement, avec sa petite valise de bonne, qu'elle est venue vider ce soir chez « A... », le locataire, et dont elle déballe tour à tour, sa beauté passée, son intelligence, ses frustrations, ses victoires, ses chagrins, ses rancoeurs, sa vengeance et les péchés capitaux dont elle se croit coupable : l'envie, l'orgueil, la luxure...tout ce qu'elle appelle sa perversité. « A... » saura-t-il l'entendre, lui accorder quelques circonstances atténuantes, l'aider à cesser de nourrir sa vengeance ? Avis Dès l'entrée en scène de Zerline, je suis frappé par son regard expressif qui a immédiatement capté mon attention sans que je puisse expliquer pourquoi. Je perçois sa sensibilité à fleur de peau. En observant son visage j'ai ressenti son tourment et ses remords d'avoir transgressé au cours de son existence les interdits inculqués par son éducation religieuse, j'ai eu l'impression qu' elle voulait se justifier bien qu'elle ne regrette pas ses actes auxquels elle a pris plaisir. Elvire est un beau personnage de femme qui, tout en acceptant sa situation de servante, se libère de sa condition subalterne. Ce qui m'a plu, c'est qu'elle s'autorise à lever les yeux sur un homme au-dessus de sa condition sociale, d'abord timidement, comme si elle se contentait des miettes des amours de sa maîtresse, puis elle s'enhardit, elle en veut davantage, elle arrive même à me faire peur car elle finit par manipuler tout le monde. J'ai été sensible (et en même temps mal à l'aise) à l'intelligence de cette femme prête à utiliser toutes les armes de la séduction pour arriver à ses fins et sa bonne connaissance de la psychologie humaine pour déceler les points faibles de ses conquêtes. Au service du Baron et de sa femme Elvire depuis de nombreuses années, elle connaît tout de la vie du couple et elle a vécu à travers eux. Malgré sa perversité, dont elle est consciente, j'ai trouvé ce personnage attachant et ce spectacle émouvant.

Hermann Broch

May 29
1923 29 mai
Bernard Clavel
Est un écrivain français Né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier (Jura) Lauréat du Prix Goncourt pour Les Fruits de l'hiver en 1968. Bernard Clavel - Les fruits de l’hiver [Littérature française XXe] Les années noires et la guerre s'achèvent, et les parents de Julien arrivent au terme d'une longue vie de labeur, de courage et de privations. Sans nouvelles de leur fils qui court le maquis, ils s'aigrissent dans l'horizon étroit de leur petit jardin, sans bien comprendre la sanglante tragédie qui se joue autour d'eux. Vient enfin la Libération et le retour de Julien, accompagné d'une jeune femme portant un enfant de lui, à l'aube de ces temps nouveaux que le vieux couple ne connaîtra pas. Et c'est la fin déchirante de l'une des oeuvres majeures de Bernard Clavel. Les fruits de l'hiver (prix Goncourt 1968) terminent la fresque qui assura à Bernard Clavel une immense audience.
La biographie de Bernard Clavel
Né dans une famille modeste, il devient apprenti pâtissier à 14 ans et se forme en autodidacte en exerçant différents métiers avant de devenir journaliste dans les années 1950. Son premier roman L'Ouvrier de la nuit, publié en 1956, marque le début d'une production importante de près d'une centaine de titres avec des œuvres pour la jeunesse et de très nombreux romans, parfois constitués en sagas qui ont rencontré un vaste public comme La grande patience (4 volumes – 1962/1968), Les Colonnes du ciel (5 volumes - 1976/1981) et Le Royaume du nord (6 volumes 1983/1989). Associant l'enracinement régional (la Franche-Comté, Lyon et le Rhône, le Québec...) et l'évocation historique (conquête de la Franche-Comté au XVIIe siècle, la vie des canuts et des mariniers du Rhône au XIXe siècle, la guerre de 1914-1918, l'implantation française au Canada, ...), Bernard Clavel montre une constante attention aux humbles et défend des valeurs humanistes en contant avec simplicité et force des destins individuels et collectifs, souvent confrontés au malheur. Son sens de la nature et de l'humain, sa mise en question de la violence et de la guerre et son souci de réalisme ont fait de lui un écrivain populaire.
Son œuvre Bernard Clavel est un des plus fidèles représentant du roman du terroir. Il tire son inspiration de sa vie et d'une observation aigue du monde qui l'entoure. Il aime décrire les existences rudes et ses personnages évoluent souvent dans des milieux ruraux ou sauvages. La Grande patience est une fresque autobiographique dans laquelle il retrace son apprentissage sous la houlette d’un patron tyrannique et injuste. La Seconde Guerre mondiale bouleversera son existence. Dans le dernier ouvrage de cette série, il évoque de manière poignante la mort de ses parents. La fresque Le Royaume du nord est la conséquence d’une double passion : celle qu’il porte à sa seconde femme (Josette Pratte, écrivaine québécoise) et au Québec, dont le climat et la géographie tourmentée servent à merveille son besoin de décors rudes et grandioses. Cette série relate la vie de pionniers canadiens qui peu à peu, tentent de s’approprier la terre du grand nord canadien. Les Colonnes du ciel est une série dans laquelle il raconte la Franche-Comté aux prises avec la peste et la guerre. Bernard Clavel est un écrivain prolifique. Il a écrit plus d’une centaine d’ouvrages (pas tous disponibles malheureusement). Si ces grandes fresques ont marqué les esprits, il en est de même de certains de ses ouvrages : L’Espagnol, Malataverne… Le fonds d'archives personnelles de Bernard Clavel et Josette Pratte est déposé et conservé auprès de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCU), en Suisse.
Œuvres de Bernard Clavel
Séries romanesques Série La Grande Patience - La Maison des autres, 1962 - Celui qui voulait voir la mer, 1963 - Le Cœur des vivants, 1964 - Les Fruits de l'hiver, 1968 Série Les Colonnes du ciel - La Saison des loups, 1976, - La Lumière du lac, 1977, - La Femme de guerre, 1978, - Marie Bon pain, 1980, - Compagnons du Nouveau Monde, 1981, Série Le Royaume du nord - Harricana 1983 - L’Or de la terre 1984 - Miséréré 1985 - Amarok 1987 - L’Angélus du soir 1988 - Maudits sauvages 1989
Romans L'Ouvrier de la nuit, 1956 Pirates du Rhône, 1957 Le Tonnerre de Dieu, 1958 L'Espagnol, 1959 Malataverne, 1960 Le Voyage du père, 1965 L'Hercule sur la place, 1966 Le Tambour du bief, 1970 Le Seigneur du fleuve, 1972 Le Silence des armes, 1974 Tiennot ou l'île aux Biard, 1977 Quand j’étais capitaine, 1990 Meurtre sur le Grandvaux, 1991 La Révolte à deux sous, 1992 Cargo pour l'enfer, 1993 Les Roses de Verdun, 1994 Le Carcajou, 1995 La Guinguette, 1997 Le Soleil des morts, 1998 Les Petits Bonheurs, 1999 Le Cavalier du Baïkal, 2000 Brutus, 2001, La Retraite aux flambeaux, 2002 La Table du roi, 2003, Les Grands Malheurs, 2004 La Peur et la Honte, 2005
Contes et Nouvelles L’Espion aux yeux verts, 1969, L’ami Pierre, 1978 L’Iroquoise, 1979 La Bourrelle, 1980 L’Homme du Labrador,1982 Contes espagnols Contes et légendes du bordelais, 1997
Essais Paul Gauguin, 1958 Célébration du bois , 1962 Léonard de Vinci, 1967 Le massacre des innocents , 1970 Bonlieu ou le Silence des nymphes, 1973 Lettre à un képi blanc, 1975 Écrit sur la neige, 1977 Fleur de sel, 1977 Le Rhône ou les métamorphoses d’un Dieu,1979 Arbres, 1981 Terres de mémoire, 1981 Les Vendanges, 2000 L’hiver, 2003
Divers L’arbre qui chante, La Farandole, 1967 (album) Le chien du brigadier, 2005
Œuvres pour la jeunesse L’Arbre qui chante, 1967 La Maison du canard bleu, 1972 Le Chien des Laurentides, 1979 Victoire au Mans, 1968 Légendes des lacs et des rivières, 1974 Légendes de la mer, 1975 Légendes des montagnes et des forêts, 1975 Le voyage de la boule de neige, 1975 Félicien le fantôme, 1980 Poèmes et comptines , 1981 Le hibou qui avait avalé la lune, 1981 Odile et le vent du large, 1981 Rouge pomme, 1982 Le roi des poissons, 1984 Le Mouton noir et le loup blanc, 1984 L’Oie qui avait perdu le nord, 1985 Au cochon qui danse, 1986 Le grand voyage de Quick Beaver, 1988 À kénogami, 1989 Les portraits de Guillaume , 1991 L’autobus des écoliers, 1991 Le rallye du désert, 1993 La cane de barbarie, 1992 Légendes du Léman , 1996 Jésus, le fils du charpentier, 1996 Les larmes de la forêt, 1997 Akita, 1997 Wang, chat tigre, 1998 Le loup bavard , 1998 La chienne tempête, 1998 Le commencement du monde, 1999 La louve du Noirmont, 2000 Histoires de chiens,2000 Le château de papier, 2001 Histoires de Noël, 2001 : - Noël sur l’océan (1988) - Marionnette (2001) - Le grand vieillard tout blanc (2001) - Julien et Marinette (1982) - Hiéronimus (1993) - Le quêteux du Québec (1997) - Les soldats de plomb (1998) - Faits divers (1985) - L’apprenti pâtissier (2001) - Le Père Noël du nouveau millénaire (1999) Histoires de la vie sauvage, 2002 : - Le phoque orphelin (2002) - Le collier du renard (2002) - Les enfants de l’ourse (2002) - La louve du Noirmont (2000) - Le harfang des neiges (2002)
Les citations de Bernard Clavel
«Il ne faut jamais dire qu'on est intègre. Parce qu'on ne l'est jamais tout à fait.» [ Bernard Clavel ] - Extrait d'un Entretien avec Pierre Assouline - Novembre 1991
«L'histoire du travail est souvent une fresque de la misère ; elle est aussi un long roman d'amour et de joie.» [ Bernard Clavel ]
«Si je m'écoutais, dit-il, je partirais vivre un an en Sibérie, mais Josette n'en a aucune envie.» [ Bernard Clavel ]
«Je suis un écrivain. Essentiellement un romancier et un conteur, c’est-à-dire un homme qui porte en lui un monde et qui s’acharne à lui donner la vie.» [ Bernard Clavel ]
«Je suis un menteur-né.» [ Bernard Clavel ] - à Adeline Rivard, dans Bernard Clavel, qui êtes-vous ?
«Mon expérience est celle d'un homme qui s'est battu et se bat pour vivre ; qui voit des gens sans cesse aux prises avec des problèmes.» [ Bernard Clavel ] - à Adeline Rivard, dans Bernard Clavel, qui êtes-vous ?
«Jamais je n'ai écrit quelque chose qui se situait là où je vivais.» [ Bernard Clavel ] - dans l'émission Un siècle d'écrivain
La maison de Château-Châlon.

La bibliographie de Bernard Clavel
La maison des autres - Suivi de La grande patience de Bernard Clavel [Littérature française] Résumé du livre Sur les pas de Bernard CLAVEL à Dôle Pour lire La Maison des autres de Bernard Clavel, il s’agit de se mettre en condition. D’abord se rendre à Dole, belle ville du Jura qui a vu naître Pasteur et grandir Marcel Aymé et Bernard Clavel. Plus précisément rue Besançon. Se lever à quatre heures du matin. À la porte de l’une des deux ou trois boulangeries de la rue, tenter de saisir l’odeur du pain qui cuit. Fermer les yeux et s’imaginer être revenu au temps du Front populaire. Puis ouvrir La Maison des autres. Ce livre est un roman d’apprentissage, celui du jeune Julien Dubois, de Lons-le-Saulnier, quatorze ans et demi, embauché en 1937 à la pâtisserie-confiserie Petiot, située rue de Besançon presque en face d’une charcuterie. Clavel y fait revivre ses propres expériences, et dépeint avec autant d’attention et d’humour que Marcel Aymé (mais chacun a son style) la vie des petites gens de Dole et des alentours. Si la rue de Besançon, centre du récit, reste aussi commerçante aujourd’hui qu’hier, certains noms de rues ont changé depuis les années 1930, mais on s’y retrouve plutôt bien. La boucherie où les apprentis vont le vendredi matin chercher « la bidoche pour les pâtés » se trouve dans le roman au milieu de la Grande rue. La place de l’Ancienne-poste est sans doute celle qui se nomme aujourd’hui la place du 8 mai 1945… D’autres rues et lieux de Dole sont mentionnés dans le roman : le buffet de la gare, où Julien effectue une de ses premières livraisons à vélo, la Bourse du Travail, où se déroulent les réunions de la CGT, l’avenue Rockefeller, le boulevard Wilson…

La guinguette de Bernard Clavel [Roman] Résumé du livre La Guinguette est de cette race de femmes exceptionnelles qui, de mère Courage à Ennemonde, de Casque d'Or à Gervaise, marquent la littérature universelle. Elle se bat dans la pauvreté du petit peuple des bords du Rhône. Habituée aux folies du fleuve, elle ne se résigne pas à celles, plus meurtrières encore, des hommes. Pour venger son fils, sauvagement assassiné dans un commissariat, elle sacrifiera tout jusqu'à ce que justice soit faite. Nous ne pourrons pas oublier son cri déchirant. Poussé par ce personnage unique, Bernard Clavel revient au Rhône sauvage d'avant la canalisation. Il y retrouve ces tempéraments hors du commun dont la générosité et le destin se fracassent sur des flots implacables. Les âmes simples en sont les vraies divinités. Bernard Clavel renoue avec elles les fils de la tragédie antique. Comme lui, nous souffrons les poings serrés, ivres de colère et brisés d'émotion.
Malataverne de Bernard Clavel [Roman] Résumé du livre Ils sont trois, trois copains disparates réunis par le hasard dans un bourg des monts du Lyonnais. Serge. blond, fragile, très fils de famille; Christophe, opulent comme l'épicerie paternelle, enfin Robert, apprenti plombier, qui fuit un foyer où l'ivrognerie règne, et dont le seul réconfort est Gilberte, la fille d'un fermier voisin. Ce ne sont pas pas encore des voyous. Seulement des gosses incompris de leurs parents, livrés à eux-mêmes, incapables de s'insérer dans notre société. Enhardis, grisés par un vol de fromages, ils décident de tenter "un grand coup" à Malataverne. Serge et Christophe ont tout mis au point. Seul, Robert hésite. Lâcheté ? Honnêteté ? Superstition ? Personne ne peut l'aider, il est seul devant sa conscience. Seul devant les veux clairs de Gilberte. Seul devant Malataverne, le lieu maudit.
Meurtre sur le Grandvaux de Bernard Clavel [Roman] Résumé du livre Au cœur du Jura, le Grandvaux est un pays austère et cerné de forêts. C'est une terre si ingrate, sous un climat si rude, qu'elle pousse les fermiers sur les routes, comme transporteurs de marchandises. Au début du siècle passé, Ambroise Reverchon est l'un de ces rouliers farouches, cravachant son attelage à travers l'Europe, de foire en foire, de Nijni-Novgorod à Gibraltar. De tous les fardeaux que lui a fait porter sa dure existence, son sens de l'honneur est sorti intact. Et à l'heure où il revient au pays, cet homme fruste est prêt à aller jusqu'au meurtre pour le prouver. Bref et violent, cinglant comme un coup de fouet, ce roman compte parmi les plus intenses dans l'œuvre de Bernard Clavel.
Légendes des lacs et des rivières de Bernard Clavel [Jeunesse] Résumé du livre Connaissez-vous cinq façons de passer la rivière ? Savez-vous que d'un oeuf peut sortir un boeuf ? Que le roi des Saumons a les cheveux blonds ? Comment le monstre du Hoyoux fait sa cuisine ? Les eaux qui courent, les eaux mystérieuses cachent d'étranges habitants... Les uns y jouent, d'autres y pleurent... On peut y dormir pour toujours.
Légendes de la mer de Bernard Clavel [Jeunesse] Résumé du livre Au pays des légendes. 1e roi Souran pari en plongée dans une Caisse de verre à pédales, un beau requin joue avec les enfants de Ta'aroa, les hommes épousent des filles de la mer. Mais attention aux sirènes jalouses, aux phoques qui se vengent, aux fantômes des villes englouties, au général haleine avec son armée de poissons...
Bernard Clavel

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